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lieD oompmbldà celle qui peut nous venir de la course, fa'il fàtil en toute manière Cadliter tant que la guerre dui«ra.
Que si pour ne se point laisser de scrupule dans Tesprit , 00 vient à examiner toutes les différentes applications qu'on liaut faire de nos forces navales, on trouvera que tous les armmenlade mer que le roi peut faire, ne sauraient avoir d'autres Yuea que le siège de quelque place maritime , secours de quelque autre, Tempéchement des descentes dans notre pays, le moyen d'en faire dans ceux des ennemis, la conservation de noire commerce et la destruction du leur. VoîlÀ bien sûrement toutes les vues générales qu'on peut avoir sur la guerre de mer et auxquelles se doivent néces* aairement rapporter les particulières.
Si nous étions maîtres de la mer, et que les forces de la terre y pussent correspondre, le roi serait à incme de clioiair celle de ces vues qui conviendrait le mieux à ses affaires, aaioa les eonjonctures qui s*ofTriraient^ en conséquence de quoi Sa Migesté pourrait former tels desseins qu'il lui plairait ; mais loin d'en être les maîtres, nous n'eu partageons pas seulement la supéi ionié avec eux, et on peut dire sans aa flatter qu'elle est toute de leur cùlé, de manière à nous les pouvoirempAober en toute ou en la plus grande partie, puisqu'outre les armées navales égales ou supérieures aux u6tres en grandeur et en nombre d'bommes et de vaisseaux, ils peuvent indépendamment d'elles mettre nombre de grosses escadres à la mer, capables d'appuyer les bombai deries qu'ils voudront entreprendre sur nos cotes, et même les desmntoo sans que nos armées contenues par les leurs y puis^ iOBl «ketlre eoipécbement. L'expérience nous apprend d'ailleurs que malgré tous nos efibrts; ils n'ont.pas laissé de faire leur commerce et de nuire aa^trémement au ndtre»
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et nos iorces de terre éUot encore inférieures aox leurs, il n'y a pas d'apparence que nous nous puissions servir de celles de 01er, pour faire des sièges m pour secourir les places marîtinies ni même pour empêcher les descentes, et
encore moins pour en ftiire; on peut même ajouter que depuis sepL ans que la guerre dure, nous n'avons lire aucun avantage de la mer, qui ait pu défrayer le roi des dépenses qu'il y a faites^ de aorte que si on veut bien faire réflexion, ou trouvera que tous les grands armements lui ont été fort à charge, que tous lui ont tourné à pure perte, et que selon toute apparence, ils y tourneront luujours tant que les Anglais et les Hollandais continueront d'être unis comme ils sont. Il faut donc donner un autre tour à la guerre de mer, et voir par quel expédient nous pourrons parvenir à k leur rendre dure et inconamode plus que du passé. Il ne sera peut-être pas difficile de se contenter là-dessus, si on veut s'endonner lapeii)e,etencore moiusd'en tniuver les moyens. Il n'y a qu*à voir la carte de l'Europe, et bien examiner iea situations et propriétés desdifférenta États qui la composent, spédalenent de ceux qui approefaeiit ou environnent ce royaume, par rapport à nos e6tes et à nos ports* de mer ; si après cela on fait réflexion au grand commerce des ennemis, et au peu que nous en avons en comparaison d^eux, et à l'usage que nous pouvons faire des galères dans i'Océao, 00 trouvera que la France a des avantages pour la course qui surpassant en tout et partout ceux de ses voisins, qu'il n'y a pas d'État dans le monde mieux situé qu'elle pour la guerre de terre et de mer, mais spécialement pour celle de mur, qui peut le mieux nous convenir, qui n'est autre que la course appuyée et bien soutenue y parce que tout teooinmerce de ses ennemis passe et repasse à portée de ses oôlea etde'seft points les plus eonaidérablea. Piar exemple,
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tout celui des Espagnols, des Anglais, des Hollandais et autres peuples du Nord, en Italie, au Lovant et en Barbarie, passe et repasse à portée de Marseille, de Touioa et de tous les autres ports de la Méditerranée ; soit que ce passage se fasse loin ou près de nos côtes, c'est à peu près la même chose pour la course, ces différences étant peu coosiMraliles à la mer.
