LIVRE II, CHAPITRE IX
soyez convaincu et reconnaissant, remplissant tous vos devoirs pour la gloire de Dieu. Recherchez constamment le Seigneur et sa divine présence : — que ce soit la grande affaire de votre vie , et que là soit toute votre force ; que toutes choses y soient soumises et dirigées vers ce but ! Vous ne pouvez trouver ni contempler la face de Dieu que dans Jésus-Christ; efforcez-vous donc de connaître Dieu dans le Christ , lequel les Écritures annoncent être la somme de tout, même de la vie éternelle. Parce que sa connaissance n’est pas littérale ou spéculative : non , elle est intérieure ; elle transforme l’esprit divinement. Le connaître , c’est s’unir et participer à la nature divine (Seconde lettre de saint Pierre; chap. i, v. 4) : « Afin « que par ces choses vous participiez à la nature di- « vine. .. . etc.» Combien peu les Écritures sont connues parmi nous ! Mes faibles prières sont à votre intention.
« Gardez que votre esprit soit vain et inactif! Nourrissez-le par la lecture de l’histoire de sir Walter Raleigh ; c’est une histoire substantielle et solide : elle nourrira plus votre intelligence que des fragments d’histoire. — Efforcez-vous de comprendre l’État que j’ai fondé : c’est votre affaire de le connaître en tous points, ainsi que les bases sur lesquelles il repose. Jusqu’à présent j’ai beaucoup souffert en me fiant trop aux autres. Je sais que mon frère Mayor vous sera d’une grande utilité dans tout ceci.
« Vous penserez peut-être qu’il est inutile que je vous recommande d’aimer votre femme 1 Que le Seigneur vous en enseigne la manière; autrement vous ne le ferez pas saintement. Quoique le mariage ne soit pas un sacrement institué , cependant quand le lit et l’amour sont purs, cette union est justement comparée à celle de Jésus-Christ avec son Église et avec toutes les pauvres âmes qu’elle renferme , — lui qui « s’est donné » à elle et pour elle ! Faites mes ami-
tiés à votre femme ; dites-lui que je l’aime de toute ma tendresse et que je me réjouis de la bonté du Seigneur envers elle. Je désire qu’elle soit féconde de toutes les manières. Je la remercie de sa bonne et tendre lettre.
« J’ai fait mes amitiés à ma sœur et à ma cousine Anna, etc , dans ma lettre à mon frère Mayor. Je ne voudrais pas qu’il se gênât dans ses affaires pour ce qu’il me doit. Je désire qu’il regarde ma bourse comme la sienne. Mon intention pour le présent n’est que de placer cette somme pour mes deux petites-filles ; — elle est aussi bien dans ses mains que partout ailleurs. Je ne ferai aucune difficulté pour l’obliger selon ses désirs ; je ne veux pas qu’il se donne de l’inquiétude. — Dick , que le Seigneur vous bénisse de toutes les façons. Je suis toujours « Votre père affectionné ,