LIVRE II, CHAPITRE V
« Dans tous ces grands bâtiments , avant le soir, il ne restait pas une barre de fer aux fenêtres , excepté là où il y avait eu le feu. A la tin, ils s’en prirent au plomb, et, mercredi matin, il restait à peine une gouttière à la maison. Ce que les soldats laissèrent, le feu s’en empara , et cela avec une rapidité extraordinaire ; en moins de douze heures , il ne laissa que les murailles et les cheminées ; — ce feu avait été allumé par une de nos premières grenades , et l’ennemi avait négligé de l’éteindre.
« Nous ne savons pas comment évaluer exactement le nombre de personnes que la maison contenait, car nous n’avons pas tout à fait trois cents prisonniers , et nous avons trouvé peut-être une centaine de tués ; — plusieurs corps étant sous les décombres ne furent pas découverts tout de suite. Seulement, en approchant de la maison, mardi soir, nous entendîmes sortir des caves les cris de gens qui demandaient quartier; mais nos hommes ne pouvaient pas aller à eux, ni eux venir à nous. Parmi les morts que nous vîmes, il y avait un de leurs officiers étendu par terre; il paraissait d’une taille si extraordinaire , qu’on le mesura; depuis le bout des orteils jusqu’au haut de la tète , il avait neuf pieds de long *.
1 On sait que le pied anglais équivaut à dix pouces et demi du nôtre.
«< Le marquis ayant été pressé par M. Peters de se rendre avant que l’on en vînt à l’assaut , s’écria que , si le roi n’avait plus d’autre serviteur que lui, marquis , en Angleterre , il s’exposerait au même hasard et se défendrait jusqu’à la dernière extrémité. — Ces papistes trouvaient dans leur malheur cette consolation , que Basing-House était surnommé Loyauté. Mais au sujet du roi et du parlement , il fut bientôt réduit au silence; tout ce qu’il put dire, c’est qu’il espérait que le roi pourrait avoir son jour. Ainsi il a plu au Seigneur de montrer quelle semence mortelle croît toute gloire terrestre , et combien justes et équitables sont les voies de Dieu , qui prend les pécheurs dans leurs propres pièges , et élève les mains de son peuple méprisé.
« Voici la vingtième garnison battue cet été par cette armée, — et je crois que la plupart de ces victoires ont été la réponse divine aux prières et les trophées de la foi accordés à quelque serviteur de Dieu. Le commandant de cette brigade , le lieutenant général Cromwell , a passé beaucoup de temps avec Dieu en prière , la nuit avant l’assaut ; — rarement il combat sans être appuyé sur quelque texte de l’Écriture. Cette fois il se reposait sur cette bienheureuse parole de Dieu écrite dans le cent quinzième psaume , huitième verset : « Non à moi , ô Seigneur ! non à moi , « mais à ton nom donne la gloire!... Les idoles sont