II. â
étaient en faisceaux, et un petit canon, enlevé au Delta, protégeait le seul endroit accessible de Tîle que nous occupions. Nos hommes, assis en cercle sur le sable, fumaient leur haschisch d'un air béat. Derrière nous , se dressait une colline élevée , au sommet de laquelle on apercevait, perché comme un nid d'aigle, le village ivilis de Kongo- Mboumba ; devant nous, à quelques pas seulement, tombaient avec bruit les chutes de Samba, toutes blanches d'écume , tandis que , dans le lointain, la vue se reposait avec plaisir sur le sommet bleu des petites montagnes dlssongué. Des hauteurs environnantes, les indigènes nous regardaient avec curiosité et terreur. Ce fut seulement trois ou quatre heures après notre arrivée que quatre ou cinq Ivilis, armés jusqu'aux dents, se décidèrent à parlementer avec nous : quelques cadeaux les apprivoisèrent cependant, et quarante ou cinquante hommes finirent par nous rendre visite; mais ils étaient inquiets et se tenaient toujours sur le qui-vive, craignant sans doute d'être saisis par nous et emmenés pour être vendus comme esclaves. Le lendemain, dimanche, P' décembre, nous grimpâmes, non sans peine, Marche, Amoral et moi, jusqu^à Kongo-Mboumba. C'est un gros bourg dont les cases en bambou, pro* près et bien construites, sont alignées sur deux rues parallèles ; en ce moment, il semblait pat-faitement désert , car tous les habitants, à notre approche,
s'étaient enfermés chez eux. JVous nous mîmes à nous promener tranquillement, montant, puis redescendant les deux interminables rues.
Bientôt, nous fûmes suivis à distance respectueuse par sept ou huit nègres , puis par vingt, puis par cinquante, et enfin nous eûmes à nos trousses deux ou trois cents individus. On eût dit une procession funèbre, car ils nous suivaient lentement et sans souffler mot, mais il nous suffisait de nous retourner pour causer une panique générale à tout le cortège; tout le monde se sauvait et se bousculait, les femmes surtout criaient comme des brûlées. Au bout de quelque temps cependant, un certain nombre d'hommes s'enhardit, et ceux d'entre eux qui parlaient mpongwé nous entourèrent et commencèrent à causer avec nous. En venant à Kongo-Mboumba , nous n'avions pas seulement pour but de satisfaire notre curiosité, nous voulions trouver à louer une pirogue et engager quelques Ivilis qui consentissent à nous guider sur le N'Gounié au delà des chutes de Samba. Nous brûlions du désir de pénétrer dans ces régions, vierges encore du contact des blancs. Après bien des difficultés, nous finîmes par trouver quatre hommes qui promirent de venir nous prendre en pirogue au camp, et de nous guider jusqu'à Bouali, très-grande ville , suivant eux, dans laquelle habitaient, disaient-ils, des hommes d'une race difl'érente de la leur, et qu'on appelait des Ivéia. Notre
28 L'AFRIQUE EQUATORIALE.
départ fut fixé au lendemain matin, et ce jour-là, en efifet, dès l'aurore , les guides que nous avions arrêtés la veille arrivaient; seulement, ils étaient dans une toute petite pirogue qui faisait eau de tous côtés : c'était, disaient-ils, la seule qu'il leur avait été possible de trouver. Nous fîmes bien un peu la grimace, mais il n'y avait pas le choix et il fallait en passer par là. Nous nous installâmes de manière à conserver notre équilibre le mieux possible et nous partîmes à six heures et demie du matin. M. Walker ne nous accompagna pas, il avait quelques affaires à traiter avec les Ivilis et, d'ailleurs, il nous dit que c'était de la démence d'affronter les rapides dans un pareil bateau.
