PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES
DES ËSGADRËS DË VAISSËAUX
disposées dans les rades de Dunkerqney Brest et Toulon suivant les propositions pécédentes.
Il est très-certain qu'il en coûtera beaucoup moins qu'à la mer, parée qu'il ne serait pas nécessaire d*armer les plus grands msseaox ni d'équiper an hôpital ^non plus que des talsseaux chargés de vivres et d'agrès pour Tarmée, puisqu'ils seront mouillés dans les rades, près des places où il y a des arsenaux garnis de tout ce qui peut leur faire besoin ; à joindre qu'ils seront exempts de tous les grands mouvements de la mer qui souvent démâtent ou rompent quelque chose dans les vaisseaux (l).
(1) Les propriétés génémles des trois escadres seront : 1° leur propre sûreté dans des rades fortifiées où l'eniieiui ne pourra le5 insulter, de Tobliger à faire son commerce par convoi avec des CMOrtcs d'un tiers ou de U moitié plat fortes que ces escadres j «e qni dSuie part occupera la plus grande partie de ses Tanseaux -de guerre et de l'autre , ruinera ses marchands par les longues attentes et par arriver tous ensemble aux lieux de leur débit, dans
AI VADBAK. I9I
Lear sitoationfera que les coovois seront toujoart préU et que nos flottes decommerce n'attendront point, ne seeon-
sommeront pas en retards et ne hasarderont plus coamie elles ont fait, parce qu*0Q sera toujours en état de leur donner de bonnes escortes.
Comme elles seront toi^ours prêtes à Taire Toile, les en» nemîs en seront ineomparablement plus retenus et circonspect quMls ne Font été ci-devant, et cela fera qu'ils n'oseront se familiariser avec nos côtes, comme ils ont fait les années dernières, ni entreprendre de bombarder, notamment bi elles
se peu vent joindre à un corps considérable de galères.
On évitera par ce moyen toutes les petites et moyennes descentes ;J*enlends par moyennes celles de S, 3,4, 5à 6 mille hommes qui se peuvent faire le long des côtes pour
piller les petites villes et gros bourgs non fermés, dont toute la côte est remplie.
On pourra augmenter les batteries de Cherbourg, et en
l'oblîgalîon de vendre k bon prix et d'acheter cher ; 3^ d'ap*
puyer la course par les détachements contÎDuels qu'elles ettvtf font dehors, avec ordre de se joindre les uns aux autres et niénie avec les corsaires en cas de besoin, cl de se séparer suivant les oecasîons; 49 de lortir quelquefois toutes entières quand la chose le méritera ou qu'il s'agira d'une entr^riie considérable, soit sur les flottes prochaines, ou pour aller chercher l'ennemi dans ses parages plus éloignés, pour laquelle elles seront toujours prèles, ne s'agissant en ces cas que de caréner de frais, et d'augmentation de vivres. Ces escadres enfin feront tous les effets alternatifs d'une armée en corps et séparée et une guerre fort vive, prendront souvent des vaisseaux ennemis en feront prendre beaucoup d'autres et pourront éviter tMrteeaffms générales, qu> est la manière de guerroyer qui coDvieut le mieux à TEtai pré •ent des afiaires de ^ Majesté.
1^ OiSiVETil
faire sur la platte (1 ) qui est un rocher vis-à* vis, de manière que les galères pourront étaler quelques marées dans sa rade avec assez de sûreté.
On pourra aussi augmenter les ba lleries de La Hougne et en faire avec des tomsur les petites ilesdeMarcoffàrentoar desquelles il y a de très bons mouillages pour les galères, et en un mot accommoder cette cote si dangereuse pour les descentes, de manière à ne les y plus tant appréhender quand on y pourra tenir les galères dans une espèce de sdreté.
On pourra encore renforcer les batteries de Dieppe, celles
de Calais et Dunkerque, en fairede nouvelles à l'entrée de la Somme pour en assurer davantage les mouillages.
