‹ Okanda, Bangouens, OsyébaChapitre 9 sur 45 · DO · texte numérisé non relu

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sans doute qu'il allait couler, ils se jetèrent pêlemêle dans les deux canots que le Delta portait avec lui, coupèrent les amarres et filèrent à la dérive, laissant MM. Walker, Amoral, Marche et moi, nous tirer d'affaire comme nous pourrions. Tous ces braves accostèrent une petite île à quarante mètres de nous, et, pendant près d'une heure, nous épuisâmes en vain, pour les rappeler, notre répertoire d'injures anglaises, françaises et gabonaises. Au bout de ce temps seulement , les hommes du grand canot se décidèrent à revenir vers nous , ce qu'ils eurent, du reste, toutes les peines du monde à faire, à cause du courant ; les autres fuyards passèrent la nuit sur leur île et ne nous rejoignirent que le lendemain matin au jour. Pour comble de malheur, tandis que nous travaillions avec acharnement à dégager le navire, nous fûmes tout à coup assaillis par un essaim d'abeilles sauvages qui s'acharnèrent sur nous avec une rage sans pareille; nous fûmes tous cruellement piqués : la fumée et tout ce que nous mîmes en œuvre pour chasser ces envahisseurs désagréables ne servirent qu'à les exaspérer davantage, et c'est seulement quand la nuit commença à venir que les abeilles abandonnèrent la position. Il était deux heures de l'après-midi quand nous regagnâmes Ihango, le village bakalais dont nous étions partis la veille au matin. Nous y passâmes une journée tandis que M. Walker faisait couper du bois

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pour son vapeur. Le pays était très-giboyeux et j'y fis une très-belle récolte d'oiseaux , notamment de foliotocales, de merles métalliques et d'une ravissante espèce de gobe-mouches à longs brins [muscicapa Chaillui); seulement vers le soir je me perdis dans la forêt. Après de longs tâtonnements je parvins , grâce à la boussole, à m'orienter à peu près, -mais je fus obligé de traverser un cours d'eau assez large à la nage pour regagner notre campement , et je n'arrivai que fort tard dans la nuit. Marche se vengea du nègre qui avait failli causer la perte du Delta en s'offrant si impudemment comme pilote sur la rivière Akoio qu'il n'avait sans doute jamais vue auparavant. Ce noir, qui était du reste proche parent de N'Combé, avait été l'un des premiers à nous abandonner au moment du danger; il fut aussi de ceux qui passèrent la nuit à terre et ne voulurent pas remettre les pieds sur le vapeuravantlelendemain matin ; durant la nuit il s'était couché sur le haut d'une des berges escarpées qui dominent la rivière ; il se laissa choir, je ne sais trop comment, et roula jusqu'au bas. A la suite de cette chute, il se plaignit pendant plusieurs jours de douleurs dans le dos et ne laissa à Marche ni trêve ni repos jusqu'à ce que celui-ci entreprît sa cure. Marche ne trouva rien de mieux que de le badigeonner de la tête aux pieds avec de l'acide phénique, ce qui, à sa profonde stupeur, le fit passer du noir au blanc, couleur qu'il

conserva jusqu'à ce qu'il eût fait une nouvelle peau, ce qui ne tarda pas du reste, toute sa peau primitive étant tombée au bout de huit jours. Trois jours après l'accident de la rivière Akoio, nous étions de nouveau à Andanlinanlango. Dès notre retour, nous eûmes, Marche et moi, un autre spécimen de l'ingratitude des Gabonais. François Koëben, Ouakanda et Joseph vinrent nous déclarer , malgré les promesses formelles qu'ils nous avaient faites en partant du Gabon, qu'ils ne nous accompagneraient pas dans le haut Ogooué. Cette défection ne nous étonna pas, mais elle nous attrista. Ces gens-là étaient encore, en somme, les meilleurs qu'on pût trouver dans le pays ; ils étaient avec nous depuis un an , et connaissaient bien notre service : nous les avions comblés de cadeaux, soignés dans leurs maladies, et nous avions la bêtise de croire qu'ils nous étaient attachés. Après tout, ce n'est pas au Gabon seulement qu'on a des déceptions avec les domestiques, et nous aurions dû nous y attendre; d'ailleurs, sur quatre, ils nous en restait un fidèle.

