LIVRE II, CHAPITRE VIII. 1(Î
« Ne vous offensez pas de la manière avec laquelle Dieu agit; peut-être n’en restait-il pas d’autre. Qu’estce si Dieu a accepté leur zèle , de môme qu’il fit celui de Phinéhas , lequel la raison aurait pu traduire devant un jury? Qu’est-ce si le Seigneur a témoigné qu’il approuvait et acceptait ce zèle, — s’il l’a prouvé non-seulement par des actes extérieurs, mais encore dans les cœurs d’hommes justes? Qu’est-ce si je crains que mon ami n’éloigne son épaule de l’œuvre du Seigneur, — oh ! il est déplorable de faire cela — pour des arguties , pour des raisonnements faux et erronés î
« Chez vous il y a difficulté , il y a embarras ; chez moi, il y a sûreté , contentement, sagesse : chez vous, doute, obscurité; — ce qui est véritablement une objection; — chez moi, satisfaction. Satisfaction!
Nous devrions penser à cela d’abord , abstraction faite des autres considérations, lesquelles faussent souvent notre esprit, quand elles ne le corrompent pas. Considérations qui élèvent souvent des brouillards dans la voie où nous devrions marcher, et nous appelons cela ténèbres ou « mécontentement. » Oh, nos cœurs mensongers ! oh , ce monde flatteur ! Combien il est grand d’être le serviteur du Seigneur dans l’ouvrage
le plus dur (je ne croyais pas de beaucoup en
avoir écrit jusqu’à tourner la page : mon amitié ne veut pas me laisser finir ; vous m’avez souvent excité
à pareille chose). A tous hasards, Son Père 1 est
bien au-dessus du monde ! Il nous rend capables de dire cela avec vérité ; nous ne le pouvons pas de nousmêmes. Combien il nous est difficile de nous raisonner nous-mêmes jusqu’à la hauteur du service du Seigneur, tout honorable qu’il soit; combien il est aisé de nous décourager là où la chair a tant de priss î —
« Vous avez été prié de marcher avec nous ; je le désire toujours. Cependant nous ne sommes pas triomphants; — autant que la faible chair est capable d’en juger, il se peut que nous souffrions par suite de tout ceci : que le Seigneur nous prépare à subir son bon plaisir ! Vous étiez avec nous dans la réalité intime des choses ; pourquoi non dans la forme? Je suis persuadé que votre cœur soupire ardemment pour vos pauvres amis , et qu’il continuera de soupirer jusqu’à ce que vous en trouviez d’autres avec lesquels vous puissiez vous lier : — je l’espère, quoique nous soyons méprisables en nous-mêmes , le Seigneur ne permettra pas que vous nous quittiez !
« Présentez mes devoirs respectueux à votre chère petite lady : je désire que vous ne fassiez pas d’elle , en cette affaire , une plus grande cause de tentation qu’elle ne l’est ! Défiez-vous de tous les biens de famille. Les bonheurs que le ciel nous accorde ne doi-
* Dieu.le Père.