‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 183 sur 257 · LIVRE III, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE I

moi, monsieur, j’éprouve une grande honte qu’il puisse exister l’ombre de l’apparence que pareille chose soit arrivée ; et rien ne peut me satisfaire si ce n’est la franchise de cette justification, et je vous l’offre avec sincérité. Quoique la Providence n’ait pas disposé les choses (en d’autres matières) à notre satisfaction mutuelle , cependant je vous suis obligé de la cordialité avec laquelle vous m’avez fait cette ouverture , et j’espère que, tant que je vivrai, je pourrai saisir toutes les occasions de prouver à vous et à votre famille que je suis

« Votre très-affectionné et très-humble serviteur,

« Ma femme et moi vous prions de présenter nos devoirs à votre femme et à votre famille. »

Celle-ci, adressée à son gendre Fleetwood, est mystique et tendre jusqu’à l’onction. Cromwell prêche l’amour ; — Dieu qui est tout amour ; — et la fusion complète de l’âme en.Dieu. Pourquoi l’accuserions-nous d’hypocrisie ? Ne pensait-il, ne s’exprimait-il pas de même quand il élevait ses bestiaux sur les bords de la triste rivière d’Ouse?

Pour le très-honorable lieutenant-général Fleetwood, commandant en chef des forces en Irlande, ces lettres.

« Cockpit, 1652.

« Mon cher Charles,

« Je vous remercie de votre lettre amicale. Quand vous êtes entré dans ma famille , mes espérances et mes désirs à votre sujet ressemblaient beaucoup à ceux que vous exprimez à mon égard. Cependant le Seigneur a disposé pour le présent les choses d’une manière différente ; mon désir est de m’y soumettre ; — et je ne suis pas sans espoir qu’il pourra convenir à son bon plaisir de nous accorder la consolation mutuelle de nos rapports de famille : il peut nous dédommager amplement de cette privation par sa présence, laquelle véritablement répare tous les maux et est le reconfort de tous les reconforts , le bonheur de tous les bonheurs.

« Embrassez votre chère femme de ma part. Recommandez-lui de bien se garder d’avoir le cœur servile. Un semblable cœur produit naturellement la Crainte, — l’antidote en est l’Amour. Le langage de la crainte est : « Si j’avais fait ceci, si j’avais évité cela, « combien cela aurait été heureux pour moi ! » — Je sais que tel a été son vain raisonnement :... pauvre Biddy (Élisabeth) !

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