Le moindre effet de Tescadre de Dunkerque sera d'obliger les ennemis d'en tenir une deux fois plus forte entre les bancs au-delà du Brade, pour empêcher la nôtre de sortir de la rade, qui ne laissera pas dé le faire en prenant son temps pendant les malines, comme ils ont plusieurs fois fait.
Celle de Brest obligera les flottes ennemies à ne plus marcher sans convois qu'il faudra faire deux fois plus forts que Tescadre mouillée, autrement il y aura toujours lieu de craindre que se joignantauxgalèreselle n'attaque les flottes,, maïs parce que le nombre des vaisseaux marchands est infini, ilsne pourront pas faire la 20'partie de leur commerce par convois, il faudra de nécessité que le plus grand nombre se fasse à l'aventure, ce (jui deviendra la proie de corsaires^ et pour celle qui se fera en flotte, les marchand» n'en seront pas moins ruinés, parce qu'ils seront obligés d'attendre que
(1) L*fUP«14e«ur lamelle on a censlniit en 1784 le fort KoyaU
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la flotte 8oit assemblée poor partir et qu'arrivant tous cDaenibleen môme lieu, ils y apporteront l'abondance, ce qui les obligera de vendre à bon marché, d'acheter cher, parce qu'ils seront beaucoup de vendeurs, qui devieadbroBt tous acheteurs pour les retours. Gela jolai aux dépenses da long toyage et au change qoi Ta tonjonrs son train, les ruinera, outre que de telles flottes sont souvent dérangées par les mauvais temps qui les écartent. Il y a toujours de plus des traineurs et mauvais voiliers, de sorte qu'il est impossihie qu'il n'en tombe toujours beaucoup entre les ibaii» des cor* saires.
Si l'escadre de Provence est forte de 18 navires, il est constant que la flotte de Smyrne n'entrera point dans la Méditerranée qu'elle ne soit forte de 30 vaisseaux de guerre au moins, encore ne se tiendra- t-elie pas trop assurée , à cause que la nétre se poorrait augmenter de sorte qu'à supposer seulement les conTola de deux flottes marchandes,
saYOÎr,unedansrOcéanetanedansIaMéditerranéeavecceux des bancs de Dunkerque, je vois déjà cent navires de guerre à la mer, à quoi la situation de nos escadres obligera les ennemis ; or, il en faudrait plus de 4 fois autant poor pouvoir fournir à tous leurs autres besoins sans même trop compter sur celles de Guinée, des Indes orientales et occidentales^ des charbonniers, des pécheurs de harengs, de morues, de baleines, du commerce de Moscovie^etune infinité d'autres particuliers qui vont et viennent à l'aventure et auxquda il est impossible qu'ils puissent fournir, si bien que. loin dTétre en état d'inquiéter nos côtes, ils ne pourront fournir à beaucoup près an nécessaire de la conservation de leur commerce.
Ces escadres mouillées, je dis les nôtres, et les comman-^
dants bien instruits de ce qu ils auront à Daire, pourront sadsiVExif OB yAOBA». T. l\* 13
4%i oiàmviê Ion les nonyeUes qulkigrppreifiâront, clèbictièr S, 4, 5, 6, 7 et $ TOsseaox, quelquefois 10, pour convoyer les corsairesetcom" liaUreles petites escadres ennemies qui les attendent sur les NtoaKy donner ki ehasse à leurs gardesH^tes, et selon les %àtûipê «tta oeetilmse ftire yoir sur leurs côtes, et pren- 4re Islaife^ elles pourront encore sortir tontes entièr^ des radeset se faire voir ém leurs parages plus fréquentés, dans leurs rades el sur leurs côtes, tomber quelquefois sur leurs ftotlM, quand on les aura médiocrement escortées, ou infértsiOTiiinr néires ; decette manière, sans hasarder d'aifiiires générales, on sera presque tous les jours aux mains arec fns, ei'm i*mm prend bien le temps, toujours avec avantage, parce qu étant près de nos retraites on sera à même d'éviter le combat quand on se sentira les plus faibles ; on pourra aussi quelquefois se rallier avec des flottes de corsaires et tsta ia dispôsititn prochaine ou éloignée des ennemis, en- UtifKÊÊénm Ma OQ aller attendre le retour des gallfons, mée quelqii*a«tre flotte considérable dont on aura eu avis. Il esL enfin très-certain que ces trois escadres dispersées do la sorte, peuvent donner d'étranges inquiétudes, chacune de son côté selon las différentes dispositions où on verra HaMMBii, et les4iOQvellaBiiu'M4É appifendra, pour lesquelles 94Mni'èti>e fert alttontif i etiiOÉr ^diSÉiion, ces escadres pourront courir anr lesàiareliaAdscommestii^ les vaisseaux de guerre, quand elles D'auroiil rien de meilleur à faire, toit 00 gros ou en détail.
