LIVRE II, CHAPITRE III
que nous entendîmes le cri d’alarme, nous déployâmes nos forces , qui consistaient en douze escadrons , et les mîmes en bataille. — Quelques-uns de nos soldats étaient dans un état de faiblesse et de fatigue aussi grand que vous ayez jamais vu : il a plu à Dieu de faire pencher la balance en faveilr de cette poignée d’hommes , car après que les deux partis furent restés pendant quelque temps en face l’un de l’autre hors de portée du mousquet, et quand les dragons des deux côtés eurent échangé des coups de fusil pendant une demi-heure ou plus, l’ennemi n’avançant pas sur nous, nous résolûmes de le charger, et approchant de lui après une fusillade de part et d’autre, nous fîmes avancer nos escadrons au grand trot. L’ennemi nous attendait de pied ferme; nos hommes le chargèrent résolûment ; par la Providence divine , nous le mîmes aussitôt en déroute. Il prit la fuite, tout fut poursuivi et 'sabré pendant deux ou trois milles.
« Je crois que dans la poursuite plusieurs de nos soldats ont tué chacun deux ou trois hommes ; mais nous ne sommes pas certains du nombre des morts. Nous avons fait quarante-cinq prisonniers , outre les chevaux et les armes tombés en notre possession ; nous avons délivré plusieurs prisonniers qu’ils nous avaient faits depuis peu , et nous leur avons pris quatre ou cinq étendards.
« Je suis « Olivier Cromwell. »
La lutte est décidément engagée , et le sang coule ; partout où les puritains de Cromwell font leur apparition , les cavaliers de Charles I" sont mis en fuite. Les bulletins du fermier-colonel , homme d’ordre et qui , rentré dans ses logements , écrit exactement ce qui s’est passé , sont fort nombreux ; nous citerons la majeure partie des premiers en date , remarquables par la clarté du détail et la fermeté du coup d’œil , mais non par la grâce de la diction.
Au comité de l’association, séant à Cambridge.
« Huntingdon, 31 juillet 1643.
« Messieurs ,
« Il a plu au Seigneur d’accorder à votre serviteur et à vos soldats une* victoire importante à Gainsborough. Mercredi , après avoir pris Burley-House , je marchai surGrantham, et là je rejoignis environ trois cents chevaux et dragons de Nottingham. Outre ceuxci , nous rencontrâmes , le jeudi soir , comme il était convenu, les hommes de Lincoln à North-Searle , à environ dix milles de Gainsborough. Là nous nous sommes reposés jusqu’à deux heures du matin; puis nous nous sommes mis tous en marche pour Gainsborough.
« A environ un mille et demi de la ville , nous rencontrâmes un poste avancé ennemi d’environ cent