Aussitôt que nous eûmes appris le départ de François et des deux boys , nous fîmes comparaître Chico, et je lui demandai si son intention était de nous quitter comme les autres. — Mon père (Chico appelait indifféremment Marche et moi : mon père ou ces messieu-rs; mon père, par suite d'une habitude contractée à la mission; ces messieurs, parce que

c'est le nom sous lequel j'étais, comme mon compagnon, du reste, connu au Gabon '). — Mon père, répondit Chico, qui donc m'a amené du Gabon? qui donc m'a pris mourant de faim et nu pour m'habiller et me nourrir? Toi. Pourquoi donc m'en irais-je ? Non, ces messieurs, je ne te quitterai pas : où tu seras, tu me trouveras. — Ce discours touchant , sous une forme ridicule , valut à Chico une augmentation considérable dans ses appointements. Le 2 décembre, M. Walker partit avec le Delta pour inspecter ses factoreries du lac Z'Onangué ; il se proposait aussi dans cette excursion de visiter le lac Isanga, d'en déterminer la latitude, et d'explorer ensuite le lac Oguémouen aussi loin qu'il pourrait le faire avec son petit vapeur. Marche Taccompagna dans cette tournée ; j'étais assez souffrant le jour où il partit. Le Delta leva l'ancre à quatre heures du soir. Comme je revenais de dire adieu à ceux qui partaient, je fus pris par les vomissements et la fièvre et allai me coucher sur mon lit de bambous. L'accès passé, je ne tardai pas à m'endormir profondément; vers trois heures du matin je me réveillai avec un violent mal de tête et une soif ardente ;

^ Les officiers de marine disaient généralement : « Ces messieurs T) , en parlant de nous , et demandaient souvent aux nègres : tt Où sont ces messieurs? as-tu vu ces messieurs? y II en résulta que (Marche ou moi, nous allions même l'un sans l'autre nous promener au plateau) une foule de gens nous adressaient le salut suivant : « Bonjour, ces messieurs, comment vas-tu? «

j'avais de Teau sur une table an milieu de la case, et me relevai, naturellement dans un costume trèsléger afin d'aller boire ; à peine avais-je fait deux pas sur le sol, que je ressentis une douleur atroce, des milliers de bêtes me mordaient à la fois si cruellement, que je n'eus que le temps de m'élancer vers la porte en criant comme un brûlé. J'avais mis les deux pieds dans une colonne serrée de fourmis bashikouais qui défilaient paisiblement au milieu de ma case , et en quelques secondes j'en avais été littéralement couvert. Mes hurlements eurent bientôt mis sur pied François, Cbico et les deux boys, qui se mirent en devoir de me débarrasser au plus vite de ces bêtes malfaisantes; mais les bashikouais, dont les pinces ressemblent assez à ces doubles hameçons dont on se sert pour pêcher le brochet, mordent avec un tel acharnement que la plupart du temps on n'arrache que le corps, la tête reste dans la plaie. Par. bonheur leur morsure est plus douloureuse que venimeuse , et généralement on ne s'en ressent plus guère trois ou quatre heures après. Un voyageur novice eût à ma place précipité de la cendre chaude ou de l'eau bouillante sur cet ennemi qui envahissait mes appartements, mais je m'abstins soigneusement de ce procédé, qui n'aurait eu d'autre résultat que de disperser les bashikouais au milieu de toute ma chambre, et d'en inonder mon lit et mes efi*ets; j'attendis que toute l'armée en-

nemie eût défilé sur mon territoire et voulût bien me rendre la liberté de gagner mon lit , ce qui n'eut lieu qu'au bout de deux heures.

