LIVRE II, CHAPITRE IX
Peu de temps se passe ; on le retrouve à Edimbourg ; et tout calviniste qu’il soit , ce fermier peu lettré , qui se sent roi et chargé de surveiller la civilisation de son État, pense à fonder une école de littérature à Durham ; il rédige donc fort mal et sans grammaire cette épître consacrée à une fondation littéraire :
Au justement honorable William Lenthall, écuyer, speaker du parlement de la république d'Angleterre, cette lettre.
« Édimbourg, 11 mars 1650.
« Monsieur ,
« Ayant été informé par le maire et les citoyens de Durham et par quelques personnes des comtés du nord, que sur leur pétition au parlement, « à l’effet « que les bâtiments du doyen et du chapitre de la cité « de Durham puissent être convertis en un collège ou « école de littérature , » il a plu au parlement en mai dernier de renvoyer l’affaire au comité chargé d’aplanir les obstacles à la vente des terres du doyen et du chapitre « pour étudier la question et en donner « son opinion dans un rapport à la chambre; » — je suis également informé que ledit comité a fort approuvé l’affaire; et qu’il est d’opinion que lesdites maisons seront convenables pour y former un collège ou école pour toutes les sciences et la littérature , et
que ce sera une œuvre pieuse et louable et d’une grande utilité pour les provinces du nord ; et qu’il a ordonné à sir Arthur Hazlerig de faire à la chambre un rapport à cet effet : et lesdits citoyens et gentlemen m’ayant prié de les aider de mon assistance dans cette affaire 1 ....
« Ce à quoi , dans une œuvre si pieuse et si bonne, je ne pouvais que concourir de volonté et de cœur. Et ne connaissant rien en quoi je puisse mieux les servir ou répondre à leurs désirs , qu’en recommandant cette pétition au parlement en la personne de vous , monsieur, son speaker, — je fais , conséquemment , mon humble et instante requête que la chambre soit mue , aussi promptement que faire se pourra, à entendre le rapport dudit comité concernant ladite affaire , par l’organe de sir Arthur Hazlerig ; qu’ainsi , la chambre prenant la chose en considération, elle puisse faire, à ce sujet, ce qui paraîtra convenable pour le bien de ces pauvres pays.
« Véritablement cela me parait un sujet d’un grand intérêt et d’une haute importance, comme pouvant, par la bénédiction de Dieu , contribuer à l’avancement de la science et de la piété dans ces pays pauvres , grossiers et ignorants ; il y a en outre plusieurs avantages qui militent pour cet emplacement, comme
1 La phrase, comme à l’ordinaire, reste suspendue.