‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 211 sur 257 · LIVRE III, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE V

— « J’ai peine à vous parler de certaines idées purement séraphiques. Ce sont des imaginations bien pauvres et de bien peu de prix ! »

Et il continue, écrasant, broyant tout sur sa route , démontrant d’une manière irréfragable que le calvinisme du Nord veut un guide et que l’Angleterre doit être ce guide. Les idées de Cromwell, idées d’une très-haute et très-juste politique , se répandent comme un torrent dans son discours , sans ordre et sans grammaire, quelquefois avec embarras, mais avec éloquence.

Toutefois il épure ses communes , et ne laisse siéger au parlement que trois cents et quelques membres sur quatre cents qui ont été nommés.

Cette élimination arbitraire et illégale n’excite pas le moindre murmure dans le peuple , qui voit trentehuit chariots, pleins de l’argent que Blake a pris aux Espagnols , suivre triomphalement la route de Portsmouth à Londres , parcourir les rues encore assez mal pavées de la capitale , et verser enfin leur prise dans les caveaux de la Tour. Les majors généraux , qui commençaient à exercer sur les royalistes des exactions insupportables, sont rappelés; le Protecteur est plus solide sur son trône qu’auparavant.

Deux ou trois assassinats ou tentatives d’assassinat ne l’ébranlent pas; tout au contraire. Aux yeux du bourgeois calviniste , et même du cavalier épouvanté,

le seul roi -modèle, le roi nécessaire c’est le Protecteur.

Le parlement soumis à l’illégal triage du maître devient enfin docile , aimable et prévenant.

Seulement, nous allons voir ces trois cents personnes , pour s’occuper de quelque chose , s’amuser pendant trois mois et demi à juger un quaker , un pauvre fou nommé Nayler, qui croit être une incarnation du Christ.

Page 1