‹ Oisivetes de M. de VaudanChapitre 78 sur 81 · ABRÉGÉ DES DÉFAUTS · texte numérisé non relu

ABRÉGÉ DES DÉFAUTS

Qui causent le relâchement de la courae et qui empêchent d j mettre ceu qvl aonl es état de la faire.

Les plaintes des armateurs sont infinies et non sans raison, puis qu'il n'y a guère eu de moyens de les vexer qui n'aient élé employés contre eux ; cela môme est allé jusqu'à les considérer comme une espèce de voleurs, qui ne méritaient autre protection que ia tolérance, ce qui leur a attiré Iwaucoup de mauvais traitement dans la plupart de leurs affaires, et tout cela pour n'avoir pas connu que de toutes les manières de faire la guerre, la course est sans contredit la plus utile à l'Etat, la moins à charge et la moins dangereuse. Je n'exposerai ici que Tabrégé des défauU, qui sont venus à ma connaissance, laissant le soin de les approfondir à ceux qui seront chargés d'en faire la recberclie et de les corriger, à quoi je pourrai en ce cas fournir de bons mé* moires.

Le premier et plus grand sujet do plainte est contre les fermiers-généraux^ à cause des nouveaux droits qu'ils ex^ gent sur toutes les marchandises provenant des in^lses^ st outrés» que plusieurs armateurs ont abandonné U eourse pour ne la pouvoir plus soutenir, parce qu'il ne leur restait

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rien , la plupart des prises mêmes leur toomanl à perte,

n'y ayant d'ailleurs eu sorles d'avanies et de violences qu'ils n'ayent essuyées à cette occasion de la part desdits fermiers qui, pour des riens n'ont pas fait façon de leur mettre des garnisons chez eux et de les vexer tanUK sur on sujet tantôt sur Tautre.

Le deuxième consiste à la défense de rentrée âes marchandises étrangères dans le royaume, qui proviennent des prises, sous prétexte que les armateurs en pourraient abuser en les y introduisant comme provenant des prises» et que d'ailleurs elles nuiraient aux manufactures du royaume; prétexte frivole s'il en fut jamais, le mal qu'il peut faire en nuisant aux manufactures, n'est nullement à comparer aux avantages qui peuvent revenir de la course qui sont bien d'une autre considératioa (1).

(1) La considénilîon de» manufactures ne doit pas faire d'obstacle & la course puisque leur pis aller sera d*en sonffirir un peu pendant quelque temps, mais non d'en être anéanties, le

(loininngc qu'elles en recevront ne peut enlrei' en comparaison avec le bien qui proviendra de la course de laquelle nous devons espérer Venrickissement du rojaume, In ruine de nos ennemis^ ou la paix devant qu*il soit peu. Les droits du roi n'en sott£Eriront point, puisqu'il iiy a qu'à en imposer sur les march|indjses provenant de ladite course > comme sur celles du cm du royaume. Il n*v a triiiUrni s ]î;>s apparence que les corsaires ])nîssenl faire la coutrebantle en pleine mer^ pour introduire les marchandises étrangères dans le rojaumc, sous prétexte de la course, car où prendre les rendez-vous, pour pou voir trou ver les correspondants & point nommé? Gomment se mettre à couvert des rencontres de ccnx qni ne sont pas d'intelligence et comme quoi se cacber

La troisième est le préjadice qu'ils reçoivent pur le commerce masqaé des Espagnols, Anglais, Hollandais, Hamboai^

gcois, Bremois, Lubequois, etc. qui le font tous sous les bannières de Dannemarck, Suède, Portugal, Gènes, Venise, etc., soit par iemoyende comnaission sobtenues sous de faux donner*à-eDtendre, ou iwr des lettres de naturaltté dans les pays neutres, obtenues depuis ladernièreguerre déclarée, on par des Tentes simulées , au moyp n desquelles ils tirent des certiGcats comme quoi le vaisseau appartient à des naturels de ces pays, ou en y faisant bâtir des vaisseaux suivant leur fabrique qui appartiennent aux Hollandais, quoi que con sir oils dans les pays neutres» oo en prenant des maîtres d'équipages originaires'des pays et quelques pilotes on mate* lots par le moyen desquels ils font entendre qu'ils en sont, ou en s'entendant avec des ambassadeurs et oOiciers de ces états qui les répèlent, et avec lesquels ils trompent amis et ennemis. G*est de là aussi qu'ils tirent leurs fausses commissions, congés, certiGcats et tous les connaissements qui peuvent nous tromper et nous donner lieu de croire que les prises sont Danoises, Suédoises^ etc.

anx équipages? Je ne woh \h nnlle apparence qui ma persuade de sa poshibiUté; supposé cependant que cela se puisse, ne fautil pas ton jours revenir an port, oà la prise vraie ou fausse sera

aussitôt saisie par les gens de ramiraulé, Ipjî marchandises scclU'es sans méiiic que les corsaires et armateurs aient la liberté d'y toucher; et le tout Inventorié» plaidé, adjugé et vendu au pins offrant^ les droîls payés, les armateurs rembourses, et le reste ' partQ^é entre les armatem-s et les équipages, auquel cas^ que deviendrait nt les marclianilises delà eontrebande et ou en serait leproiil?

