LIVRE II, CHAPITRE IX
Buckingham, et en faisant l’orgie avec Wilmot. Cependant l’Écosse s’arme pour lui , et Cromwell se remet en marche.
Arrivé à Edimbourg , il reçoit de l’université d’Oxford le titre de chancelier, qu’il n’accepte ni ne refuse : voici la lettre singulièrement politique qu’il adresse au vice-chancelier :
Au révérend docteur Greenwood, vice-chancelier de l’université d’Oxford, et aux autres membres de la convocation.
« Edimbourg , 4 février 1G50.
« Honorés Messieurs,
« J’ai reçu par les mains des dignes membres de votre université , envoyés par vous en Écosse , un témoignage de très-haute estime et d’honneur, le choix que vous faites de moi pour être votre chancelier. Cela demande une expression plus complète de profonde gratitude , d’appiréciation et de remercîments que je ne suis capable de le faire en aucune manière. Permettez-moi seulement quelques observations dans votre intérêt et dans le mien propre. Je confesse qu’il était de votre droit d’élire , et il y aurait peu de candeur de ma part à blâmer votre action ; seulement (quoique un peu tard), laissez-moi vous démontrer par quelques faits très-évidents mon incapacité pour rem-
plir convenablement les obligations et les devoirs d’une si grande charge.
« Je suppose que , dans de telles élections , il n’est pas question seulement de la capacité et de la force de vous servir, mais de la possibilité quant aux opportunités de temps et de lieu. Comme les premières conditions ne peuvent pas raisonnablement m’être attribuées , il est convenable que je vous représente l’absence.des autres. Vous savez où la Providence m’a placé pour le présent, et l’emploi que j’aurais à remplir si le présent cessait. — Je serais forcé de résider , pendant un certain temps à venir , fixé par le parlement , dans un autre pays qui éloignerait de moi autant que celui-ci la possibilité de vous servir. L’estime et l’honneur notoirement attachés à cette charge sont tels , que je ferais outrage à votre faveur ainsi qu’à l’usage que vous avez fait de votre liberté d’élection , si par une prétendue modestie ou par un procédé peu courtois , je faisais des difficultés pour l’accepter. Seulement, j’espère que l’on ne m’imputera pas à négligence envers vous , si je ne puis vous servir aussi grandement que je le désire.
« Je vous soumets ces objections avec toute franchise et toute clarté, pour vous laisser entièrement libres de faire un meilleur choix, dans le cas où vous les trouveriez raisonnables , et je ne m’en estimerai pas moins obligé de rendre à l’université tous bons services en