‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 122 sur 257 · LIVRE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE V

tité d’hommes à Chichester et une partie de l’infanterie que nous avions ici à Newbury avec trois ou quatre escadrons de cavalerie ; — j’ose assurer , que nonseulement cela tiendra Donnington en respect , mais que cela formera une bonne défense et un boulevard pour tout le pays , d’autant mieux que Newbury est sur la rivière et empêchera toute incursion de Donnington, de Wallingford ou de Farringdon de ce côté-ci , et que ces forces ainsi placées rendront le trajet parfaitement assuré entre Bristol et Londres pour toute espèce de voitures. Je crois que les propriétaires de Sussex et du Hampshire contribueront avec plus d’empressement à entretenir une garnison sur les frontières qu’au sein même de leur pays , ce qui offrirait moins de sécurité.

« Monsieur, j’espère ne pas m’arrêter, et me diriger dès demain vers l’ouest , et pouvoir y agir avec autant de promptitude que dans l’expédition sur ce pays-ci. Je dois vous dire mon opinion ; elle est que si vous voulez que vos affaires marchent , il faut que vous nous envoyiez des recrues d’infanterie et que vous preniez des mesures pour payer votre armée; autrement , croyez-moi , monsieur , elle pourrait ne pas être en état de faire ce que vous attendez d’elle.

« J’avais chargé le colonel Hammond de se rendre auprès de vous pendant que nous investissions cette place ; il est tombé par accident entre les mains de

l’ennemi. A notre grande joie , Dieu nous l’a rendu, mais le colonel a éprouvé une grande perte : l’ennemi lui a pris presque tout ce qu’il avait. Que le Seigneur permette que toutes ces miséricordes soient reçues avec les actions de grâces qu’elles méritent; Dieu abonde en grâces envers nous, et il ne se lassera pas, tant que la justice et la paix n’auront pas triomphé , tant qu’il n’aura pas fait paraître son œuvre glorieuse pour le bonheur de ce pauvre royaume. C’est à servir d’une main fidèle Dieu et vous dans cette œuvre , qu’aspire

« Votre très-humble serviteur ,

Cromwell était accompagné du célèbre prédicateur Hugues Peters dont nous avons parlé plus haut , et auquel le parlement assemblé demanda un rapport spécial , tant la chose semblait importante. Écoutons ce puritain, dont le journal des communes a conservé les paroles ; voyons par les yeux de ce témoin la forteresse de 1645, le siège, la défense, l’ameublement, le détail complet; vainqueurs et vaincus, passions et fureurs , souvent mal imités par le roman et par l’histoire. Hugues Peters, le prédicant, tête rasée, vêtu de son pourpoint noir flottant, chaussé de ses immenses bottes militaires, et la rapière au côté , raconta donc :

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