LETTRE
HELATIVE iiVfL DEUX IHÉMOIRBS PRKCÈ DENTS,
ADimS^I^R hV COWIIIHIBITII OU CANADA*
Paril, le 17iiiMi700.
« Il y a quatre ou cinq jours, monsieur, que j-ai reçu celle que vous m'avez Tait l'honneur de m'écrire, avec le dénom* brement ou table du Canada, qui marque la quantité des
peuples, terres défrichées, et bestiaux de chaque habitation, d'une manière qui paraît si précise qu'elle fait beaucoup de plaisir à lire; ces dénoudirements ont leur utilité en ce qu'ils font toujours voir Télat où se trouve raccroissement» et dépérissement des peuples, fonds de terre et bestiaux, qui est à mon avis une chose pour laquelle il se faut donner une grande attention, et qui devrait faire une des principales règles du bon gouvernement des Etais. C'est pourquoi je vous exhorte , monsieur > à faire répéter ces mômes revues tous les ans une fois dans votre gouvernement ^ il ne tiendra même qu'à vousje faireajouter des colonnes aux tables poor
(1) Cette lettre ine trouve annexée ftu tome III de» OisiVBTis
dv îuiban.
' ES YAtBAtr.
marquer le nombre de eharrues et de moolins de chafioe
paroisse. Ces revues ou dénombrements méritent d'ùtre Irèssoigneusemeot caregistrés dans toutes les maisons de ville des principaux Heiu: de votre gouverDement, afin que de temps en temps on puisse les comparer les uns aux autres et y avoir recours. *
Je joindrai ici un formulaire que j'ai donné à plusieurs de mes amis, pour faire le dénombrenienL de leur prouvernement (l) j vous en ferez tel usage qu'il vous plaira; j'y ajou*
terai aussi un mémoire que je lis l'an passé à la réquisition * de Pontcharlrain, sur les colonies du Canada, et sur ce qui
j me paraît de meilleur à faire pour les peupler. Comme il est tout divisé par article, je vous supplie d'avoir la bonté d'en faire la critique et de vouloir bien me mander sincèrement ce que vous y trouverez de bien et de mal« afin que je le . corrige sur cela, car, comme vous pouvez le penser, je n'ai pas été au Canada, et tout ce que j'en puis dire, ne roule que sur Tbisloire et sur les révélations que j'en ai vues.
Après cela, monsieur, trouvez bon, s'il vous plait, que je vous recommande mes amis, spécialem^'ot M. Duplessis-Fabert que je connais il y a long*temp8 et qui n'en est guère plus heureux. Il a envoyé ici sa femme pour quelques prétentions qu'il a contre messieurs de la ville de Paris, à quoi la «pauvre femme n'avance pas beaucoup^ car en ce pays-ci comme ailleurs, chacun paye ses dettes le plus tard qu'il peut. Monsieur votre frère, qui est de mes amis, vous fera la même recommandation que moi, qui suis de tout mon cœur et avec bien de la reconnaissance, M.
Signé: Vauban.
(1) Vaubnh avait fait imprimer ce formulaire en 1686, et Tayait envoyé il plusieurs gouverneurs de provinces.
2^ . OISITKT^S
Vous n'avez rien dit de l'Acadie, ne serait-elle pas de votre gouvernement? je vous supplie de vouloir bien me mander à la première occasion; ce (jue vous en savez. Je ferai de mon mieux pour réveiller M. le comte de Pontctiartrain sur le Canada^ et notamment sur la fortification de Québec, me paraissant fort honteux que depuis 150 ans, on n'ait pas encore songé à Taire le moindre lieu d'asile pour les colonies de ce pays-ià.
Signé : Yaubàn.