‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 110 sur 257 · LIVRE II , CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE IV

cilier avec cette guerre si je ne croyais à la nécessité que le parlement éprouve de se maintenir dans ses droits; et dans cette cause j’espère prouver que je suis un honnête homme au cœur sincère.

« Pardonnez-moi d’être ainsi importun. Je n’écris que rarement : cela me donne un peu l’occasion , au milieu des calomnies, d’épancher mon cœur dans celui d’un ami.

« Monsieur , personne ne vous aime plus véritablement que

« Votre frère et ami,

A mesure que l’étoile de Cromwell s’élevait , les inimitiés et les « calomnies » dont il se plaint devenaient plus vives : il gardait sa fière attitude. Voici quelques bulletins de sa campagne de 1645 :

Au très-honorable sir Thomas Fairfax, général de l’armée , ces lettres pressées, très-pressées, à Windsor.

« Salisbury, 9 avril (10 heures du soir) 1645.

« Monsieur,

« Dimanche dernier nous avons marché sur Braeton , en Somersetshire , où le général Goring avait son quartier général, mais il n’a pas voulu nous faire face ; à notre approche, il s’est retiré sur Wells et Glaston-

bury. Nous n’avons pas jugé prudent de l’y suivre, dans la crainte d’engager trop loin notre cavalerie dans ce pays coupé de haies, n’ayant pas assez d’infanterie pour la soutenir , et soupçonnant aussi que le prince Rupert s’avancerait avec ses forces pour opérer sa jonction avec Goring , d’après l’avis que nous avait donné le colonel Massey du mouvement du prince dans cette direction.

« Le général Goring et sir John Greenvil sont prêts à se joindre ; tous les comtés de Devon , de Dorset et de Somerset ont augmenté leurs forces. C’est pourquoi sir William Waller n’ayant qu’une très-faible infanterie d’environ seize cents hommes , — j’ai craint que son petit nombre ne mît en danger notre cavalerie. — Nous sommes donc venus de Shaftesbury à Salisbury au secours de notre infanterie, pour ne pas nous trouver forcés à un combat trop inégal et nous rapprocher de nos amis.

« Depuis que nous sommes ici , nous avons appris que le prince Rupert est venu à Marshfield , ville de foire non loin de Troubridge. Si l’ennemi s’avance avec toutes ses forces, dans quel danger serons-nous? Je vous soumets cette question , vous suppliant de ne pas nous perdre de vue et de nous envoyer en toute hâte à Salisbury un secours suffisant pour nous mettre en état de tenir la campagne, et de repousser l’ennemi avec l’aide de Dieu , ou tout au moins de nous

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