‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 181 sur 257 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Situation du parlement et de l’armée. — Lettres de Cromwell. — 11 continue d’exercer son influence sur les universités.

Après la bataille de Worcester, le calvinisme vainqueur se divisait encore en deux fractions : les hommes de guerre puritains, Cromwell à leur tête ; les hommes de loi , ayant derrière eux les presbytériens et le parlement.

Le long parlement siégeait toujours. Le vainqueur de Dunbar, de Worcester, de Trédah , c’est-à-dire

l’âme puritaine de l’Angleterre , le calvinisme incarné , se trouvait donc en face d’une centaine de parlementaires , qui ne manquaient pas de bravoure , de sagacité ni de talent. Pendant que la destinée s’agitait sur le champ de bataille , ces parlementaires avaient administré avec vigueur, et l’opinion populaire avait pour eux du respect ; c’étaient les premiers commis de l’État.

Cependant leurs qualités mêmes n’avaient rien de royal, de dominant et de souverain. Godwin le philosophe ‘, et récemment M. Forster *, les ont trop vantés. Nul d’entre eux ne s’élevait à la hauteur de Cromwell, — ni le pesant Bulstrode , armé d’arguties pédantesques , heureux de sa gravité magistrale et de sa robe de juge; — ni le vieux avocat Saint- John , « au nez crochu , à la phrase tortue , » fanatique sombre et avare dans sa vieillesse ; — ni le métaphysicien Vane , constructeur de nuages, et portant dans la vie réelle cet amour des abstractions , cette active subtilité d’intelligence qui embarrasse la vie pratique au lieu de la servir ; — ni le plus brillant et le plus puissant d’entre eux , Henri Marten , qui , plaisant à tous et même se faisant craindre , ne pouvait diriger personne ou se faire obéir, faute de di-

1 Histoire de la République d’Angleterre.

’ Hommes d'Êtat de la République.

Page 1