LIVRE II, CHAPITRE VI
et probablement ne devant pas l’être immédiatement ; et je n’ai pas voulu différer d’un jour à vous rendre compte de cette miséricorde.
« Les personnes exceptées sont celles qui vous ont autrefois servi dans une très-bonne cause; à présent qu’elles ont apostasié , je les ai choisies de préférence à ceux qui ont toujours été pour le roi ; — jugeant leur iniquité double , parce qu’ils ont péché contre tant de lumières et tant de preuves que la divine Providence accompagne et fait prospérer une cause juste , à la conduite de laquelle ils avaient euxmêmes coopéré.
« Je demeure
« Votre humble serviteur ,
Pour l'honorable comité , à York, ces lettres,
« Warrington, 20 août 1648.
« Messieurs ,
« Nous avons entièrement fatigué nos chevaux en poursuivant l’ennemi ; nous avons tué , pris et mis hors de service son infanterie , et nous ne lui avons laissé que quelques cavaliers, avec lesquels le duc a fui dans la forêt Delamere, n’ayant ni fantassins ni dragons. Ils leur ont pris , — je veux dire les forces du
pays leur en ont pris cinq cents, comme on me l’a fait savoir aujourd’hui.
<• Ils sont si fatigués et dans une telle confusion, que si ma cavalerie pouvait seulement trotter à leur poursuite , je les prendrais tous. Mais nous sommes harassés et nous pouvons à peine les suivre au pas. C’est pourquoi je vous prie que sir Henry Cholmely, sir Edward Rhodes, le colonel Hatchet et le colonel White, avec toutes les compagnies de vos environs, soient appelés et se lèvent pour marcher avec vous à leur poursuite. L’ennemi forme la plus misérable bande qu’il y ait jamais eu : je ne craindrais pas de m’engager , avec cinq cents chevaux frais et cinq cents fantassins alertes , à les détruire tous. Ma cavalerie est dans un état déplorable; j’ai fait dix mille deux prisonniers.
« Nous en avons tué nous ne savons pas combien , un très-grand nombre , les ayant sabrés pendant plus de trente milles , outre ce que nous avons tué dans les deux grands combats, l’un à Preston , l’autre à Warrington, au sentier de Winwick. L’ennemi avait vingtquatre mille hommes de cavalerie et d’infanterie, dont dix-huit mille chevaux et six mille piétons; notre nombre était d’environ six mille fantassins et tout au plus trois mille chevaux.
« Ceci est une glorieuse journée , — que Dieu aide l’Angleterre à Lui répondre, à profiter de ses miséricor-