‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 198 sur 257 · LIVRE III, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE III

nécessaire? Non. C’est ce qu’il leur dit d’une façon verte , brutale et très-peu oratoire :

« Je ne me suis point appelé à cette place. Je le répète , je ne me suis point appelé à cette place ! De cela Dieu m’est témoin , — et j’ai beaucoup de témoins qui , je le crois , offriraient leur vie en portant témoignage de cela. Non , je ne me suis point appelé à cette place ! et , si j’y suis , ce n’est pas moi seul qui porte témoignage pour moi-même ou pour mon office ; c’est Dieu , c’est le peuple de ces nations qui portent témoignage pour mon office et pour moi. Dieu qui m’y a appelé , le peuple qui porte témoignage pour moi, — Dieu et le peuple — me Téteront, autrement je ne le quitterai pas ! Je serais infidèle au dépôt que Dieu m’a confié et à l’intérêt du peuple si je le quittais.

« Que je ne me suis point appelé moi-même à cette place, voilà ma première assertion.

« Que je ne porte pas témoignage pour moi-même, mais que j’ai beaucoup de témoins, voilà ma seconde. Je vais prendre la liberté de vous parler au long de ces deux choses. — Pour rendre mes assertions plus claires et plus intelligibles , permettez-moi de remonter un peu en arrière.

« J’étais gentilhomme de naissance , ne vivant ni dans une grande splendeur ni dans l’obscurité. La nation me confia plusieurs emplois et m’appela à la ser-

vir dans le parlement et ailleurs. — Sans entrer dans d’autres détails , — je me suis efforcé de remplir, dans ces services , le devoir d’un honnête homme envers Dieu , envers son peuple et envers la chose publique ( commonwealth ). J’ai reçu à cette époque une approbation suffisante du peuple; j’ai conquis une certaine estime dans les cœurs des hommes, et j’en ai quelques preuves. Je ne veux pas raconter toutes les époques, les circonstances et les occasions qui, par la volonté de Dieu , m’ont permis d’être utile , ni la présence et les bénédictions de Dieu qui en ont porté témoignage.

« Ayant en quelques occasions , et avec l’aide de mes frères et compatriotes , mis une heureuse fin à vos guerres violentes et à vos débats opiniâtres, ayant combattu l’ennemi commun, j’espérais, dans la vie privée, recueillir avec mes frères les fruits et les compensations de nos fatigues et de nos dangers , à savoir, jouir de la paix et de la liberté et des privilèges d’un chrétien et

d’un homme à peu près sur le pied d’égalité avec les

autres , selon ce qu’il plairait à Dieu de me dispenser. Quand, dis-je, Dieu mit fin à nos guerres, ou du moins les amena à une issue qui faisait espérer d’en voir bientôt la fin , — après le combat de Worcester, — je me rendis à Londres pour rendre mes hommages et mes devoirs au parlement alors assemblé, espérant que tous les esprits seraient disposés à faire ce qui sem-

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