LIVRE II, CHAPITRE VI
leur a dit samedi dernier que si des secours n’étaient pas arrivés lundi soir, ils ne devaient plus le croire , et qu’ils pouvaient même le pendre.
« Nous n’avons pas encore reçu de Wallingbread nos canons et nos munitions ; mais nous en avons ramassé quelques-uns qui les remplacent fort bien. Nous avons établi hier soir deux pièces de petit calibre qui enlèveront leurs moulins en vingt-quatre heures ; et alors, comme Poyer le confesse lui-même, ils seront tous perdus. Nous avons essayé un assaut il y a environ dix jours; mais nos échelles étaient trop courtes et la brèche n’était pas praticable. Nous avons perdu quelques hommes; je suis persuadé que l’ennemi en a perdu davantage. Le capitaine Flower, du régiment du colonel Dean , a été blessé, et le lieutenant et le cornette du major Grigg ont été tués; le capitaine Burges est blessé et très-malade. Je ne fais pas doute que dans quinze jours nous aurons la ville ; et Poyer a pris, envers les officiers de la ville, l’engagement de ne pas garder la citadelle plus longtemps que la ville ne pourra tenir. Et réellement il ne le pourrait pas ; car nous pouvons en deux jours lui couper l’eau en abattant un escalier qui conduit à une cave où il y a un puits. Ils donnent à leurs hommes une demi-livre de bœuf et une demi-livre de pain par jour ; presque tout est épuisé.
« Nous nous réjouissons beaucoup de ce que le
Seigneur a fait pour vous dans la province de Kent. Quand nous avons tiré le canon sur terre et sur mer pour remercier le Seigneur de cette victoire , Poyer a dit à ses hommes que c’était le prince Charles et ses vaisseaux révoltés qui venaient à leur secours. L’autre soir, ils se sont mutinés dans la ville. Hier soir, nous avons incendié plusieurs maisons, et le feu s’étend encore en ce moment dans la ville , ce qui les effraye beaucoup. Je suis certain que dans quinze jours nous
les prendrons par la famine.
« Je suis,
« Monsieur,
« Votre serviteur,
A l’honorable William Lenthall , écuyer , speaker de la chambre des communes, ces lettres.
« Pembroke, 11 juillet 1648.
« Monsieur ,
« La ville et la citadelle de Pembroke se sont rendues à moi cejourd’hui , qui est le onzième de juillet, aux termes que je vous envoie ci-inclus. Je ne puis pas vous détailler les armes , les munitions , les vivres , le canon et autres provisions de guerre qui sont dans la ville , — les commissaires que j’y ai envoyés pour les recevoir n’étant pas encore de retour,