‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 189 sur 257 · LIVRE III, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE II

Le parlement Barebone, comme l’histoire l’a nommé par mépris, s’assemble, et ne dure que cinq mois. In- * capable de s’accorder, fatigué d’une situation inférieure que domine la volonté de Cromwell , ce parlement se détruit lui-méme et demande un roi à grands cris.

Au milieu de ces mouvements et de cette grandeur, Cromwell ne manque pas de tristesse. La lettre suivante adressée à Fleetwood le témoigne assez :

Pour le très-honorable lieutenant général Fleetwood , commandant en chef des forces en friande, ces lettres.

«Cockpit, 22 août 1853.

« Mon cher Charles ,

« Quoique je ne vous donne pas de mes nouvelles aussi souvent que je le voudrais , cependant je ne doute pas de vos prières à mon intention, afin que je marche en toutes choses comme il convient à l’Évangile.

« Véritablement, jamais autant qu’à présent je n’ai eu besoin de tous les secours de mes amis chrétiens 1 Je voudrais de tout mon cœur que mes services fussent acceptés des saints, si c’est la volonté du Seigneur; — mais il n’en est pas ainsi. Formant des jugements différents, et ceux de chaque opinion cherchant à faire

adopter la leur par-dessus tout, cet esprit de douceur envers eux tous qui est en moi est à peine accueilli par aucun d’eux. Je pense pouvoir le dire avec vérité, ma vie a été un sacrifice volontaire , et , je l’espère , — un sacrifice pour lotis. Cependant il est loin de produire son effet; — lorsque les deux Hébreux furent blâmés, vous savez sur qui ils tournèrent leur déplaisir !

« Mais le Seigneur est sage; et j’ai la confiance qu’il rendra évident que je ne suis pas un ennemi. Oh! combien il est facile d’abuser de la clémence ! — Persuadez aux amis qui sont auprès de vous d’être trèsmodérés! Si le jour du Seigneur est aussi proche que le disent quelques-uns, combien notre modération doit éclater ! Si chacun , au lieu de discuter, voulait appuyer son jugement par l’amour et par la douceur, la sagesse serait «justifiée par ses enfants.» Mais, hélas!

« Dans ma tristesse , je suis prêt à dire, « Oh ! que « n’ai-je des ailes comme une tourterelle, alors, alors je « m’envolerais! » etc . 1 Mais, je le crains, c’est une condamnable impatience. Je bénis le Seigneur de ce que j’ai quelque chose qui m’attache à la vie, — quelques lueurs de sa présence et quelque chose de supérieur au jugement de l’homme. Excusez -moi de vous découvrir

* Psaume lv, v. B, 7, 8.

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