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Le 4* ooDBiste à la trop grande quantité 4e pamports qu'on donne aux Eapagnols, Anglais et Hollandais pour nir commercer en France , dont ils abusent tous \ ce qui

diminue considérablement le nombre des prises.

Leô° est la lenteur des ailjudicalions qui cause le dépérissement des marchandises, rebute les matelots par la trop longue attente de leur part, retarde la jouissance de ce que les armateurs ont gagné, et les empêche d'augmenter leurs armements et d'en faire de nouveaux.

Le 6* consiste aux arrêts de révision, qui sont considérés des armateurs comme de véritables coupe-gorge, et en effet ils ne se trompent pas, vu que de tels arrêts, donnés des 4 ou 5 mois après les adjudications finies, les matelots payés, le prix de la vente dissipé, et en un mot l'affaire consommée, la perte n'en peut plus tomber que sur Tarmateur, qui ne pouvant avoir son rocoui s conlre les matelots congédiés, et milie autres gens qui ont chacun tiré de leur côté, il s'ensuit que tout retombe sur lui et qu'il en est accablé.

Le 7* est le 10* do Monseigneur l'amiral sur le total des prises, droit d'autant pitrs onéreux que de sa part il ne donne aucune assistance aux armateurs qui puisse on quelque façon légitimer ce droit qui leur p;jraît iujusle et le plus mal fondé de tous, puisque toutes les raisons qui pourraient le justifier lui manquent absolument, môme jusqu'au prétexte, n'y ayant que la seule autorité du roi qui ait pu l'établir, quoique directement contraire à ses propres intérêts et à ceux de l'État, puisqu'il nuit extrêmement à la course. Cependant le droit est exigé avec toute la rigueur possible par les officiers de Monseigneur Tarn irai, qui très-souvent veulent le tirer en denrées, ce qu'ils font pour vexer les armateurs et s'attirer des présents ; outre ce droit qui fait tant de bruits ils se plaignent encore que Monseigneur 1 amiral, se fait

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payer 60 Iiv« pour la commissioa , et ôO liv. pour i*al* tache.

fie 8* constate aux présenta qu'on exige dea armaleura,

faute do quoi leurs alVaire^s traînent et se perdent le plus souvent ou se lerniinent à leur dommage, et au profit de ceux qui savent mieux douoer qu'eux. Ou prétend môme que eea présenta ne ae terminent pas aux villea niaritioiea, et qu'ils en font faire jusqu'à Paris.

Le 9*^ est l'abandon des corsaires par terre et par mer, parce que personne ne les protège ; au contraire tout le monde court sur eux par mer» parce qu'ils ne sont pas protégés dea vaisseaux du roi qui n*ont point navigué sur rOcéan en corps d'armée, ni par escadre depuis deux ans. Il n'y a môme eu que fort peu de gardes-cotes, Irès-f.iiMis et hors d'état de paraître devant ceux des eiiueniis qui sont beaucoup plus nombreux et plus forts.

Le 10* est le dérèglement des matelots, qui n*étant en* gagés que volontairement, se font donner de grosses avances, et quand on rencontre l'ennemi, si TafTaire leur paraît dure, ils ne veulent pas se battre et se rendent fMcilenient, parce qu'ils ont peu de chose à espérer des prises, sur lesquelles ils ont touché de grandes avances; à joindre que dans lea abordages ils pillent tout ce qu'ils peuvent et font de grands désordres. Il y a beaucoup d'autres défectuosités dans la course qui l'ont ruinée, et qui ont besoin de corrections que j'omels expri^^s pour n'ôtre pas s. | long, mais qui se retrouveront quand Sa Majesté aura pris la résolution d'en faire un règlement.

YoiU donc un extrait des vexations les plus communes de la course , qui chassent les armateurs, et font que le peu qui

en reste se rebutent et ne la veulent pas faire Venons à

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rexposition de ce qui peut la relever, et foHeinent exciter ceux qui ont les moyens de la faire.

Le premier est de la rendre libre en sorte que tous ceux qui voudront armer, seuls ou en compagnie, le puissent faire indépendamment» sous les conditions générales qu'il plaira au roi d'y imposer par un bon règlement.

Le ^ qu'il plaise à Sa Majesté d'accorder saccessiTement une des classes de matelots tout entière à la course, et que la levée pour les armateurs s'en fasse par les commissaires, de même que celle qui se fait pour les vaisseaux de Sa Majesté, que leur paie et nourriture soient réglées de même^ avec la même autorité aux officiers sur la désertion et désobéissance, comme sur ses propres vaisseaux» ce qoî est d'autant plus raisonnable, que l'objet de la course ayant pour but la destruction de ses ennemis, aussi bien que toutes les autres manières de faire la guerre, elle n'a pas moins besoin de discipline^ bien entendu que quand il s'agira d*un con-seil de guerre où il y va de la vie, ou de Thonneor des criminelSy il est à propos qu'ils soient jugés par les olQciers de Sa Majesté.