Puisque nous en sommes à ce petit incident de ma vie, incident qui ne m'arrivait, du reste,, ni pour la première , ni pour la dernière fois , je crois le moment venu de faire faire connaissance au lecteur avec quelques membres de cette légion de petits êtres malfaisants qui aiguillonnent sans relâche le malheureux explorateur dans l'Afrique équatoriale, et qui sont un accessoire aussi inévitable qu'intolérable de son voyage. A tout seigneur, tout honneur; la palme est certainement au moustique; au reste, sa renommée sanguinaire est si bien établie, qu'il est superflu de s'étendre sur les raisons qui lui font donner le prix comme « greatest nuisance » ; qu'il me suffise de dire qu'il y en a au Gabon de tout calibre et de toute espèce , que dans beaucoup d'endroits il n'y a pas moustiquaire qui puisse en garantir, et que jamais, si épuisé que je fusse par la fatigue, la maladie ou la privation de sommeil, je n'ai pu dormir dans un endroit où il y avait beaucoup de moustiques. On ne s'habitue jamais à lui. Cet excrément de la terre ^ pour me servir du terme employé par le bon La Fontaine , a pour auxiliaire acharné le four on ^ ce féroce petit moucheron que j'ai eu occasion de décrire en parlant de notre séjour chez Bounda ; beaucoup plus petit que le moustique,

il ne lui cède en rien pour la méchanceté , et comme on le rencontre quelquefois par véritables nuages, comme aucun moustiquaire n'est d'un tissu assez serré pour lui barrer le passage, je ne sais vraiment pas s'il n'est pas plus horripilant encore que le moustique. Viennent ensuite, dans ce classement par ordre de bêtes désagréables , l'innombrable tribu des fourmis; M. Duchaillu en compte dix espèces bien distinctes, et il y en a davantage ; nous nous contenterons de donner quelques détails sur les espèces les plus malfaisantes. D'abord, sur les bashikouais, qui avaient failli me dévorer ce jour-là. Cette fourmi est de beaucoup la plus grosse et la plus vorace de toutes celles qu'on rencontre dans l'Afrique équatoriale. Voici ce qu'en dit M. Duchaillu, qui les a parfaitement observées : « Je ne crois pas qu'elles se construisent un nid, ni aucune sorte de demeure. Jamais elles n'emportent rien ; elles mangent tout sur place. Leur habitude est de marcher à travers les forêts sur une longue file régulière ; cette ligne mouvante , qui se présente sur deux pouces de large , a souvent plusieurs milles de long. Sur les flancs de cette file sont les fourmis les plus grosses qui se comportent comme des officiers, se tenant hors des rangs et maintenant le bon ordre dans cette singulière armée. Si elles arrivent à un endroit où il n'y a pas d'arbres pour les abriter contre le soleil dont l'ardeur leur est insupportable,

elles creusent tout de suite un chemin souterrain par où toute Farmée passe en colonne et va rejoindre la forêt. Ces tunnels sont percés à quatre ou cinq pieds sous terre ; elles ne s'en servent que pendant la chaleur du jour, ou lorsqu'il survient quelque orage. Sont-elles affamées, la longue file change tout à coup son ordre, fait un changement de front absolument comme un bataillon, et se déploie dans la forêt en une large masse qui attaque et dévore tout ce qu'elle rencontre avec un acharnement furieux auquel rien ne peut résister. L'éléphant et le gorille fuient eux-mêmes devant cette poursuite redoutable. Les noirs se sauvent à toutes jambes, car il y va de la vie de rester en place. Tout animal qui se trouve sur leur passage est pourchassé à outrance. Il semble qu'elles exécutent les manœuvres d'après la tactique de Napoléon , en concentrant avec rapidité leurs forces vives sur le point d'attaque. En un rien de temps l'animal, souris, chien, léopard ou gazelle , est envahi , tué , dévoré , sans qu'il en reste rien que la carcasse toute nue. Elles voyagent nuit et jour. Plusieurs fois réveillé en sursaut, j'ai dû me précipiter hors de ma cabane et de là dans l'eau pour sauver ma vie, etc. . .» [Afrique éqiiatoriale.) Je crois toutefois que M. Duchaillu a un peu exagéré en disant que l'éléphant les fuit et qu'elles dévorent des léopards. De plus, pour être juste, il faut ajouter qu'on ne rencontre pas très-

