‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 213 sur 257 · LIVRE III, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VI

A notre très-amê et féal sir Thomas Widdrington ,

. speaker ( président ) du parlement , pour communiquer au parlement.

« Très-amé et très-féal ,

« Nous , de notre part , salut.

« Ayant remarqué un jugement rendu par vous ( le parlement ) contre un certain James Nayler : quoique nous détestions et abhorrions l’idée d’accorder ou faire accorder la moindre protection à des personnes qui ont de telles opinions et de telles pratiques, ou qui sont sous le poids des crimes généralement imputés à cette personne ; néanmoins , nous , à qui le

présent gouvernement est confié dans l’intérêt du

peuple de ces nations, ne sachant pas jusqu’où pourraient s’étendre les conséquences d’une procédure entreprise entièrement sans notre aveu, — nous désirons que la chambre nous fasse connaître d’après quels principes et quelles raisons elle a procédé.

« Donné à Whitehall, le 25 décembre 1650. «

Le pauvre parlement demanda très -humblement pardon et ne jugea plus de quakers.

Ce n’était point d’ailleurs une œuvre aisée , même pour Cromwell , de contenir, d’étoutfer ou de répri-

mer les saillies mystiques du puritanisme, et de condamner au repos ou à la règle l’élément ardent, l’élément vital et constitutif de la nouvelle société bri- • tannique. Ce principe de l’examen individuel , qui avait renversé la hiérarchie papale , continuait de s’agiter et faisait éruption de mille manières extravagantes. Tout homme qui priait croyait posséder l’esprit saint , et ses actions , quelles qu’elles fussent , se trouvaient justifiées. Telle est l’origine du quakerisme , secte de paix bercée d’abord dans les persécutions et foulée aux pieds de tous. On vit un nommé John Davy, surnommé Theauro John , c’est-à-dire Jean- SoufJle-dc-Dieu, entrer dans la chambre des communes l’épée nue , frapper d’estoc et de taille , et s’écrier : — « Que faites-vous là? Dieu le défend! »

Un fou plus pacifique et plus doux, le cordonnier George Fox , se soumit aux inspirations secrètes de Dieu qui se manifesta d’une façon moins violente. Dieu lui ordonne de se faire une culotte de peau , et il la fait, — de s’en revêtir, et il obéit, — de s’en aller prêcher, une Bible sous le bras, l’inspiration divine et la nécessité de suivre aveuglément l’instinct , il cède à cette injonction suprême.

Indépendant de tout le genre humain , Fox quitte donc sa boutique , et descend lentement la jolie vallée de Bever ou Belvoir, « où l’éternel firmament . dit Fox , couvre et protège de pauvres toits de chaume ,

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