Le 3* que la part des équipages soit réglée par tiers, comme en Angleterre, Dunkerque et Ostende, ou par la solde comme sur les vaisseaux de Sa Majesté avec la robe taillée, contenant l'équipage des matelots des navires pris, et le 10* pour les officiers, dont ils seront déchus, toutes les fois qu'il se trouvera des coffi es rompus entre deux ponts, d;ins le fond de calle,dansiacbambreducapitaine,ou quolqu'aulre excès non permis.

Le 4* qu'il soit permis de rançonner toutes sortes de vaisseaux ennemis qu'ils rencontreront à la mer, parce que le plus souvent il se trouve des prises médiocres dont la valeur n'est pas capable de rembourser l'armement, de qui

ramarinageaifiiiblitlds équipages» et la conduite dans les ports leur fait perdre on temps considérable, à manquer celui des bons parages, outre qu'il se trouve des yalsseaux

chargés He marchaiidises qui sont de nul ou médiocre débit en France \ à joindre que l'argent nouveau doit être toujours reçu agréablement dans le royaume, par préférence aux marchandises inutiles, ou peu nécessaires quand il n'y va que d*une différence médiocre.

Le ôe que les droits établis depuis 16S7 sur les marchandises prises en course , soient réduits à la moitié , sans quoi elle ne peut subsister, puisqu'un vaisseau de 30 pièces de canon dont l'armement aura coûté vingt mille écus, et qui aura fait une prise de sucre de la valeur d'autant» payant les droits sur le pied qu'ils sont, se trouvera en reste de vingt* trois mille livres en même temps que les fermes du roi profltcrontde trente-sept mille; au lieu qu étant réduits à la moitié, Tarmateur perdrait peu de chose et les fermes du roi en tireront encore 18,500, liv* qui est un gain Irès-hon* nôte.

Le 6* que les marchandises provenant des prises soient traitées comme celles du cru du royaume, puisqu'on vertu des arrêts d'adjudication elles appartiennent aux sujets naturels du roi, à titre de conquête, et que sans la course le royaume en manquerait, au lieu que par la course elles y seront plus abondantes qu'en pleine paix(l).

(1) La contrebande. Il est défendu en France de faire entrer dans le royaume certaines marckaudises étrangères, telles que sODl les étoffes de soie, laines , toiles^ cbapeaux , bas , draperie) etc*, qui cependant s'y vendent au moyen de la contrebande cjui se fuit ainsi. Uu maichand aclièlc cent picccâ de drap

l74 OISIVETES

Le 7' que loua les vaisseaux j^is en cuurse puùsenl-éire Tendus aux amis et eoDeinis saos restrictiOD^ puisque c'est QO moyen de faire entrer de l'argent dans le royaume, qui

n'esl pas à négliger ^ et qu*on ne saura à la fin où les mettre, parce que les ports en seront incessamment pleins, celui de Dunkerque Tétant déjà jusqu'au Risban ^ à joindre que des vaisseaux que Ton prend il y en a souvent d'inutiles pour la navigation de France, et dangereux pour récbouage, et qu'enfin onaura peine à trouver à s'en défaire en ce royaume où il ne sefait pas assez de navigation pour les pouvoir tous employer, à joindre que ces vaisseaux pourront être repris plusieurs fois.

Le 8* que les arrêts qui adjugent les prises» soient plus promptement expédiés» pour empêcher le murmure des

d'Augleterie, dontîl fournit la commission au directeur des droits dnrot, qui aune clef du magasin où elles sont. l)nns ce temps ou après, il arrive un vaisseau Génois, Portugais ou de quelqu'aulre nation. Ce marchand convient avec lui de son fait^ moyennant quoi il fait charger ses 100 pièces de drap en présence du directeur» s^oblîgcant de faire vecir'nn certificat du conseif de la décharge qui a été faite dans eelnî deeeslieux où il en a apparemment .destiné renvoi ; opièâ quoi il prend son temps pour retourner au vaisseau , où 11 pave un denii-frèt au capitaine, qui lui rend les 100 pièces de drap, avec des connaissements quil envoie à son correspondant et copie de sa commission» qui» à Tarrivée de ce ▼aisseau, la présente au consnl qui les Tise et en donne la déclaration en lui payant son droit; moyennant i|iioi voilà la contre^ bande achevée , et les iOO pièces de (Irap eluz leur maielinnd, qui prend son temps pour s'en défaire comme il le juge à propos.

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mateiols el lâ dépense des armateurs, qui se morfondent et se consomment à la suite du conseil, pendant que les prises dépérisseoi.