souvent les bashikouais, et que d'ailleurs, à moins de tomber dedans à Timproviste par suite d'un accident comme celui qui m'arriva cette nuit-là, on s'en garantit facilement, simplement en se rangeant à droite et à gauche quand on les voit arriver ; car il est très-rare qu'elles attaquent autre chose que la proie qu'elles rencontrent droit devant elles. Quand elles envahissent une case, il ne faut pas les déranger, elles ne s'y arrêtent jamais longtemps , mais elles ne s'en vont qu'après avoir détruit tout ce qu'il y avait là de souris, crapauds, lézards, cancrelats, et une foule d'autres parasites , dont on est fort heureux d'être débarrassé par elles. Pour moi, comme pour tous les chasseurs, la fourmi la plus désagréable de toutes celles qui habitent ces pays est la fourmi rousse des feuilles. Tantôt, ainsi que les a vues M. Duchaillu , à l'extrémité des branches où elles trouvent de gros bouquets de feuilles, a elles collent ces feuilles l'une à l'autre par leurs bords et en font un espèce de sac gros comme une orange, w qui devient leur nid ; tantôt, comme je les ai le plus souvent observées moi-même, au moyen de nombreux filaments, elles roulent les feuilles des arbres en forme de cornets dans lesquels elles s'établissent. Ces fourmis sont grandes , avec le corselet trèsallongé, et extrêmement méchantes et agiles. Combien de fois, poursuivant quelque oiseau , l'œil fixé sur les hautes branches d'un arbre, marchant tête

baissée dans le fourré , ai-je été donner de la figure en plein dans un de leurs nids; c'était alors de vraies souffrances , car la douleur que cause leur morsure est très-vive et se prolonge souvent pendant plus de vingt-quatre heures. — Il y a encore une autre fourmi rousse qui défile en colonnes serrées à la manière des bashikouais, mais elles sont beaucoup plus petites et inoffensives ; les indigènes les appellent ntchougou : ce sont celles-là que les Pahouins mangent bouillies. Il y a encore quatre ou cinq sortes de fourmis, parmi lesquelles est la grosse fourmi noire, qui , comme celles dont je viens de parler, se tiennent habituellement dans les bois et dans les champs, mais comme leurs mœurs n'ofîrent rien de très-spécial , je les passe sous silence et j'arrive à celles qui élisent domicile dans nos cases, en prennent possession, dévorent tout, perdent tout, anéantissent en un instant des collections faites pendant des mois de périls et de fatigue , et détraqueraient le cerveau le mieux organisé de naturaliste ou de voyageur. Dans celles-là aussi il y a plusieurs espèces; j'ai eu surtout occasion d'en maudire quatre : une très-grosse fourmi rousse qui ne travaille que de nuit, ne mord pas l'homme, mais fait un dégât affreux dans les provisions alimentaires ; une petite fourmi noire, très-active et également trèscarnas?ière ; et enfin, deux espèces microscopiques, Tune rouge, l'autre noire, qui vivent par myriades

innombrables dans toutes les cases. « Elles paraissent avoir l'odorat très-fin; invisibles jusqu'à ce qu'elles sentent quelque aliment à leur portée, elles affluent alors on ne sait d'où et en telle quantité que le voyageur s'étonne et s'inquiète de se voir assiégé par une semblable armée, v (Duchaillu.) Il n'y a qu'un seul moyen de préserver ses collections et ses aliments de ce fléau domestique, c'est de tendre à travers toute la case une quantité de ficelles ou de cordes à chaque extrémité desquelles on place un fort tampon d'ouate que Ton imbibe tous les deux ou trois jours d'acide phénique ; on suspend tout à ces cordes ; encore cela ne suffit pas toujours, souvent les fourmis se laissent tomber du plafond sur leur proie, et de cette manière déjouent les précautions prises avec tant de soin.

