LIVRE 11, CHAPITRE VT
des! — Il ne me reste plus qu’à vous supplier de vous former en troupes et de poursuivre. Je demeure
« Votre très-humble serviteur,
« P. S. La grande majorité de la noblesse écossaise est avec le duc Hamilton. »
La guerre civile continue; Cromwell ne quitte pas la cuirasse ; et chaque soir ses bulletins témoignent de son infatigable activité :
Pour ï honorable comité, à York, ces lettres.
^ Wigan , 23 août 1648.
« Messieurs ,
« Je reçois avis à l’instant que le duc Hamilton , avec un corps de cavalerie harassée , se dirige vers Pontefract où il pourra probablement se réfugier et reposer ses chevaux ; — il n’ose pas rester dans les campagnes d’où nous l’avons chassé , et les paysans se levant en grand nombre lui barrent le passage sur tous les points.
« Le major général Lambert est sur ses talons avec une force considérable. Je vous prie de rassembler toutes les forces que vous pourrez pour mettre fin à toute entreprise ultérieure de leur part; tenez-vous donc prêts à vous joindre au major général Lambert,
si besoin est. Je suis en marche vers le nord avec la plus grande partie de l'armée, où je serai bien aise de recevoir de vos nouvelles. Je demeure
« Votre très-affectionné ami et serviteur,
« Je désirerais que vous fissiez partir toutes les forces que vous pouvez avoir, pour vous tenir derrière lui , ou gêner sa marche ; car je suis persuadé que si lui ou la plus grande partie de ceux qui sont avec lui étaient pris, cela mettrait fin à l’affaire d’Écosse. »
Ainsi parle Cromwell : il veut en finir le plus tôt possible ; il court au plus pressé ; ce n’est pas le succès de son ambition qu’il cherche , c’est le triomphe de la cause. Ce triomphe se déclare chaque jour sur les champs de bataille. Voici l’un de ses hymnes de louange, un de ses chants de victoire les plus radieux :
Pour mon digne ami Olivier Saint-John , écuyer , avocat général, ces lettres , à Lincoln' s lnn.
« Knaresborough , l" septembre 1648.
« Mon cher Monsieur ,
« Je ne puis rien dire , mais sûrement le seigneur notre Dieu est un Dieu grand et glorieux. Lui seul mérite d’être notre crainte et notre confiance , et l’on