A Vénfxdjéês galères (1), «i ce corps est nombreux on
(1) Les propriétés des galères seront 1" de se joindre aux vaisteaux quaàd besoin sera pour entreprendre avec eux; 2** de r^pMHlra par leur réputation la terreur sur les cétes d'Angleterre
pocffa Ife fftrligtr <a iimiliw iim»Mi ilaéléditei.
devMil, -PoiiB #m %m la côte méridionale de Bretagne, et l'autre sur la septentrionale. Comnoe leur fail n'ert guère de s'éloigner à plus de quatre ou cinq iieiMf de It côte, et que les mouillages, porte etabrie, eoAt pourronfiiiaireà6oa61mieeWiiiiisdeB ai«rei,U taraeniaieéde préfemr les mimieleinps, et la e6te étant pleine de rochers qui la rendent dangereuse pour les grands navires, jusque bien avant dans la mer, et qu'elles peuvent voguer à dix pieds d'eau, cela fera quf&jwjeflMBt las grands vaienBaoE les pourraient appriietiei\i«eiêÉjpiiepoar leer foire 4« fiai» et qu'elles Iropreroiit ioujoMre où ae retirer. Si on Jes met e«dfeuseieadie8 8éparées,Ieiirell0teera de donner la chasse MX petits corsaires Biscayens et Flessinguois qui ravagent la côte de Saintungc et de Poitou , et à tous autres qui se, trouveroiit à leur portée; d!«scarier notre 4!y)iiwierce côlier depuis la sertie de iaGarfNaneîosfa'att capd^ Ifi^cNigue^
et deHoUaude, et ks cliligér li garder des 4iiOii|m po«r dé* fense de leurs cèles ajiix dépens de lears «nuées de terie qui ea seront afliiibUes ; 9* de poavoîr însalter quand an iiroodra les lies
de Jersey, Gtietliescy, d'Aurif^ny, etdeWight; de pouvoir entrer si le cas )' échoî», étuut tppuyn dos vaisseaux, dans la Tamise, la Meuse et rOcéan, luéiuc dans le Texei ou du moins ea faire la peur; 5* de nettoyer nos côtes de^corsaires; 6^ d*CMOP« ter notre commerce cdtier depuis remboittthm de la Miie jns^ qu'à celle de la Garonne; 7* de tourmenter la oôte de Biscnje ; 8* empêcher l(^4Knnbnfdcmcnt«; 9^* les desorntes; le tout sans beaucoup l istjtu r ot s;tirs auginculer les dépenses de riDtat ni affaiblir nos iorces de lu Méditerronée qùoI s'a§itoiiHMi .d'eaulQiv prendre fpie de consei-vtr.
ndme jusqu'à l'embouchuie de U Seine ^ chafisser les Jersois de la côte de Nomandie ei leuwgardes-ctos, «nand ils seront un peu faibles et qu'ils M hisardent à vsoir regarder nos côtes de trop près.