Il nous fallait d'abord tourner les chutes de Samba, ce que nous fîmes en suivant un petit bras duN'Gounié qui quitte le fleuve à deux kilomètres au-dessus de ces chutes pour le rejoindre non loin de l'endroit où nous étions campés. Ce bras, de peu de largeur, a cependant un courant impétueux et hérissé d'écueils ; nos hommes eurent toutes les peines du monde à le remonter. Au bout de deux heures, cependant, nous rejoignîmes le N'Gounié, qui présente en cet endroit une largeur vraiment imposante, mais son cours est obstrué par des rapides effrayants. Arrivés au premier de ces rapides, nos hommes nous dirent, avec raison, du reste, qu'une pirogiie comme la nôtre chavirerait cent fois en essayant de le fran-
chir, et qu'il nous fallait débarquer et marcher jusqu'à Bouali. En conséquence, nous mîmes pied à terre, et nos guides, après avoir tiré à eux la pirogue et l'avoir cachée dans un fourré, emboîtèrent le pas devant nous. Le chemin qu'il fallait suivre pour gagner Bouali était aussi pittoresque que peu praticable ; j'ose dire qu'il était plutôt fait pour des cabris que pour des hommes. Il fallait gravir des côtes à pic, les redescendre, sauter de rocher eu rocher, passer des torrents sur des ponts de liane, etc., etc. Les Ivilis, rompus à ce jeu, et d'ailleurs n'ayant guère à porter qu'eux-mêmes, nous devançaient légers et alertes. Marche, qui a toujours été adroit, se tirait d'affaire tant bien que mal ; mais moi , déplorablement inhabile par nature aux exercices gymnastiques, chaussé de bottes énormes, armé jusqu'aux dents et coifî'é d'un vaste feutre qui s'accrochait à toutes les branches, j'aurais volontiers arrêté à toute minute nos guides pour leur expliquer, comme jadis le major Dalgetty à Ranald du Brouillard , qu'il est bien différent de voyager impeditus ou expeditus. Je faillis me casser vingt fois le cou, et j'étais haletant et à bout de forces quand nous arrivâmes à Bouali . C'est, comme nous l'avaient dit nos guides, une grande agglomération de cases très-proprement faites. Elles sont construites sur un pic assez élevé, contourné par le \'Gounié, qui fait en cet endroit un coude brusque vers le sud, et ac-
cessible seulement par l'infernal chemin que nous venions de suivre à nos risques et périls.
Les habitants, loin d'imiter la poltronnerie des Ivilis, se précipitèrent en foule au-devant de nous avec une curiosité des plus bruyantes et des plus démonstratives. Quelques hommes qui paraissaient jouir sur les autres d'une certaine autorité, eurent toutes les peines du monde à nous frayer un chemin à travers la foule et à nous conduire dans une grande case qui paraissait destinée à recevoir les étrangers. A peine y avions-nous pris place sur une sorte de banc, que la multitude envahit le logis et se pressa contre nous en gesticulant et en faisant un tapage épouvantable. 11 nous fut longtemps impossible de nous faire entendre : lorsque nous obtînmes un moment de répit, nous criâmes en mpongwé que nous désirions voir l'ôga , c'est-à-dire le roi. Un gaillard de six pieds se présenta aussitôt et nous dit qu'il était le roi. Un murmure approbateur ayant confirmé son assertion, nous lui tendîmes la main et lui donnâmes une bouteille de rhum, un peu de tabac et un couteau. 11 prit le tout, nous remercia d'un signe de la tête et s'éclipsa. Deux minutes ne s'étaient pas passées, qu'arriva un nouveau roi ; cet homme, déjà âgé et à l'air assez imposant, déclara, avec l'assentiment général, que le premier individu à qui nous avions fait un cadeau était un vil intrigant, et que lui-même qui nous parlait était le seul
