‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 121 sur 257 · LIVRE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE V

entouré d’un mur de circonvallation de près d’un mille de tour. Il canonna le rempart pendant une journée; ses « poitrines d’airain » firent le reste, et l’étendard calviniste fut planté sur la tour de Basing.

Voici comment il rend compte de ce succès :

Al' honorable William Lent hall, speaker de la chambre des communes du parlement, cette lettre.

« Basingstoke, 14 novembre 1645.

« Monsieur ,

« Je remercie Dieu de me permettre de vous donner de bonnes nouvelles à propos de Basing. Après avoir placé nos batteries, nous avons fixé les différents postes pour l’assaut : le colonel Dalbeny au nord de la maison près de la grange; le colonel Pickering à sa gauche, et les régiments de sir Hardness Waller et du colonel Montague ensuite. Nous avons commencé l’assaut ce matin à six heures : le signal de l’attaque était quatre coups de notre canon. Dès qu’il fut donné, nos soldats s’élancèrent joyeusement et avec une grande résolution : nous avons pris les deux maisons sans une grande perte de notre côté. Le colonel Pickering attaqua la maison neuve, la traversa, et lorsqu’il fut arrivé aux portes de la vieille maison , l’ennemi demanda à parlementer; mais nos hommes ne voulurent rien entendre.

« Pendantce temps, les régiments du colonel Montague et de sir Hardness donnaient l’assaut au point le plus fort où l’ennemi tenait sa réserve; — ils se comportèrent avec un grand courage et chassèrent l’ennemi de cet ouvrage : après quoi, tirant leurs échelles, ils eurent à escalader un autre rempart et le mur de la maison avant de pouvoir y pénétrer. Dans cette affaire le colonel Waller a rempli son devoir avec beaucoup d’éclat et de promptitude ; il a reçu un coup de feu dans le bras, mais sa blessure n’est pas dangereuse.

« Nous avons éprouvé peu de pertes , et passé au fil de l’épée beaucoup d’ennemis, parmi lesquels il y avait plusieurs officiers de qualité ; presque tous les autres ont été faits prisonniers ; dans le nombre se trouvent le marquis de Winchester lui-même, sir Robert Peak et divers officiers : j’ai ordonné de vous les conduire. Nous avons pris dix pièces de canon avec beaucoup de munitions et nos soldats sont trèsencouragés.

« Je vous propose humblement de négliger entièrement cette place pour les raisons suivantes : il y faudrait environ huit cents hommes pour la maintenir ; ce n’est pas une frontière ; le pays à l’entour est pauvre ; elle est presque entièrement ruinée par l’effet de nos canons et de nos mortiers, et par un incendie qui a éclaté depuis que nous l’avons prise. S’il vous convient de placer la garnison à Farnham , une certaine quan-

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