‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 205 sur 257 · LITRE III, CHAPITRB IV · texte numérisé non relu

LITRE III, CHAPITRB IV

battre la révolte , l’anarchie et de trop justes rancunes. Le Protecteur lui écrivit :

Pour mon fils Henri Cromwell à Dublin , Irlande.

« Whilehall, $1 novembre 1655.

« Mon fils,

« J’ai lu votre lettre adressée à M. le secrétaire Thurloe, et j’y vois la conduite de quelques personnes qui sont auprès de vous , tant vis-à-vis de vous-même que dans les affaires publiques.

« Je suis persuadé qu’il peut y avoir quelques personnes qui ne sont pas très-satisfaites du présent état de choses, et qui saisissent volontiers les occasions de manifester leur mécontentement ; mais cela ne devrait pas faire trop d’impression sur vous. Le temps et la patience peuvent les conduire à une meilleure disposition d’esprit , et les amener à reconnaître ce qui pour le présent semble leur être caché , particulièrement s’ils voient votre modération et votre amour, eux qui se trouvent dans des sentiments inverses à votre égard. Je vous engage sérieusement à vous appliquer à cela ; faites tous les efforts qui sont en vous. Vous et moi , nous recueillerons le fruit de votre manière d’agir, quels qu’en soient l’issue et l’événement.

« Quant au secours que vous demandez, il y a longtemps que j’y pense , et je ne manquerai pas de vous

envoyer un nouveau renfort au conseil , aussitôt qu’il pourra se trouver des hommes qui conviendront à ce poste. Je pense aussi à vous envoyer une personne capable de commander le nord de l’Irlande, pays qui, je le crois , en a grand besoin ; je crois comme vous que Trevor et le colonel Mervin sont des hommes trèsdangereux , et qui pourraient devenir les chefs d’une nouvelle rébellion. C’est pourquoi je vous engage à changer le siège du conseil , afin qu’il soit à l’abri dans quelque localité sûre ; plus loin ces hommes seront loin de leur propre localité, mieux cela vaudra.

« Je vous recommande au Seigneur et suis votre père affectionné,

« Olivier P. »

Patience , modération , fermeté, tolérance , et aussi vigilance et prévoyance , voilà ce que le Protecteur recommande à son fils; il prêche d’exemple.

Il amnistie tous ceux qu’il peut sauver sans péril pour lui-même et le pays. Un charmant poète , que le capitaine Hayne lui amena, Cleveland, celui qui avait composé tant de vers satiriques contre les puritains et Cromwell lui-même , esprit brillant et ingénieux , le Tyrtée de son parti , lui dut la vie. Une petite édition de ses œuvres (la vingtième), que j’ai sous les yeux , a roulé sans doute dans la poche de quelque cavalier, du champ de bataille à la taverne,

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