Le 9" qu*il ne soit plus parlé d'arrêts de révision en commandement, ou que du moins ils soient plus rarement accordés, et seulement par forme de requête civile, fondée sur

la découverte de quelques pièces nouvelles l)ien légalisées et trouvées dans le vaisseau pris; toutes les autres pièces devant être répu tées fausses ou suspectes^ attendu que quand on navigue de bonne fol, les vaisseaux neutres portent les pièces Justificatives contenant la propriété des marchan* dises chargées par les amis, et que du moment que quelqu*un manque d éclaircissement, c'est une preuve de dissimulation et de fraude qui mérite coutiscation.

Le 10<^ que le dixième de Monseigneur ramiral soit réduit au vingtième du total, ou au dixième du profit des prises, après les frais payés, Tarmement remboursé aux armateurs, La raison de cette réduction est fondée sur ce que le dixième de Monseigneur Tamiral lui produit plus que ne ferait le sixième. Jim intéressé qui risque 'son bien et le per.l souvent, au lieu que Monseigneur l'amiral ne hnsarde jamais rien et proliiede loul-, (lue s'il ne luofue do rien, Tarmement (out entier tourne en pure perte pour les armateurs, ce qui fait que son dixième lui est aussi avantageux que le pourrait être le quart d'un particulier qui serait intéressé pour cette somme dans tous les armements du royaume. Au reste on uc doit passe ptM^uader que eeUe réduction ()uissc préjudicierà ses droits, je suis foi t éloigné de celle intention, étant très-certain que quand ils cesseront d'être onéreux, pour uo armateur qui se trouve à présent, il s*en fera dix, et pour lors les profits qui lui viendront de ce droit, aug«»

meoteroai au double et au tripl«, quelque modération qu'on 7 puisae apporter (1).

' • Le 11* qu*il soit déféndu aux receveurs de B'Ionseigneur

l'amiral de lever son droit en espèces, et, à tous les officiers de l'amirauté cl tous autres généralement quelconques, de recevoir ou se faire donner des présents par les armateurs , sous quelque prétexte que ce puisse être, à peine de pri?a« Upn de leurs charges et de punition exemplaire en leurs perfonmtf

( 1 )Quand on a f rayaîllé à ce mémoire on ne savait pas que Mon*

seigneur ramiral; n'avait d'auli ts appoiiiiemenls que le dlxicme des prises, ce qui est surprenant, puisque étaut ofilcier Je la cou* ronncy il n'y a pas de raison de ne lui en pas régler aux idépens del*État^ et non lui donner a prendre sur le bien des particuliera, qui hasardent leur bien et leur vie pour le service do roi, dans l'espérance du gain, dont ils sont eu partie frustrés par les droits qu'on lève en son nom. Que Sa Majesté lui donne donc des appointements comme au grand maître d'artillerie, et en consé~ quencede ces appointements^ que ces droits soient au moins réduits au vingtième du net des prises tous frais pay^s. Monseigneur l'ami* ralylrourera soncompteence que ses appointements étant perpétuels en paix et en guerre, cela sera mieux et de beaucoup plus &ûr pour lui, à quoi il faut ajouter que la diminution de ce droit onéreux, joint au bon ordre qu'on y pourra mettre, si on veut bien se conformer aux avis de ce mémoire, engagera bici\ plus de gens à faire la course et qu'il se fera par conséquent plus de prises ; le roi même y gagnera considérablement, parce que les enncn^is s'en trouveront plus mal cl que la grande quantité de denrées qui prox iendront de la coursC) augmenteront ses droits en enrichissant 1 ctat.

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Le 12* que tous les frais de justicei d'emmagasinage^décharge et amarinage, soient réglés à tant par cent de proflt despriseS) afin qae chacun étant intéressé pour son compte

à la course, les devoirs en soient plus assidus, et que tout s'y exécute avec diligence ettidélilé sans chicane ni malver* sation.

Le 13* que toutes navigations pour commerce étranger, hors celle qui est nécessaire à la subsistance de nos colonies

de l'Amérique, soient interdites pendant celle guerre; puisque ni plus ni moins le grand nombre de vaisseaux ennemis n'en laissent cciiapper que peu ou point des nôtres, et que rimpossibilité de pouvoir trouver des matelots suffisamment pour les armées navales et la course, doit exclure le com^ merce qui est aujourd'hui la partie faible de TÉtat , qui ne regarde que quelques particuliers; que la course toute misérable qu'elle a été a plus apporté de denrées eu France dppuisla guerrcique ce commerce depuis la paix la plus affermie.