Il me reste à dire quelques mots d'une espèce de fourmis qui , pour ne s'attaquer ni aux hommes ni aux aliments, pour n'être presque jamais visible, n'en cause pas moins assez souvent de véritables désastres. Je veux parler des termites : il n'est personne qui n'ait entendu parler de ces terribles petits rongeurs souterrains qui, «acclimatés en Europe, ont menacé de destruction les digues de la Hollande et qui minent encore en silence quelques maisons de la Rochelle et de Rochefort \ î>

' Griffon du Bellay (Tour du Monde, 1865).

Des savants illustres n'ont pas dédaigné de leur consacrer de longs et sérieux travaux. Dans l'Afrique équatoriale surtout, les termites sont une grande calamité; il n'est point de case, si solidement bâtie, qui ne s'écroulerait sous leur travail incessant et mystérieux, si l'on ne prenait pas la précaution de la construire sur pilotis. Le voyageur laisse-t-il ses caisses sur le sol, en moins de huit jours, elles, les livres et les vêtements qu'elles renferment, sont troués comme un crible par les termites. Le négociant s'absente-t-il quinze jours de sa factorerie , il retrouve à son retour toutes ses marchandises dans l'état le plus déplorable; je me souviens, à Adanlinanlango, d'avoir vu sortir, sous les yeux de l'épicier Sinclair pétrifié d'horreur, vingt-cinq ballots d'étoffe entièrement saccagés. Il y a au Gabon une grande variété de termites, presque toutes sont d'un blanc jaunâtre et ne diffèrent que par la manière dont elles construisent leurs nids , qui sont tous remarquablement ingénieux et bien faits. Bâtis avec de la terre détrempée, ils. acquièrent une extrême solidité; à l'intérieur ils renferment une infinité de petites cellules qui mettent les termites à l'abri du vent, de la pluie , et surtout des attaques de leurs ennemis, dont les plus redoutables pour eux sont les fourmis bashikouais. La plupart de celles de ces petites constructions que j'ai rencontrées étaient bâties sur le sol et affectaient identiquementla forme d'un énorme

champignon; plusieurs d'entre elles avaient jusqu'à deux ou trois pieds de hauteur ; d'autres termites établissent leur demeure, qu'elles construisent avec de la terre et des petits morceaux de bois, sur les grosses branches d'arbres très-élevés. Au Gabon, les noirs désignent tous les termites sous le nom de n'chellais ; on les redoute assez pour que M. Duchaillu ait pu dire avec raison que, selon lui, " un des plus grands bienfaits dont on pourrait doter cette partie de l'Afrique , serait de la débarrasser de ce fléau. »

J'avais, en commençant ce chapitre, l'intention de donner au lecteur des détails sur les principaux insectes qui, dans l'Afrique équatoriale, empoisonnent l'existence du voyageur, mais je vois que ce travail me mènerait trop loin; je ne parlerai donc que pour mémoire des araignées, dont il y a au Gabon une quantité incroyable d'espèces. La plus redoutable est une énorme araignée jaune rayée de noir et armée de pinces formidables. On la trouve partout en grande abondance , et elle construit des toiles si épaisses , que souvent les soui-mangas , les nonnes et d'autres petits oiseaux s'y laissent prendre et égorger; des cancrelats brutes essentiellement destructrices, puantes et incommodes; des centripèdes dont la morsure donne une fièvre ardente ; des mille-pattes , être inoffensif il est vrai , mais fort répugnant , car, au Gabon , il atteint souvent deux

pouces et demi de longueur sur un pouce d'épaisseur ; d'une sorte de taupin qui se jette à tout instant dans votre figure et, ce qui est plus grave, perce au travers des livres, des effets et des malles, de petits trous ronds dans lesquels il élit domicile ; de cinquante ou soixante espèces de diptères ou punaises des bois ; des poux de bois. . . et de corps ; en un mot de toute la vermine, et Dieu sait qu'elle est innombrable en espèces et en individus ; des éphémères qui, lorsqu'on dîne, tombent par milliers dans le potage, etc., etc.. J'en passe, et des meilleurs, car leur nom est légion, et on écrirait un volume sans arriver à faire connaître toutes ces bêtes malfaisantes.

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