roi de tous les Ivéia. — Il est peut-être dans le vrai, dis-je à Marche qui faisait déjà la grimace, et il faut éviter avec soin de froisser ces populations primitives. En conséquence, l'orateur reçut une demibouteille d'eau-de-vie et quelques feuilles de tabac : il parut satisfait et s'assit à côté de nous ; tout à coup, à notre profonde exaspération, surgit un troisième prétendant au titre de roi , et , ce qui est plus fort , toute l'assistance applaudit à sa réclamation, y compris le vieillard qui venait à l'instant même de se faire traiter en souverain. Nous envoyâmes promener tous ces gens qui se moquaient évidemment de nous , après quoi nous demandâmes si l'on ne pourrait pas nous vendre un poulet et quelques bananes dont nous voulions faire notre déjeuner. On nous en apporta de vingt côtés à la fois, mais en nous en demandant un prix si absurde que nous sortîmes de nos carniers un touraco et deux écureuils que nous avions tués en route, et nous ordonnâmes à un de nos Ivilis d'aller nous les faire rôtir, disant que nous ne voulions pas autre chose pour notre repas. Les Ivéia changèrent alors de ton, et nous offrirent les poulets et les bananes à vil prix; ils se pressaient contre nous en criant tous ensemble et à tue-tête , et en nous mettant sous le nez les volatiles et les denrées qu'ils voulaient nous forcer d'acheter; c'était un tapage et un désordre infernal. Tout à coup, au plus fort du tumulte, on entend retentir le bruit
d'une clochette agitée avec force. A ce son , bien connu sans doute de ces gens-là, une révolution complète s'accomplit comme par enchantement : les femmes se sauvent au plus vite et courent s'enfermer chez elles; quatre ou cinq d'entre les hommes seulement restent auprès de nous et s'assoient sans mot dire à nos pieds, les autres sortent et vont s'aligner sur deux rangs devant notre porte. Nous ne fûmes pas longtemps à avoir l'explication de ce changement à vue : devant une grande case, située en face de la nôtre, un homme se tenait debout, une clochette à la main; il l'agita trois fois, à de courts intervalles : la porte de la case s'ouvrit, et il en sortit un vieillard presque centenaire qui marchait en branlant sa tête ornée d'une longue barbe blanche et coiffée d'un bonnet rouge. Il tenait à la main deux clochettes emmanchées au bout d'un bâton curieusement travaillé', et qu'il faisait sonner en marchant. La foule s'inclinait sur son passage dans l'attitude du plus profond respect. Il entra dans notre case et s'avança lentement vers nous : on eût entendu voler une mouche. Après avoir pris nos
* Ces clochettes ressemblaient assez à celles qu'on met au cou (les vaches dans certaines parties de la France : seulement, il y en avait deux réunies l'une à l'autre et enfoncées au moyen de deux tiges de fer dans un morceau de bois dont les sculptures un peu primitives représentaient une tète de femme à deux visages. Nous avons rapporté des sonnettes de fabrique pahouine assez semblables à celles-là.
deux mains dans la sienne, et les avoir portées à son cœur, il s'assit sur notre banc, entre Marche et moi. Cette fois, il n'y avait pas à s'y tromper, c'était le vrai roi. Heureusement il nous restait une bouteille de rhum, que nous lui donnâmes avec du tabac, un petit miroir et un couteau. 11 paraît que le vieillard, dans sa longue carrière, avait déjà eu occasion d'apprécier l'eau de feu , car son regard éteint brilla d'une lueur subite à la vue au rhum; il porta la bouteille à ses lèvres, but à longs traits, puis ordonna qu'on lui apportât une grande coupe de bois, la remplit de cette liqueur chérie, en but encore, puis en fit circuler un peu au milieu de ceux de ses sujets, les grands seigneurs, sans doute, qui étaient dans la case. 11 restait encore un tiers de la bouteille environ , les courtisans le couvaient des yeux et attendaient une seconde distribution ; mais le roi déçut toutes leurs espérances en faisant porter, par un esclave, ces précieux restes dans la case royale. Ce digne homme ne parlant pas mpongwé , un de nos Ivilis, qui connaissait cette langue et la langue ivéia, lui servit d'interprète. 11 déclara qu'il avait longtemps soupiré après la venue des blancs dont les splendeurs étaient parvenues jusqu'à lui; que maintenant son cœur était heureux, et il mourrait content , car ses yeux avaient vu ce que les yeux de ses pères n'avaient pu voir : la venue des blancs. Ce discours, commencé comme le Nimc di-
mittis et débité avec solennité, eut, je regrette de le dire, une péroraison un peu triviale : le roi conclut en nous demandant un morceau d'étoffe pour se mettre autour des reins. Au fait, le pauvre diable en avait terriblement besoin, et nous fîmes un heureux à peu de frais.
