‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 133 sur 257 · LIVRE II, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VI

qu’avec elle, et, s’il cédait aux modérés de l’époque , gens estimables d’ailleurs, il était perdu, lui et la cause calviniste. Denzil-Holles , un de ces presbytériens , n’a-t-il pas dit que , « si le roi venait à eux, on lui remettrait la couronne sur la tête? » L’arrogance et les airs dominateurs de ces gens de loi n’ontils pas mécontenté l’armée? Ceux qui ont conquis l’indépendance populaire et la liberté calviniste, les saints en un mot ne semblent-ils pas sur le point d’être débordés et mis de côté par les modérés et les gens de loi ? C’est ce que dit un jour Cromwell à son ami Ludlow : « Nous ne serons quittes de ces gens-là que si les soldats viennent leur tirer les oreilles? » Et c’est ce qui arriva. L’armée publia son manifeste ; la Cité riposta. L’armée était d’accord avec le vrai sentiment calviniste ; Cromwell la commandait , elle eut le dessus.

Bientôt les onze membres, chefs de ce qu’on peut nommer la Gironde presbytérienne , furent éliminés , et laissèrent l’armée maîtresse du terrain; après quoi elle fit son entrée solennelle dans Londres et dans la Cité , trois hommes sur chaque rang, avec des branches de laurier sur les chapeaux et l’épée au fourreau. « Le service divin et le sermon calviniste de Putney satisfirent pleinement les auditeurs. »

Le roi , après sa fuite de Hampton-Court , s’est réfugié dans I’île de Wight. Ses ennemis s’emparent de

lui et le tiennent prisonnier. Il donne à sa situation douloureuse la dignité d’une résignation héroïque et sereine.

Cependant le fermier mélancolique , chef nouveau, vrai roi , maître de l’armée et du puritanisme , reçoit du peuple qu’il a défendu une liste civile que l’on prélève sur les terres confisquées au marquis de Worcester et à quelques autres. La lettre suivante, adressée aux communes , le montre assez habile pour mépriser le petit intérêt et le sacrifier au grand, — le présent à l’avenir :

Au comité des pairs et des communes, etc., siégeant

à Derby.

« Les deux chambres du parlement ayant dernièrement conféré à moi et à mes héritiers mille six cent quatre-vingts livres sterling par année , prises sur les propriétés de lord Worcester, et la nécessité des temps requérant le secours des citoyens, je fais ici à l’État l’offre de mille livres sterling à lui payer annuellement sur cette somme, payables tous les six mois, par sommes de cinq cents livres, à dater de Noël prochain, et cela pendant cinq années, si la guerre continue avec l’Irlande , et si je vis jusque-là. Le parlement disposera de l’usage à faire de ces mille livres, à moins que le payement n’en soit suspendu par la guerre ou par un accident quelconque.

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