‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 220 sur 257 · LIVRE III, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VII

fondée dans le Seigneur, car je ne doute pas que , si l’on augmente cet éloignement* et que l’on entretienne ce désaccord , en choisissant avec précaution les personnes que l’on adjoindra à l’affaire , je ne doute pas que ce parti , déjà abandonné de Dieu quant à la dispensation extérieure des miséricordes et déjà odieux à ses compatriotes , ne s’avilisse finalement aux yeux du monde entier.

« Si j’ai occupé trop longtemps votre éminence par cette lettre, vous pouvez l’attribuer à la joie que j’éprouve de l’issue de cette affaire , et je conclurai en vous donnant l’assurance que je ne resterai jamais en arrière pour démontrer comme il convient à un frère et confédéré que je suis « Votre serviteur,

« Olivier , P. »

Il est assez probable que le cardinal espérait toujours attraper le puritain , et notre spirituel ministre avait assurément ce qu’il faut pour faire des dupes. La lourde rudesse de Cromwell paraissait devoir s’y prêter assez bien ; mais Mazarin se trompait.

Le 23 mars 1656, un traité fut signé, d’après lequel le roi de France fournissait vingt mille hommes, Cromwell dix mille et une flotte ; ces forces combi-

1 La brouille entre les deux frères et la division du parti royaliste, division que Mazarin fomentait, d’accord avec Cromwell.

nées devaient attaquer l’Espagne dans sa partie faible , en Flandre , prendre Gravelines , qui resterait à la France, Dunkerque et Mardyck, dont hériterait l’Angleterre, à laquelle de telles possessions littorales sont fort désirables. Les dix mille hommes de Cromwell débarquent à Boulogne, « en uniformes rouges tout neufs, dit un pamphlet; » le jeune Louis XIV va les passer en revue sur la côte , ce qui est assurément la seule revue de troupes anglaises qu’il ait jamait passée.

Cependant le cardinal, qui a peur de son ami Cromwell et que le traité conclu gêne beaucoup, l’élude , dirige l’armée sur Montmédy et Cambrai , et néglige ou fait semblant d’oublier Dunkerque et Mardyck, sur lesquels son confédéré avait l’œil très - ouvert. La cour et Mazarin se trouvent à Péronne ; Lockhart , homme d’esprit, ambassadeur de Cromwell, et qui se trouve près de Mazarin , reçoit coup sur coup les deux véhémentes lettres que voici, écrites lemêmejour par le Protecteur, tant ce dernier était de mauvaise humeur et avait envie de nous prendre Dunkerque.

A sir William Lockhart, notre ambassadeur en France.

« Whitehall, 31 août 1657.

« Monsieur,

« J’ai lu votre dernière lettre à M. le secrétaire,

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