Cependant notre intention n'était pas de nous arrêter à Bouali , mais de pousser plus loin notre exploration duN'Gouniq. Nous eûmes toutes les peines du monde à trouver des hommes et une pirogue ; nous y arrivâmes cependant, mais il nous fallut employer une bonne partie des marchandises que nous avions apportées à payer d'avance quelques pagayeurs, qui demandèrent un prix vraiment exorbitant. Les quatre ïvilis qui nous avaient amenés à Bouali renforcèrent notre équipage, et nous partîmes à une heure de l'après-midi : la navigation était réellement très-pénible, les rapides succédaient aux rapides, et il fallait toute l'adresse et toute la vigueur de nos hommes pour les franchir. Vers six heures du soir nous arrivâmes à Etambé, dernier village du pays des Ivéia. Là, nos hommes refusèrent péremptoirement de nous conduire plus loin. Ils soutinrent qu'à partir de ce moment le N'Gounié devenait horriblement dangereux et appuyèrent cette assertion de toutes sortes d'histoires fabuleuses. Nous étions à la merci de ces gens-là, et bon gré, mal gré, il fallut en passer par leurs volontés. Nous mîmes
pied à terre pour planter le pavillon français sur la meilleure case d'Etambé , dernier point exploré de ces contrées; après quoi nous remontâmes en pirogue et descendîmes le fleuve jusqu'à un grand village ivéia , dans lequel nos hommes avaient décidé que nous passerions la nuit. A peine débarqués, nous fûmes entourés par une foule nombreuse, qui, sachant déjà que nous avions acheté à Bouali des natles, des idoles, de petits couteaux et autres objets fabriqués dans le pays, en apportaient en quantité à vendre. On nous conduisit dans la case du roi, trèsspacieuse et vraiment»assez confortal)le. Là, nous fîmes un assez grand nombre d'acquisitions. De petites glaces et une sorte de ballons à musique, tels que l'on en vend dans les bazars, eurent le plus grand succès auprès des indigènes. Les femmes semblent très-coquettes: elles portent une coiffure monumentale, haute de plus de cinquante centimètres, et se mettent sur la figure beaucoup de rouge et de jaune. Quelques-unes avaient autour des reins des nattes de paille très-fines, rayées de rouge et confectionnées dans le village même. IVous leur fîmes signe que nous voulions en acheter de semblables. Immédiatement elles se défirent devant nous de celles qu'elles portaient, paraissant l)eaucoup plus soucieuses d'acquérir de petits miroirs ou des colliers de perles que de conserver leur seul et unique vêtement. Pendant quelque temps nous achetâmes tous les bibelots
qu'on nous proposait, mais bientôt il fallut arrêter les frais, car nous avions complètement épuisé les marchandises qui nous restaient. Au moment où nous faisions signe que la caisse était fermée, le roi du village fît son entrée. C'était un grand escogriffe coiffé d'une casquette de velours, et drapé dans un morceau de toile à voiles. Il s'assit à côté de nous sans rien dire , et resta ainsi un bon quart d'heure. Nous savions parfaitement où il voulait en venir , mais nous ne lui faisions pas de cadeau , par la raison toute simple que nous n'avions rien à lui donner. A la fin, il appela un homme qui pouvait nous traduire ses paroles, et nous fit demander quel don de bienvenue nous comptions lui faire. Nous répondîmes que, malheureusement, nous n'avions plus rien avec nous; mais que, s'il voulait nous accompagner le lendemain jusqu'aux chutes de Samba ou y envoyer quelqu'un avec nous, il recevrait un présent généreux. Notre hôte ne l'entendait pas ainsi , il ne voulait pas d'hospitalité à crédit ; il entra dans une colère terrible, sortit de la salle et prononça devant la case un long discours accompagné de gestes d'énergumène que, naturellement, nous ne comprîmes pas. Quelques instants après, nos guides vinrent nous trouver et nous dirent de venir avec eux, qu'il valait mieux passer la nuit plus loin. Nous les suivîmes machinalement; le temps était affreux, et nous fîmes environ trois quarts de lieue
dans des chemins impossibles. Enfin, nous arrivâmes à quelques cases misérables et mal construites dans lesquelles demeuraient des esclaves.
