LIVRE II, CHAPITRE Ul
chevaux. Nos dragons essayèrent de les repousser; mais l’ennemi ne mit pas pied à terre , les chargea et les força de se replier sur le corps principal. Nous avançâmes jusqu’au pied d’une colline escarpée ; nous ne pouvions la gravir que par des sentiers ; nos hommes essayèrent, et l’ennemi s’y opposa; nous réussîmes et gagnâmes la crête de la colline. Cela fut exécuté par les Lincolniens , qui formaient l’avant-garde.
« Quand nous eûmes tous atteint le haut de la colline , nous vîmes un corps nombreux de cavalerie ennemie devant nous , à environ une portée de mousquet ou plus près , et une bonne réserve d’un régiment entier de cavalerie derrière. Nous nous occupâmes à mettre nos hommes en aussi bon ordre que possible. Pendant ce temps , l’ennemi avança sur nous pour nous prendre à notre désavantage; mais, quoique peu en ordre, nous chargeâmes leur corps principal. J’avais l’aile droite. Nous vînmes cheval contre cheval , et nous travaillâmes de l’épée et du pistolet un assez joli espace de temps ( apretty finie ), les deux partis gardant leurs rangs serrés , de sorte que l’un ne pouvait pas entamer l’autre. A la fin , ils plièrent; nos hommes s’en aperçurent, se précipitèrent sur l’ennemi , et mirent immédiatement le corps entier en déroute, les uns fuyant à gauche, les autres à droite de la réserve ennemie , et nos gens les poursuivirent et les sabrèrent pendant cinq ou six milles.
« Ayant remarqué que. ce corps de réserve restait immobile et ferme, j’empêchai mon major, M. Whalley , de les suivre , et avec mon propre escadron et le reste de mon régiment , en tout trois escadrons , nous nous réunîmes en un seul corps pour attaquer la réserve.
<> Dans cette réserve était le général Cavendish. Un moment il me fit face ; il eut ensuite en tête quatre escadrons de Lincoln : c’est tout ce qu’il y avait là des nôtres ; le reste était occupé à la poursuite. A la fin, le général Cavendish chargea les Lincolniens et les mit en déroute. Aussitôt je tombai sur ses derrières avec mes trois escadrons , ce qui l’embarrassa tellement , qu’il abandonna la poursuite et aurait bien voulu se défaire de moi ; mais je continuai à le presser, je culbutai sa troupe jusqu’au bas de la côte avec grand carnage : le général et plusieurs de ses hommes furent acculés dans une fondrière , où mon lieutenant le tua d’un coup d’épée dans les fausses côtes. Le reste de ce corps fut mis complètement en déroute ; pas un homme ne tint pied.
« Après une défaite si totale de l’ennemi , nous ravitaillâmes la ville avec les vivres et les munitions que nous avions apportées. Nous fûmes informés qu’il y avait à environ un mille de nous , de l'autre côté de la ville, six escadrons de cavalerie et trois cents fantassins. Nous demandâmes à lord Willoughby quatre