ft Quesl reunemi se met encore en devoir d'entreprendre mielqne bombtrderie ooatre StrMalo, Brest, le Havre, Calais ou Dankerqae , nottmmeDt Brssi et St-Milo, elles pourront se réunir et s'y jeter malgré les vaisseam eanemis, en rasant la côte au plus près, moyennant quoi H est 8Ùr qu'ilsn'y tiendront pas ; on peut môme assurer qu'ils ne rentrepwndwmt point, quand Us nous sauront un corps de galèreaconsîdéwkble danseette merj dles empêcheront par la même raison les descentes sur les côtes de Bretagne et de Poitou, même de Normandie versla Hougue, si elles étaient un peu soutenues par les batteries qu'on y peut ajouter. Je ne crois pas que l'ennemi osât jamais entreprendre d'y descendre, pourvu que la tepe s'aidât aussi de son côté. Que si elles se pouvaient joindre aux escadres de Brest et de Dunkerque assemblées, elles pourraient, suivant les temps et les occasions, se faire voir sur la côte d'Angleterre et aux dunes, entreprendre sur les îles de Jersey etde Guernesey, mémesur niode Wight,entrer dans la Tamise, dans l'Escaut et dans la Meuse, jeter l'épouvante dans la Zélande et sur les côtes d'iloUande et d'Angleterre. 11 est du moins certain que la peur qu'elles y causeraient, obligerait les ennemis à nese pas dégarnir aussi absolument de troupes qu'ils le font, et qu'ainsi leur armée de terre en serait moins forte de plus de 15 à 90,000 bommes, et pour acbever de le dire en peu de mots, moyennantces escadres de vaisseaux et degalères, il n'y aura plus lieu de craindre la bombarderie sur nos c6tes, ni les descentes ; notre commerce ne seiait plus inquiété» nos corsaires bien ^utenus, et la course enrichira le
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royaame (1) et apaanira les ennemîa, et seloa le temps el les bons avis on pourra faire par ee moyen de belles entreprises, qui est à mon sens, tout ce qa*oQ peut espérer de mieux d'une guerre de mer, qui ne voulant point hasarder d'affaire générale» n'envisage queles moyens de nuire à l'en* nemi par une bonne et Tigoureose défensive. YoUa enGn Pusage des galères onies et séparées des vaisseanz* à qooî on peut ajouter ce que le temps et les ooeasions fourniront de plus, car il ne faut'pas douter qu*il n'y en arrive souvent et beaucoup qui d'eiles-mémes apprendront ce qu*ii y ama de mieux à ûure.
(1) On pourra ajouter au contenu de ce mémoire que si la ^ course est entreprise suivant ce projet, bien menée, et encore nicQx Bontenue, le roi enlraot d'ailleurs pour le cinquième da ut des priMs dans les amements de 18 on SO vaisseaux, de ceux qu'on a nonvellement bâtis et qu'on pourra contÎDnelleoient augmenter, y joindre quelques autres des meilleurs voiliers, Sa Majesté y gagnera la luollié ou les deux lîers de la dépense de ce que larmement de ces trois escadres lui aura coûté.
Li tÊtaam ville d'Alger, Jadis al peu de lAlMe, esl mà- Joard'bui si oonsidérable qu'elle ose bien Oriré due goerre perpétuelle k l'Espagne et A l'IUilie, très-souvent A la France,
à l'Angleterre et à la Hollande, à qui elle a presque toujours vendu la paix -, cette ville^ dis-je, qui traite de paix avec les puissances les (»los considérables de la chrétienté, n'est point parvenue au degré de puissance où nous là voyons par son commerce, ni par les conquêtes, ni parTétendttetfe terre de sa domination, elle ne s'est pas fait considérer par la force de ses armées de terre et de mer, mais uniquement par la course perpétuelle qu'elle fait, ce qui rà élevée au point où ttODS la voyons, quoique très-mal située pour c^la. C'est un exemple visible de notre temps qai se ftitt toucber au doigt et A l'œil, nous avons présentement les mêmes euueiDis qu eiie à coinbaUre, nous sommes incomparablement mieux situés pour la course, nous avons de quoi faire l'équivalent de 7 ou b villes d'Alger, pourquoi ne ferionsaons donc pas la même chose, et avec beaucoup plus de succès puisqu'il n'y a qu'à vouloir.