Le 14* qu*il plaise à Sa Majesté de destiner un certain

nombre de ses vaisseaux forts de iO, 50 à 60 canons, pour garder la côte et'favoriser les corsaires dans les parages plus ordinaires. On se trompe de croire que les vaisseaux de Sa Majesté, accordésà des particuliers par des recommandations intéressées favorisent la course,puisque les armateurs neson» gent qu'à leur intérêt et que le roi, sousleur commandement, risque sans proiit ses vaisseaux, au lieu que si les mômes vaisseaux étaient en escadre, ils donneraient la chasse aux gardes-côtes ennemis et pourraient faire des prises pour le compte de Sa Majestéi et de plus il est de fait que depuis que Sa Majesté a commencé d'accorder des vaisseaux, il ne a'ea est pas construit un seul de 30 pièces ponrl course. Le ^6' que les commissaires de marine, avec deux arm<i-

OI81T£Tit DE VIVB&N. T* lY. a2

leurs choisis entre les principaux dans cbaqne port, tîen«

nent registre du nom et rang des vaisseaux destinés pour la Qourse, afln d'en faciliter le départ, et hâter la levée des équipages : les comnfiissaires et les deux arroateurs étant mu* tuellément surveillans les uns des autres, pour empêcher toutes préférences intéressées et tenir la main à ce que les matelots soient honnêtement satisfaits.

Le 16* que Tarrêt de 1673 en faveurdes armateurs français, contre les câpres, corsaires et vaisseaux de guerre ennemiSf q^i leur accorde 500 liv. par canon pris sur eux, soit remis en ligueur, sinon pour 5oo liv., du moins pour 300 liv., puisque c'est un moyen pour les armateurs de nettoyer en partie la côle de corsaires et de se dédommager de leur perte quand ils n*ont rien trouvé. Et cela ne sera pas d'un petit aecours pour nos gardesKîôIes , et fera que les corsaires qui m sentiront un peu forts, ne craindrontpoint d'attaquer tous eeux qui leur paraîtront plus faibles et méme^aux, au lieu ' que présentement ifs les évitent comme gens avec lesquels |1 n'y a que des coups à gagner.

Le 17* que le choix des officiers pour la course soit à la nomination des armateurs^ qui n'en recevront aucun de ceux 901 leur seront recommandés, que par le consentement una** Itimede toutela société, et pour éviter les mauvais sujets Ijtt'on y introduit» et qu'on leur fait après valoir comme des

Le IB'que les prises qui se feront depuis 10 mille livres en bas puissent être adjugées par les olliciers de l'amirauté des lieux où elles seront amenées, ce qui fera deux bons 6f« IMS; l\in quelesarmateura seront plus têit en état de remettre

à la mer, et Tautre que les armateurs qui peuvent être des matelots ou des gens de peu de considération, n'étant pas obligés d'aller à Paris pour suivre un procès qui leur mange

partie de la prise, laisse dépérir l'autre, et leur t'ait perdre .bifia du teiaps qui pourrait dire mieux employé s auliea que la prompte expéditioa sur les lieux leur donnera courage d'armer proB^lMiient de nonveao avee des doéUea alialoopee et petite bâtiments proportkmnés à lenr forée, qui ne laisseront pas de faire bien du mal à l'ennemi.

Cet article regarde principalement les petits corsaire^i matelots» ofliciers, mariniers, qui n'ont jamais vu Paris, eine savent ttra ni écrire, ni riendelaeondiiite qu'il fMtlaoirdMB la poorsoite des affaires^ mais qui dans leur métior sont esftpables de faire des entreprises très-hardies, quand il y va de gagner et d*y faire leurs affaires.

Le 19« que si un ou plusieurs vaisseaux du roi attaquant des vaisseaux ennemis sont joints par un ou plusieurs de nos corsaires accourus au bruit du canon ^ et qne ceax*ci sê mettant en devoir de les secourir, attaquent les ennemis de leur odté, et contribuent à la victoire et prise de leurs vaisseaux, il paraît juste qu'on leur en fasse part^ laquelle peut être réglée sur la proportion du nombre des canons ; mais si un corsaire attaquant un vaisseau ennemi est secouru après le combat commencé, par un ou plusieurs vaisseaux du roî qui lui an boilitent la prise, il me parait que ceux-d n'y doivent point prendre part sur le pied des canons, parce que leur nombre est si disproportionné à ceux des corsaires que leur part en scr;\it absorbée; mais on pourrait régler cela sur le dixième du net de la prise, ou à quelque cbosede niolDS pour les vaisseaux du roi, bien entendu qne cela ne doit avoir lieu que pour ceux qui auront battu, A rien pour ceux qui n*auront pu arriver assez tôt, et n'y auront paru que comme spectateurs, cVst ce qui doit être bien écUirci, pour éviter toutes contestaiioos.

^ tovmt q!Wid un gros vaisseau associe un petit avec

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loi, on ne Mupte que par les homms et point parleseft*

nons, ce *qui donne lieu aux petits de ne pas éviter les gros.

Finalement qu'il plaise au roi de commettre certain nombre de personnes intelligentes poar travailler ao dévoilement du commerce masqué, pour ensuite prendre les résolutions nécessaires k pouvoir prévenir les abus et tromperies que les ennemis nous font continuellement par toutes les faussetés et dissimulations dont ils usent, qui deouindent beaucoup d'éclaircissement, et ensuite une ordonnance qui expose nettement et amplement les moyens par lesquels Sa Majesté prétend y remédier.

