LIVRE 111, CHAPITRE VII
constituer le parlement Barebone : Mazarin avait fait les avances auprès du chef calviniste. Voici la première réponse de Cromwell , écrite en français :
A Son Éminence monsieur le cardinal Mazarin.
« De Westminster, ce 9-19 juin 1653.
« Monsieur ,
« J’ai été surpris de voir que Votre Éminence ait voulu penser à une personne si peu considérable que moi , vivant en quelque façon retiré du monde. Cet honneur a fait avec juste raison une si forte impression sur moi , que je me sens obligé de servir Votre Éminence en toutes occasions ; et comme je m’estimerai heureux de les pouvoir rencontrer, j’espère que M. de Bourdeaux en facilitera les moyens à celui qui est
« Monsieur,
«De Votre Éminence,
« Le très-humble serviteur,
Ces relations continuèrent ; en voici des traces assez intéressantes :
A Son Éminence monsieur le cardinal Mazarin.
« Whitehall , 26 janvier 1654.
« Monseigneur ,
« Monsieur de Baas m’a remis la lettre que vous avez daigné m’écrire; il m’a aussi communiqué de vive voix les expressions de votre affection particulière et de vos bonnes dispositions envers moi ; il m’a expliqué les affaires de la France comme elle est maintenant constituée. J’estime cela un grand honneur et je me tiens obligé , lorsque ce gentilhomme retourne auprès de vous , d’envoyer à Votre Éminence mes remereîments de cette faveur signalée ; je saisirai toutes les occasions de prouver par des faits combien j’y suis sensible, et je serai toujours prêt à exprimer la haute estime que je fais de votre personne et de votre mérite , lorsque vos affaires et vos intérêts le réclameront de
« Votre ami très-affectionné pour vous servir,
« Olivier, P. »
Il paraît que Mazarin employait ce M. de Baas à deux usages : à séduire Cromwell et à comploter contre lui. On va voir que Mazarin avait affaire à très-forte partie :