CHAPITRE IX
LE RETOUR EîV FRANCE.
Nous nous décidons à gagner l'île du Prince. — Adieux à !a Cordelière. — Embarqués sur V Alice, ex'Vernou-CroiiSij .
— La rade de San Antonio. — Un fort pour rire. — La douane portugaise. — Entrée peu triomphale dans la ville. — Excellent accueil de M. de Bettencourt. — Nous transformons son salon en hôpital. — Un docteur de Macao. — Nègres et propriétaires de nègres. — Des esclaves bien coupables. — Les engagements libres en 1878. — Ils donneront un nouvel essor à la traite des noirs. — Condition des esclaves à l'île du Principe. — San Antonio. — Une ville morte. — Les padre noirs. — Superstitions des habitants. — La procession de la Fête-Dieu. — Un perruquier assassin. — Le paquebot arrive du Congo. — A bord du Benguela. — Nous y faisons triste ligure. — Un communard. — Une ménagerie à l'avant. — Un hôpital à l'arrière. — Le pharmacien, son nez et sa flûte.
— Corinne et sa harpe. — El senor commandador Yacinto Carnero de Soiiza y Almeida. — Une table mal servie. — Les voraces. — Le mécanicien anglais du Benguela. — Vengeance et mystification. — Les îles du cap Vert. — San* tiago. — Saint-Vincent. — Mort de Silva. — On lui rend les derniers honneurs. — Amélioration générale dans la santé. — Madère. — Une orgie de fruits et de glaces. — La légende de Machin. — De la poésie à la vie réelle. — Les vignobles de Madère, leur situation actuelle. — Arrivée à LisboiHie. — Adieux au lecteur.
Vers cette époque, Pilastre fut cruellement éprouvé par un commencement de fièvre bilieuse, maladie terrible qui pardonne rarement dans ces
climats; aussitôt qu'il se trouva un peu mieux, il éprouva un vif besoin et un ardent désir de retourner en France. Ne pouvant se résigner à attendre l'arrivée maintenant fort douteuse du paquebot anglais, il se décida à gagner l'île du Prince, sur une goélette à lui appartenant, et à prendre le paquebot portugais qui y fait escale en se rendant de Saint- Paul de Loanda (Congo) à Lisbonne : il nous proposa de profiter de l'occasion pour faire route avec lui; inutile de dire que nous acceptâmes avec joie. Le paquebot portugais toucbait à l'île du Prince le 3 ou le 4 juin ; la traversée du Gabon à cette île n'est habituellement que de trente heures; mais, pour être plus sûrs d'arriver à temps, nous fixâmes notre départ au 21 mai. Le 20, après un déjeuner d'adieu, donné chez M. Pilastre, nous prîmes les lettres et les commissions de toute sorte qu'on nous donnait pour la patrie. Le 21 , après avoir serré une dernière fois la main de tous ces amis dévoués auxquels nous devions, sinon d'être rétablis, au moins d'être en état de supporter le voyage, nous montâmes à bord de YAlice, qui leva l'ancre à sept heures et demie du matin. Le pavillon de la Cordelière s' ahalssa sur notre passage, pour nous saluer à notre départ, et nous suivîmes longtemps de l'œil les mouchoirs blancs qui s'agitaient sur le pont en signe d'adieu. La distance à parcourir n'était que de cent trente-cinq milles, et, dans la belle saison, on était à peu
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