Toutes ces demandes et plusieurs autres de moindre coa • séquence qui se trouveront quand il sera question de travailler à un règlement fuiai, ont tant d'enchaînement que les unes» accordées sans les autres, ne sauraient produire reffetqu*on en espère pour rétablissement de la course; mais fose bien aussi assurer que si Sa Majesté a ia bonté d'y acquiescer et de faire ensuite un bon règlement sur cela, elle en verra dans peu des eiTets qui la surprendront agréablement.

Après avoir réglé raffranchissement de la course, il sera nécessaire d'en régler la conduite, et pour cet effet, d*observer que ladite course étant une guerre libre et de caprice

qui se fait pour le roi, aux dépens des particuliers, on ne doit point la gêner ; il suffît qu'elle se fasse dans les règles ordinaires, et qu'elle soit vigoureuse et bien soutenue; mais pour parvenir à la rendre florissaute, il y a plusieurs choses èobserverpourlapouvoir acoommoderà laforceet feiMesse de ceux qui la peuvent entreprendre, et la nécessité de la mettre en état est pressante , puisque de toutes les manières de guerroyer, c'est celle qui promet le plus» pour

DV VAVBAlf. ig(

bientôt mettre nos ennemis à la raison. Il faut donc établir

un système sur le pied duquel toutes sortes de gens qui auront de quoi y metlre le puissent faire, et y trouver leur compte. Ce système se peut à mon avis réduire aux moyens soÎTants 9 dont le premier considère le roi comme premier armateur» qui a quantité de matériaux assemblés dans ses arsenaux, et beaucoup d^ouvriers tout prêts, postés sur les lieux où il est bien plus facile iIc hjlir promptcment que partout ailleurs. C'est pourquoi j'eslinicrais fort qu'on fit une ou plusieurs sociétés, à la tôle desquelles on mettrait l'intendant de la marine du lieu, ou un commissaire général» et deux on trois autres armateurs choisis pour directeurs, qui , outre la part qu'ils pourraient avoir dans les armements comme les autres armateurs , auraient encore des appointe* mcnls réglés aux dépens do la société pour la peine d'en diriger les armements, et d'en faire la régie. Cela demande un règlement particulier consenti par les premières sociétés qui se formeront» qui servira de modèle pour toutes les autres. Ces sociétés on compagnies se pourraient établir à Brest, au Ilàvre, à'Dunkerque, Rochefort, Bayonne, Toulon, Marseille, et en un mot, partout où il y a des arsenaux et des intendants ou commiasairesde marine; ces étabiissements à peu prèsformés sous pareilles èônditionsqaeles demandées en dernier lieu, le roi fournissant les matériaiil à bâtir et les équipages» et les armateurs les façons du vaisseau, les vivresctles payements des équipages, remarquant qu'il y faudrait recevoir toutes sortes de gens qui auraient de quoi y mellre àOO liv. en sus, afin d'être plus en état de faire de gros armements et des entreprises de long cours, qu'il faudra tenir très-secrètes et seulement confier aux directeurs et gens choisis pour Texécution, encore ncfaudra-» fAÏ leur déclarer qu'après ôtre embarques. ^ *

jlf «ttequeot 1100 «omim, 6t notre eomufte eôte ^*Ui

ruineraieBt facilement, si de notre part noos ne prenioM de

bonnes mesures pour les en empêcher, lesquelles mesures pourront à mon avis se réduire à trois grosses escadres, savoir : une de 8, 10 à 12 vaisseaux de dO à ôO canons, deux ou trois frégates de 12, 14 ou 18 pièces et quelques brtUett^ mouillés tout l'été dans la rade; de Dunkerqoe et dens le port, commandée par un chef d*escadre ; une autre dans le rade de Brest, de 15, 20, 25 à 30 vaisseaux du port de 60 à 80 canons, 4 à 5 frégates légères de 18, 20, 24 pièces, et les artiûces de 18 à ftO petits brûlots tout prêts dans les miga^ sins, cette escadre commandée par l'un des ▼iee-nmimus, un lieutenant-général et deux chefs d'escedre, toujours prêts à mettre à la voile ; une au Ire escadre de 15 à 18 vaisseaux du port de 5o à 60 canons, mouillés dans la rade de Toulon, commandés par un lieutenant-général et un chef d'escadre, avec quelques brûlots, quelques frégates et corvettes pour envoyer aux nouvelles

On suppose 1^ que ces trois escadres seront mouillées dans la partie la plus avantageuse des rades ^ 2^ qu'elles s'y tiendront toujours en état de mettre à la voile ; 3*^ que les officiers et équipages s'y tiendront aussi assidus qu'en pleine mer, et 49 que les entrées de ces rades qui sont déjà bien précautionnées de batteries qui croisent sur les passes, le seront encore davantage par augmentation de batteries, de bombes et de canons, et qu^elles seront de plus, avantagées de ce qui peut dépendre de la marine, comme de brûlot» disposés pour prendre l'avantage du vent, d'estacades et mouillages reculés, pour donner jour aux batteries de terré» et tout cela me paraît aisé et très-sûr.

