LIVRE II, CHAPITRE IV
cernent du parlement? Ils disent que les membres des deux chambres ont de belles places et de grands commandements , que l’épée est en leurs mains ; et que , tant par leur influence dans le parlement que par leur autorité dans l’armée , ils veulent se perpétuer dans les grandeurs, et ne permettront pas que la guerre se termine promptement , de peur que leur puissance ne finisse avec elle. Ce que je dis ici devant nous est ce que d’autres disent ailleurs en arrière. Je suis loin de rien reprocher à personne. Je connais le mérite de ces chefs , membres du parlement , qui sont encore au pouvoir; mais, sans attaquer personne, je puis le dire du fond de ma conscience, je suis persuadé , qu’à moins que l’armée ne soit mise sur un autre pied et la guerre poussée avec plus de vigueur, le peuple ne pourra pas supporter la lutte plus longtemps et qu’il vous forcera à une paix honteuse.
« Je recommande à votre prudence de ne point vous arrêter à quelques plaintes ni à quelques inadvertances d’aucun général en chef dans aucune circonstance ; étant forcé de me reconnaître coupable moi-même d’inadvertances , je sais que l’ôn peut rarement les éviter dans les choses militaires. C’est pourquoi, sans faire une stricte enquête sur les causes de ces erreurs, cherchons-en le remède; voilà ce qui est le plus nécessaire. Et j’espère que nos cœurs sont assez véritablement anglais et assez dévoués au bien
du pays qui nous a vus naître pour qu’aucun membre de l’une ou de l’autre chambre n’hésite à sacrifier au bien public lui-même et ses intérêts privés ; nul ne regardera comme un déshonneur jeté sur lui-même rien de ce que le parlement résoudra dans cette grave circonstance »
« Monsieur le président, — je ne suis pas d’opinion que ce serait dissoudre et disperser nos armées que d’appeler à siéger au parlement les chefs qui en sont membres. Je puis dire de mes soldats que ce n’est pas sur moi , mais sur vous qu’ils ont les yeux ; et que pour vous ils sont prêts à combattre, prêts à vivre et à mourir pour votre cause : si les autres soldats pensent comme les miens , vous n’avez rien à craindre. Us ne font pas de moi une idole ; leur attachement appartient à la cause pour laquelle ils combattent. Vous pouvez leur ordonner ce que vous voudrez, ils obéiront à vos ordres dans la cause pour laquelle ils combattent. »
L’ombre de Knox dut se réjouir et Rome trembler. Les modérés furent forcés de se taire; Essex reçut une pension qu’on ne lui paya guère , Manchester s’éclipsa dans les comités administratifs; et comme on avait grand besoin de Cromwell, qui était à la fois le meilleur soldat , le plus dur à la peine et le plus dévot puritain , le parlement le nomma lieutenant général et le laissa dans les comtés de l’est continuer à protéger les calvinistes. Ses