LIVRE II, CHAPITRE IV
du colonel Rainsborough lui fut assigné près de la dune de Dusdain ; les dragons et trois régiments de cavalerie s’établirent solidement à la droite du colonel Montague sur la dune même , entre lui et l’Avon ; et une partie du régiment du colonel Birch avec la totalité de celui du colonel Skippon fut placée à sa droite pour protéger cette position.
« Les postes étant ainsi fixés , notre cavalerie eut à faire un service très-fatigant , obligée de se tenir auprès de l’infanterie dans la crainte que ses postes trop faibles ne fussent exposés à des insultes. Et véritablement , vu la faiblesse de nos postes incapables de se bien défendre, et la force numérique renfermée dans la place , nous fûmes très-heureux d’éprouver aussi peu de perte par les sorties. L’ennemi en fit trois ou quatre (je ne sais pas au juste) pendant la durée de notre siège, et nous y perdîmes trente hommes. Parmi les officiers marquants nous n’eûmes à regretter que le colonel Okey, lequel prenant un parti ennemi pour les nôtres alla se faire prendre par lui , et le capitaine Williams qui fut tué dans une charge. Nous avons fait prisonnier sir Bernard Astley, et tué sir Richard Crâne, — homme très-important auprès du prince.
« Huit jours avant la prise de la ville , nous tînmes un conseil de guerre au sujet de l’assaut ; il s’y manifesta une grande opposition à cette entreprise en raison du temps peu favorable et d’autres difficultés ap-
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parentes. Nous avions été attirés là par la bonne disposition supposée des habitants ; nous fûmes trompés dans notre attente. Après mûre réflexion, l’assaut fut décidé. Tout semblait favoriser nos desseins, et véritablement on a rarement vu un empressement plus joyeux que celui qui éclata quand la chose fut résolue. Le jour et l’heure fixés pour l’assaut furent le mercredi 10 septembre à une heure du matin. Cette heure matinale fut choisie dans l’espoir de surprendre l’ennemi. Dans ce dessein , comme aussi afin d’éviter de tomber par erreur les uns sur les autres , il fut arrêté que dès que nous nous serions emparés de la ligne d’ouvrages avancés et des forts qui la couronnent, nous n’irions pas plus loin jusqu’au jour. Le signal du général pour commencer l’assaut devait être un feu de paille et quatre coups de canon partis du fort de Prior’s Hill.
« Nous aperçûmes tous le signal parfaitement; véritablement nos hommes s’avancèrent avec beaucoup de résolution ; ils se rendirent très-promptement maîtres de la ligne et en facilitèrent l’entrée à la cavalerie. Les colonels Montague et Pickering attaquèrent la porte de Lawford , défendue par une double ligne d’ouvrages et bien fournie d’hommes et do canons ; ils y entrèrent avec une grande résolution et une extrême rapidité , culbutèrent l’ennemi et s’emparèrent de son canon. La vivacité de leur attaque fut