‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 230 sur 257 · LIVRE III, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE IX

•< J’estime que le bien-être , que l’existence même de ces nations est à présent en danger. Si Dieu bénit cette assemblée , notre paix et notre tranquillité peuvent être prolongées; s’il en était autrement, — quand j’aurai parlé , je vous laisserai à considérer et à juger si, en ce qui concerne l’honneur, il y a simple possibilité pour nous de remplir le devoir qui pèse sur nous , d’assurer la préservation et le salut de ces nations ! Quand je vous aurai dit les choses qui se présentent à ma pensée , je les laisserai faire sur vos cœurs l’impression qu’il plaira à Dieu tout-puissant de produire.

« Je considère ceci comme le grand devoir de ma place, (je me considère) comme’ étant placé sur la tour de garde pour voir ce qui peut servir le bien public de ces nations et ce qui peut empêcher le mal ; je pense qu’ainsi , par les avis d’un conseil aussi sage et aussi grand que celui-ci , dans lequel est la vie et l’esprit de ces nations, ce bien pourrait humainement parlant être obtenu , et ce mal , quel qu’il soit, être évité.

« Je vous prie instamment de jeter les yeux sur vos affaires intérieures; voyez sur quel pied elles sont!

Je suis persuadé que vous êtes tous, j admets que

* La phrase de Cromwell n’est nullement grammaticale, comme on s’en aperçoit. Nous avons suppléé à cette lacune par les deux mots placés entre parenthèses.

vous êtes tous des hommes bons, honnêtes et dignes, et qu’il n’y a pas un homme parmi vous qui ne désire passer pour un bon patriote ; je sais que c’est votre désir,

« Nous sommes sujets à nous vanter quelquefois de ce que nous sommes Anglais , et certainement il n’y a pas de honte à l’être ; — mais c’est pour nous un motif d’agir en bons Anglais et de chercher le bien réel et l’intérêt de notre nation.

« Eh bien , je vous prie , où en sont les choses? — Je déclare que je ne sais pas trop par où commencer ni par où finir un pareil sujet , je n’en sais rien ; mais , je dois vous le dire , que l’on commence par où l’on voudra, on aura de la peine à se tirer de l’embarras que je vous signale. Nous sommes pleins de calamités et de divisions entre nous au sujet de l’esprit même qui doit animer les hommes, et cela n’a rien d’étonnant ; la chose est difficile ! Cependant , par une providence de Dieu , providence merveilleuse , admirable , et jamais suffisamment admirée , nous sommes encore en paix ! Et quels combats nous avons soutenus! et quels avantages nous avons remportés! — Oui , vraiment , nous qui sommes ici , nous sommes un étonnement pour le monde ; et considérant la manière dont nous sommes disposés ou plutôt indisposés , c’est le plus grand miracle qui soit jamais arrivé aux fils des hommes que nous soyons revenus

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