LIVRE III, CHAPITRE IX
à la paix. Quiconque essayera de la rompre , que Dieu tout-puissant déracine cet homme du sein de notre nation! et Dieu le fera, quelques prétextes que l’on prenne.
« Ceux qui brisent la paix envisagent-ils où ils nous poussent? Ils devraient y regarder. Celui qui ne considère pas la femme enceinte dans cette nation, les enfants à la mamelle qui ne connaissent pas leur main droite de leur main gauche ( et , autant que je sache , cette cité en est aussi pleine que l’on disait qu’était Ninive) ; celui qui ne considère pas ces êtres , et le fruit que porteront celles qui vivent et qu’il faut y ajouter ; celui qui ne considère pas ces choses doit avoir le cœur d’un Caïn marqué de Dieu et fait ennemi de tous les hommes ses ennemis ! Oui , la colère et la justice de Dieu poursuivront un tel homme jusqu’au tombeau, sinon jusqu’à l’enfer.... la paix donc , gentilshommes et amis , la Paix ! »
Personne ne bougea plus , pas même les anciens officiers de Cromwell, ceux qu’on nommait les grandees, et dont chacun aurait bien voulu remplacer Cromwell.
De ces anciens majors généraux et maréchaux du calvinisme Cromwell fait autant de lords et constitue sa chambre des pairs ; il donne ainsi l’exemple d’une pairie populaire et de l’assimilation patriotique des
hommes qui servent l’État et de l’aristocratie dont les aïeux l’ont défendu par le glaive.
La première session du parlement se termine assez bien; on se sépare en bonne amitié ; la seconde commence mal pour Olivier. Il sait que des complots se trament et que le Parlement est mal disposé ; il n’hésite pas à faire venir les membres à Whitehall , et les casse. « S’ils eussent siégé deux ou trois jours de plus, dit Samuel Hartlib dans une lettre, une conspiration royaliste éclatait, et Londres était à feu et à sang. »