‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 139 sur 257 · LIVRE II, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VI

idée abstraite. Maître de ses pensées et de ses actes ; ce sont les mots qui le gênent.

Au très-honorable lord Wharton, cette lettre.

« Près de Knaresborougli , 2 septembre 1648.

« Milord ,

« Vous savez combien je suis paresseux pour écrire ; cependant un mot. Je supplie le Seigneur de nous faire sentir profondément la grande bénédiction qui nous est arrivée par la protection divine, et qui certainement est bien au-dessus de ce que la chambre a exprimé.

« J’espère que par la bonté de notre Dieu j’aurai le temps et l’occasion de vous en parler face à face. Quand nous pensons à Dieu, que sommes-nous!

« Le peuple dit que Dieu est favorable à nous , les saints, — saints méprisés et moqués ! Que nos ennemis continuent leurs sarcasmes ! Plût à Dieu que nous fussions tous des saints.

« Saints, si l’on veut, mais non moutons ou agneaux; il faut que nous soyons nourris. Nous avons notre pain quotidien , et nous l’aurons en dépit de tous nos ennemis. Il y en a suffisamment dans la maison de notre Père, et c’est lui qui le distribue. Je crois que par ces

grâces extérieures, comme on les appelle, par ces victoires , par ces signes des volontés de Dieu , la foi, la patience, l’amour et l’espérance sont exercées et perfectionnées , — alors notre Christ naît, grandit et devient un homme parfait dans nous. Je ne sais pas bien comment indiquer une distinction importante : la différence n’est que dans le sujet non dans l’objet; chez un homme du monde le succès est un accident

et reste à l’extérieur; — chez un saint — mais je

ne veux pas discuter.

« Milord , je me réjouis du bonheur personnel qui vous est arrivé 1 . J’espère que c’en est un pour vous. S’il en est ainsi, je ne vous contredirai pas ; vous n’emploierez ni trames ni ruses pour assurer la grandeur du jeune baron. Vous direz : « Il appartient à Dieu qui « en disposera et le guidera , » — et vous le remettrez entre ses mains.

« Mes hommages à la chère jeune lady, plus précieuse à mes yeux que l’enfant. Que le Seigneur vous bénisse l’un et l’autre. Mes amitiés et mes politesses à tous nos amis grands et petits, et, si vous voulez, à milord et milady Mulgrave ainsi qu’à Will Bill.

« Je suis sincèrement

« Votre ami fidèle et humble serviteur ,

4 La naissanee d'un fila.

UVRB 11, CHAPITRE VI.

Au beau milieu de ces pensées mystiques, il continue sa route et force toutes les places de se rendre.

Pour le gouverneur de Berwick, ces lettres.

« Alnwick, 16 septembre 1648.

« Monsiedr ,

« Étant si près de vous, j’ai jugé convenable de demander que la ville de Berwick fût remise entre mes mains pour le service du parlement et du royaume d’Angleterre à qui elle appartient de droit.

« Il n’est pas nécessaire d’employer des arguments pour vous prouver la justice de ce droit. Le témoignage que Dieu a porté contre votre armée , dans son invasion cçntre ceux qui désiraient rester en paix auprès de vous , démontre clairement son déplaisir de l’injure faite à une nation qui ne vous voulait pas de mal , mais qui a toujours été désireuse de conserver amitié et affection fraternelle et bon accord avec vous.

« Si vous me refusez ceci, nous serons forcés de faire un second appel à Dieu , de nous remettre entre ses mains en nous efforçant de faire valoir nos droits, et qu’il soit juge entre nous. Et si notre but n’est pas tel que nous le professons, il se vengera; si de nouveaux troubles sont la suite de votre re-

fus , nous avons la confiance qu’il fera voir notre innocence.

« J’attends aujourd’hui votre réponse à cette sommation , et je demeure « Votre serviteur ,

A l’honorable William Lenthall, speaker de la chambre des communes, ces lettres.

« Berwick, 24 octobre 1648.

« Monsieur ,

« J’ai dit précédemment au comité siégeant à Derby- House , jusqu’où j’avais poussé vos affaires eu égard aux ordres que j’en avais reçu; à savoir que j’ai envoyé un détachement de cavalerie avec une sommation à Berwick et une lettre au comité des États, lequel je supposais être composé du comte de Lanark et ses collègues ; de plus, une lettre amicale et affectueuse au marquis d’Àrgyle et au parti bien pensant d’Édimbourg et des environs ; — ainsi qu’une lettre de créance au colonel Bright et à M. William Rowe, pour leur faire connaître à quel sujet et avec quelles intentions nous sommes venus dans leur royaume ; — je vous ai dit comme quoi , en même temps , le marquis

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