‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 109 sur 257 · LIVRE H, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE H, CHAPITRE IV

soldats l’adoraient , comme on peut bien le penser ; leur cause était commune; leur détresse était souvent la même. Partout on s’habituait à le regarder comme le centre du mouvement le plus pur et le plus résolûment dévoué. Lui-même , tout en se plaignant de manquer de secours , il élevait la voix et s’offrait à l’Angleterre comme le martyr de la religion et du peuple : témoin l’épître suivante, qui n’est pas plus que les autres un modèle de style :

Pour le colonel Valentin Walton ces présentes, à

Londres.

« Sleaford , 6 ou 5 septembre 1044.

«« Nous ressentons, le cœur navré, la misérable condition de votre armée de l’ouest et des choses dans cette localité. Nos cœurs sont absorbés dans cette affaire; et certainement si nous avions des ailes nous y volerions ! Aussitôt que milord et l’infanterie me rendront la liberté, il n’y aura de ma part aucun manque d’empressement pour hâter ce service autant qu’il sera en mon pouvoir.

« Car véritablement toutes autres considérations doivent être mises de côté et céder le pas à celle-là, à cause de son importance. J’espère faire voir au royaume que, malgré les embarras qui nous entou-

rent', nous le servons sans nous plaindre. Nous voulons oublier nos propres besoins , lesquels sont excessivement grands et dont on prend fort peu de souci ; et nous comptons repousser les nombreuses calomnies entassées sur nous par des langues traîtresses à Dieu, lequel, en temps convenable, fera voir au monde que nous recherchons la gloire du Tout- Puissant , ainsi que l’honneur et la liberté du parlement. Nous combattons d’un commun accord pour ce but sans chercher nos intérêts propres.

« Vraiment nous ne voyons jamais nos hommes si joyeux que lorsqu’il y a de la besogne à faire. J’ai confiance que vous entendrez toujours dire cela d’eux. Le Seigneur est notre force et nous mettons toute notre espérance en lui. Priez pour nous. Présentez mes amitiés à mes amis : je réclame leurs prières. Que le Seigneur continue à vous bénir.

« Nous avons parmi nous quelques hommes trèslents d’action : si nous pouvions tous penser moins à nous-mêmes ainsi qu’à nos aises, nos affaires dans cette armée iraient aussi rapidement que sur des roues! Mais parce que quelques-uns d’entre nous sont ennemis de la rapine et d’autres choses coupables, on dit que nous sommes factieux et que nous cherchons à maintenir par la force nos opinions religieuses, — chose que nous détestons et que nous abhorrons. Je déclare que je ne pourrais me récon-

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