LIVRE II, CHAPITRE IV
maintenir assez pour que nous n’éprouvions pas la honte et les dangers d’une retraite ; cela ferait perdre au parlement , dans ce pays-ci , beaucoup d’amis qui se croiraient abandonnés dès qu’ils nous verraient partir. Je vous supplie, monsieur, d’envoyer toute la cavalerie et l’infanterie dont vous pourrez disposer , sur Salisbury , par le chemin de Kingscare , et avec toute l’expédition possible. Véritablement, nous nous attendons tous les jours à une attaque.
« Ayant humblement représenté ces choses à vos soins et à votre sagesse, j’ai l’honneur d’être « Votre très-humble serviteur,
Au très-honorable sir Thomas Fairfax , commandant en chef les forces du parlement ; à Sher borne , cette lettre.
« Shaflesbury, 4 août 1646.
« Monsieur,
« J’ai marché ce matin sur Shaftesbury. Sur ma route , j’ai trouvé un parti de clubmen 1 rassemblés , à environ deux milles de la ville , de votre côté. Il y avait à leur tête un M. Newman : c’est un de ceux qui se sont rendus auprès de vous à Dorchester, avec M. Hol-
* Paysans armés de bâtons , du mot club , bâton.
lis. Je leur ai envoyé demander la cause de leur rassemblement; M. Newman est venu me trouver et m’a dit que les clubmen des comtés de Dorset et de Wilts, au nombre de dix mille, devaient se rassembler au sujet de leurs camarades que l’on avait emmenés à Shaftesbury et que leur but était aussi de se mettre à l’abri du pillage. Sur le premier point je leur ai dit que, bien que l’on n’eût pas de comptes à leur rendre, cependant je savais que ces hommes avaient été arrêtés par votre ordre; qu’ils seraient mis en jugement pour avoir formé un troisième parti dans le royaume ; que s’ils étaient déclarés coupables ils subiraient une peine proportionnée à la nature de leur crime , et je les assurai que s’ils étaient innocents vous les acquitteriez. Ils me répondirent que quant à ceux qui ont mérité la sévérité des lois , ils ne voulaient aucunement se mêler de ceux-là; je les ai donc pacifiés sur ce point. A l’égard de l’autre sujet, je les ai assurés que votre ferme intention était de ne pas laisser piller, et que vous les autorisiez à repousser la violence , et vous amener quiconque vous aurait fait du tort; — et que les coupables seraient punis avec sévérité. Après cette explication , ils ont été très-contents , trèssatisfaits , et sont retournés chez eux en paix et avec tranquillité.
« Nous avons continué notre route sur Shaftesbury, et la nous avons appris qu’il y avait un grand rassem-