C'est là, nous dirent nos guides en nous montrant Tune d'elles , que vous allez coucher. Nous demandâmes avec colère pourquoi nous avions quitté une bonne case pour venir dans un pareil bouge. Nos guides ne voulurent pas d'abord répondre; mais enfin, pressés de questions et menacés d'une réduction sur leur paye, ils nous avouèrent que le roi, auquel nous n'avions pas pu faire de cadeau , nous avait expulsés de son village comme des mendiants suspects. Nous dûmes coucher sur la terre nue, dans une misérable hutte infestée de vermine et de moustiques. A deux heures du matin, ne pouvant plus y tenir, nous forçâmes nos hommes à se lever et à repartir avec nous pour Bouali ; nous prîmes la route de terre et nous arrivâmes à six heures du matin. A sept heures, nous nous remîmes en mouvement pour les chutes de Samba, près desquelles nous rejoignîmes le Delta, qui était déjà sur ses feux et leva Fancre à cinq heures du soir. On ne fit que quelques milles ce jour-là et la nuit fut passée dans un village bakalais , à l'entrée de la rivière Akoio. Il avait été convenu avec M. Walker que nous explorerions le lendemain cet affluent du N'Gounié qui, suivant les noirs, était une rivière importante, navigable pour le Delta et conduisit à
un lac immense. En conséquence, le lendemain, de très-bonne heure, notre petit vapeur s'engageait dans FAkoio. Pendant 18 ou 20 milles tout alla bien, sauf Textrême violence du courant, qui ne laissait pas de nous causer une certaine inquiétude. Bientôt retentit h nos oreilles un bruit étrange, semblable au mugissement d'une cataracte; nous voulûmes stopper, mais notre pilote, un parent de N'Combé, qui prétendait avoir déjà remonté TAkoio, affirma qu'il n'y avait aucun danger, avec un tel aplomb, que nous crûmes entendre quelque torrent qui se précipitait dans TAkoio. Tout à coup, en tournant Fun de ces coudes brusques que la rivière faisait à chaque instant, nous nous trouvâmes à trente mètres d'une chute d'eau formidable. La rivière tombait en cet endroit d'une hauteur de sept à huit pieds. — M. Walker cria aussitôt : «Machine en arrière ! ^^ mais il était trop tard, le Delta avait touché et restait pris entre deux rochers. Nous le crûmes perdu; mais par des efforts inouïs et un travail acharné qui dura une journée entière, nous pûmes le faire démarrer au moyen de cordes attachées au rivage. Nous en fûmes quittes pour la perte de nos deux ancres et pour quelques avaries sans gravité. J'ai rapporté cet incident surtout parce qu'il nous a montré , une fois de plus , combien peu nous pouvions compter sur les noirs qui nous accompagnaient : aussitôt que le vapeur toucha, croyant
co à