LIVRE II, CHAPITRE X
à nous à cet égard. — Le beurre et le fromage sont les articles les plus nécessaires, entre nos vivres.
« Il nous a fallu payer les soldats au moment de les faire entrer dans le Fifeshire, ce qui a beaucoup épuisé le trésor malgré le désir que nous avons de le ménager autant que nous le pouvons. Le moment étant venu d’agir, nous prions Votre Seigneurie d’avoir soin que de l’argent nous soit expédié avec toute la promptitude possible, ainsi que les autres objets ci-dessus mentionnés, vos affaires réclamant ces choses avec une grande rigueur.
« Le château d’Inchgarvie qui est sur la rivière, presque à égale distance entre le gué du nord et celui du sud, nommé vulgairement gué de la Reine , — s’est rendu à nous jeudi dernier. La garnison est sortie n’emportant que ses épées et ses bagages, et nous laissant seize canons et toutes ses autres armes et ses munitions. Je demeure,
« Milord,
« De votre seigneurie le très-humble serviteur,
La bataille de Worcester met le dernier sceau à cette série de victoires chèrement achetées, et l’Écosse comme l’Irlande , est enfin réduite.
Enfin il se remet en route pour Londres et s’arrête à Stratford-sur-Avon , où Shakspeare est mort il v a
trente ans. Ce qui lui cause le plus de souci, c’est l'opinion et l’hostilité de ce groupe de métaphysiciens, de penseurs et d’esprits subtils, au milieu desquels se trouve son ami lord Wharton. Ils sont pour lui ce que les idéologues ont été pour Napoléon Bonaparte. Aussi prend-il encore la plume pour supplier Wharton de ne pas raffiner sur la religion et le gouvernement, et de se rattacher tout bonnement à son pouvoir.
Pour mon révéré lord, Wharton, cette lettre.
« Slralford-sur-l’Avon , 27 août 1651.
« Milord,
« Je sais que j’écris à mon ami. — Permettez-moi donc de m’exprimer hardiment.
« Je le dis du fond de mon cœur : Votre Seigneurie, Dick (Richard) Norton, Tom Westrow et Robert Hammond, sans en avoir l’intention, vous vous êtes aidés les uns les autres à trébucher dans la voie du Seigneur, et à force d’arguties vous désertez sa cause.
« Maintenant encore, vous avez l’occasion de vous associer à son peuple et à ses œuvres et de manifester votre désir et votre volonté de servir le Seigneur contre ses ennemis et ceux de son peuple. Si vous voulez être bénis parmi les élus de Sion , voir le bonheur de son peuple et vous réjouir entre ses héri-