1* A commercer par la rade de Dunkerque (i), elle est

(1) Cette rade n'est pas si assurée que les autres, mais M. Bart

l84 QHl\f.TF.à

fermée par le BambArek, par-desgos leiqiiel aocon gfos ^is^ seau ne peut passer en quelque temps que ce soK ; il n'y a

que les très-médiocres, encore n'est-ce que dans les malinés. Il n'y a donc que les passes qui sont opposées, de manière qu'un même vent ne peut servir aux deux à la fois; il liiatde pins entrer en colonne, et ensuite présenter le flanc aux lâtterieB des chAteanx Yert et de TÊspéranoey en faveur desquds l'expérience stest déclarée les deux dernières campagnes, de manière à faire comprendre que quand on voudra joindre l'effet des vaisseaux et brûlots au leur, il n'y aura que malheur et perte à souffrir pour les ennemis qui voudront y mettre le nez.

V Le goulet qui fait Tentréedela rade de Brest sera dans peu (1) bordé de SOO pièces de canon et de beaucoup de

qiù connaîi pnrfuilcmeut ces mers, prétend que ce n'est pus une affaire, qu'on ne laissera pas d'en faire le même usage. Il prétend même qu'avec une escadre de 7 à 8 vaisseaux de 30 a 50 canons y il obligera les Anglais et Hollandais d'en mettre plus de 30 à la mer, et sî îl ne laissera pas de sortir, ce qu'il a ^iraliqué depuis plusieurs fois fort lieurcuscmeut,

(1) Louis XIY fit conlruire en 1680 la nouvelle enceinte de Jlrest, et quelques-unes des formes du port. En 1683 Yauban avait^rectific le tracé de B^couvrance qu'on exécuta. Par ordre de Golbert^ qui mourut la m^'mc année^ il fit de vaincs tentatives pour construire une Laiterie sur le Mingan, roclier situé à rentrée du goulet. Il rcnouvella snus succès rnnnce suivante les méme&'cntatîves, qui consistèrent à couler des blocs de pierres pour asseoir la batterie. Ce n'est enfin qu'en 1604^ étant comnuindaf.* pour le roi à Brest, qu'il fit les vastes et beaux projets

morl ien, ce qui peut encore être augmenté de 5o piices de gros canon, moyennant quoi celte entrée deviendra si terrible qu'il n'y aura point d'armée pour si forte qu'elle puisse être, qui en ayant essuyé tout le feu pendant son entrée, n'en fut fort délabrée et aisée à achever de battre ; et si aux avantages du goulet on ajoute celui d'une vingtaine de br^ lots placés les uns dans les anses du Mingan et de Portaic, et les autres derrière la Cormorandière, et que l'escadre qui se trouvera en rade se mette de bonne heure sous voile , et prenne bien.ravantage du vent et des batteries de la côte; Il est certain que l'ennemi y aurait fort à souffrir et qu'il serait presque impossible que son année put s*empécher d*y recevoir un terrible échec, d'autaul plus certain que ce ne " serait pas assez que d'y entrer, il en faudrait sortir quand on pourrait, et> en aiteodaotybeaucoupsouffrir desbalterise de la côte et encore plus du goulet en sortant, ce qui me persuade et doit persuader tout autre, que jamais il ne s'exposerait à tenter pareille avanturo, pour peu qu'il soit capable de réflexion.

3® La rade de Toulon est encore plus sûre que les précédentes, et pour peu qu'on ajoute aux précautions prises la dernière campagne contre l'effet des bombarderles, on achèvera de la mettre en état d'y pouvoir tenir son escadre en sûreté, et si pour plus grande précaution on veut bien y " joindre quelques galères en considération des brûlots, il est certain qu'elle y pourra demeurer en sûreté comme dans h port même. Mais si à la disposition de ces trois escadres

de défense de la rade, dont partie fut ^lécutée sous fa direction. A.

de imtoséaux, le roi veut bien ajouter un corps de galères

tel que nous le dirons ci-après, Sa Majesté aura la satisfaction d'avoir pris toutes les précautions possibles pour la défense des côtes et pour la protection de la eoorse et de son commefce ainsi que nous Cèrons voir par la suite de ce urs*

lis GJ^ILlkMS.

On doit être revenu de Terreur ridicule de croire que le$ galères ne sont pas propres sur la mer océane, puisqu'il y a des endroits le long de nos côtes où non-seulemént elles

peuvent très-bien naviguer quatre mois de Tannée, savoir : la moitié de mai, juin, juillet, août et la moitié de septembre, mais encore dans les aulres saisons tout comme dans ia Méditerranée, et encore bien plus sûrement, puisqu'il y a plus de ports» de rades et d'abris, propres pour ellesdans nos mers de ponant que dans celles du levant.