Dunkerque ii est pas moins bien situé pour courir sur le commerce d'Angleterre et d'Ecosse, des Pays-Bas -Catholiques, de Hollande» de Dannemarck, Suède, Norwège, Mos- GOTie, et Groenland, et sur toutes les pèches de harengs, de morues et de baleines qui se font dans ces parages, aussi bien que sur le commerce de la Méditerranée, de l'Espagne, de l'Afrique et des Indes Orientales et Occidentales qui échappe aux Corsaires de Brest et de St-Malo,soit qu'il passe par la Manche ou par le nord derécosse. Le Havre, ShAfalo et Br$$t peuvent aussi investir par leurs corsaires TAngle* terre, l'Ecosse et l'Irlande, par la Manche, par l'ouest de rirlande et le nord de l'Ecosse , comme Dunkerque par Test de l'Angleterre et de l'Ecosse, le nord et l'ouest des pjrovinces unies et Pays-Bas-Catholiques. A considérer Brest en particulier, on trouvera qu*il est situé comme si Dieu l'avait fait exprès pour dtre le destructeur du commerce de ces nations-là, puisqu'il est plus que pas un autre à portée de le pouvoir incommoder de quelque côté qu'il puisse venir, ioit du Sud, de TOuest, ou du Nord ^ il n'y a point de port de mer mieux placé ni mieux disposé : sa rade est très-sûre contre les mauvais temps et les ennemis, et s'assure tous les jours de plus en plus \ tous les vents y sont bons quand on en est une fois dehors, et les onnemis ne sauraient jamais empêcher qu'on y entre et qu'on en sorte, soit par e Raz, riroise, ou le Four, qui sont trois grandes entrées
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qu'ils ne sauraient (ouïes fermer, et devant lesquelles il ne fait pas bon demeurer longtemps ; d'ailleurs il est également distant des extrémités du royaume et pour ainsi dire situé sur le milieu du grand chemin de tous les pays du Nord à tous les pays du Sud et de l'Orient La France a encore plusieurs autres ports propres à la course où on la peut très-bien faire, tels que sont Dieppe et llonlleurdansla Manche, Port- Louis, Nantes, laRocheUe, Rochefort, Bayonnedansl'Océan, et plusieurs autres moindres dans l'une et l'autre mer dans lesquels on ne laisserait pas d'armer. Enfin ce royaume conlient de quoi bàlir tous les vaisseaux desquels on peut avoir besoin et dont il y a déjà grande quantité d'ofliciers qui ne demandent pas mieux que d'y élre employés, et beaucoup de gens capables de fournir aux armements quand ils y verront apparence de gain et d'honneur. Nous savons qu'on l'a déjà faite et qu'on la fait actuellement, mais avec peu de succès par rapport à ce qu'on pourrait faire; de plus, parcp que ce n'est que par les faibles elToris de quelques particuliers, peu intelligents et de peu de moyens, qui ne sont pas soutenus et qui se trouvent le plus souvent mal d'y avoir aventuré leurs biens, et qui n'ont pas la force de se relever quand la course ne réussit pas dès les premiers voyages , ou que leurs vaisseaux sont pris par les gardescôtes ennemis qui sont forts , et bons voiliers , et qui pendant toutes les campagnes dernières n'ont été combattus d'aucun des nôtres, ce qui joint au peu de protection qu'ils reçoivent, et aux vexations et chicanes qu'on leur a fait souffrir dans les adjudications des prises, et par les grands droits que les fermiers ont exigés d'eux, les a tellement rebutés, que j'ai vu ceux de Sl-]Malo el de Dunkerque résolus à désarmer absolument et de ne la plus faire. Tout cela ne vient que de ce qu'on n'a pas assez connu les avantages de la
situation de ^ royaume, et lés bons effets <|iie ia course protézée et bien menée peut y produire, et enfin de ce qu'on
s'est fait une fausse i lée du mérite des armées navales, qui n'a point du tout répondu à C(? quo le roi en avait espéré, et n'y répondra jamais tant que la ligue d'à-présent subsistera, parce que vraiseoiblablement ils seront toujours plus forU à ia mer que nous. Il faut donc se réduire à faire la eourse comme au moyen le plus possible, le plus aisé, le moins cher, le moins hasardeux et le moins à charge à rÉiat. d'autant même que les perles n'en retomberont que peu ou point sur le roi, qui n'hasardera presque rien ; à quoi il faut ajouter qu'elle enrichira le royaume, fera quantité de iMMis olBciers au roi, et réduira dans peu ses ennemis à demander la paix h des conditions beaucoup plus raisonnables qu'on n'oserait i'espércr- mais avant que d'en proposer les moyens, il est nécessaire d'écouter les plaintes de ceux qui préterdent avoir eu raison de s'en rebuter, et de n'y pas basarder leur bien davantage, et en y faisant attention cornac Mencer par retrancher toutes les veiiations qu'on lui fait» et la privilégier en toutes manières, car ce ne sera que par là et par des apparences presque certaines d y juiuvoir faire de gros gains, qu'on trouvera moyen d'y engager une infinité de particuliers, à quoi on parviendra et môme aisément si le roi, persuadé des vérités eénleniies èn ce itoémoire, en agrée les propositions, et veut bie»Se luve une affaire de les faire mettre à execuliou et de les soutenir vigoureusement, à quoi je dois ajouter que tout le monde est présentement en goût des armements à cau&e des grosses prises qu'on vient delaire.