Les endroits plus favorables pour les galères sont depuis l'embouchure de la Garonne jusqu'à celle de la Seine. Il y a bien encore le port d'Arcachon et Bayonne dans la côte de Guyenne et des Basques, Cherbourg, La Hougue et les Iles Saint-Marcoffqui se peuvent accommoder, la Seine, Bieppey rentrée de la Somme, et la rade de Bunkerque ; ceux ci ne sont pas, à la vérité, bons à tous les jours^ ni tels qu'il ffiille trop compter dessus ; mais ils sont tous bons pour établir quelque marée, et en toutcas on serait à môme, dansun besoin, de faire entrer les galères dans le bassinde Dunkerque; quantà Bayonne etArcachon ellesyserontfbrtensûrelésitôt qu'elles seront entrées dans le port de l'un et dans la rivière

188 otiiTBTés

de l'autre. Ceux-ci non plus que ceux queje viens de dire ne doivent regarder que les entreprises extraordinaires et uu peu hasardeuses, car pour Tordinaire la vraie situation des galères pendant la campagne doit être sur les côtes septentrionales etmérldionales deBretagne^enTironiestiesde Bas et le Bréhat d'ane part , les fies des Glenans , Port-Louis et le Morbihan d'autre part, parce que ià elles sont dans les . passages plus avantageux et dans le milieu de la côte, presque également à portée des deux extrémités du royaume. On peut même les séparer en deux escadres, l'une du sud et l'autre du nord, qui, n'étant éloignées que de peu, se re« joindront facilement. On pourra les faire joindre, en cas d'entreprise, aux vaisseaux de l'un ou deTautre de ponant; comme celles qui resteront à Marseille à Tescadre^de levant, pour agir suivant les résolutions qu'on aura prises.

Il ne faut plus nous dire que les chîourmcs ne peuvent pas subsister dans ces pays-ci; j'ai vu celles dessix galères de rOcéan, elles se portent fort bien, et je ne demanderais pas une meilleure santé ni plus d'embompoint que j'en ai vu dans les forçats de ces galères, qui même se plai^fent mieux en Bretagne qu'en Provence. On ne doit pas pour s'en défendre citer les besoins que nous en avons en levant. Il se peut que le roi a des intentions de ce cùlé-là, mais je n'en vois aucune qui ne se puisse exécuter avec 2o ou 22 galères qui y resteront, puisqu'il ne s'agit pas de faire des sièges et que nous tt^avons point de places détachéesdu royaume à secou-^ rir. Il n'est donc question quede défendre Marseilleet Toulon de la borobarcterie, ce qui se peut faire >vec 30 galères comme avec 4o, étant là beaucoup plus question d'une manœuvre bien adroite que du grand nombre. Quant aux àutres petites places de cette côte que l'ennemi pourrait bombarder, elles ne valent pas la peÎAe que 1^ roi v bmr^

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ses galères, ni le mal que rennemipoumit y faire» la dépense

à quoi il serait obligé pour cela ; vu que la considération de 1 escadre armée de Toulon qui se pourra augmenter et celle des 20 ou 22 galères qu'on y pourra joindre, l'obligerait à un armement eonsidéraUe qui lai coûterdt beaocoop plus que le mal qull pourrait faire, no lui apporterait de proGt. Ainsi, quand leroi partagera les chiourmes de ses galères en deux corps, et que Tun sera employé en levant, et l'autre en ponant, il est très-sûr que celui de ponant sera incomparablement mieux employé et plus utilement que celui de levant. Je ne vois donc nulle raison capable de pouvoir dissoader , le roi de fiiire passer 10, 12 ou 14 chiourmesen ponant pour, avec les six qui y sont déjà, en composer un corps de 18 à 20. Jene prétends pas proposer un passagede i2ou 14 corps de galères de la Méditerranée dans ces mcrs>ci, mais bien d'y en bâtir, et puis que le corps d'une galère de marché fait ne coûte que 14,000 fïr. à Marseille où les boissont fort rares, vraisemblablement elles se feront ici à meilleur marché et si on ne les peut pas faire toutes la première année, on en peut faire la moitié celle-ci, et Tannée prochaine Tautre, et bien raccommoder les six qui ont servi les deux dernières campagnes, observant de les faire comme les meilleures de Provence et non autrement, et de les màter plus haut, parce que celles-ci ne le sont pas assez, et de les toutes faire à deux timons et non à un seul, le grand coursier de chaque galère de 10 à 12 pieds de long, et de 36 livres déballe, et les deux moyens de lo pieds de longueuret de 18 livres de balle^sup* primant les b&Uirdes comme beaucoup moins utiles. lies galères accommodées de la sorte vaudront ineomparablement plus pour le combat que les ordinaires, et entreront facilement dans toutes les rivières sans être obligées à revirer ou faire les sils courts pour en sortir.

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