CHAPITRE X
Cromwell et Milton réclament en faveur des Calvinistes et des Protestants opprimés. — Massacre des Vaudois.
J’ai dit que Cromwell représentait et dirigeait le calvinisme de toute l’Europe ou plutôt du monde entier.
Sa main protectrice s’étendait sur les puritains des colonies américaines, le Piémont, sur l’Allemagne, la Suisse et le pays de Yaud. Pendant que l’Espagne et la Savoie essayaient d’étouffer dans leur propre sein les derniers germes de l’hérésie , la populace fanatique de Londres lapidait les papistes et donnait l’hospitalité aux protestants persécutés de tous les pays. A Madrid on brûlait les calvinistes ; à Edimbourg on pendait les moines. Cette violente situation de l’Europe partagée en deux camps n’a changé qu’au xvnr siècle.
Lorsqu’on apprit le massacre des Yaudois, toutes les populations protestantes et septentrionales frémirent de douleur et de colère; Milton écrivit quelques-uns de ses vers les plus pathétiques : O Lieu !
s’écria-t-il , protège tes enfants dont le sang baigne leurs paisibles vallées !
Prenant la plume sous les yeux et sous la dictée de Cromwell , le même Milton rédigea, en faveur des Vaudois , la protestation dont nous donnons le texte latin :
Serenissinio potentissimoque principi , Ludovico Galliarum régi.
« SERENISSIME POTENT1SS1 MEQUE REX, AMICE AC FOEDERATE « AUGÜSTISSIME ,
« Memipisse potest Restas Yes|ra, quo tempore « inter nos de renqvando fcedere agebatur ( quod « optimis auspiciis ipituip ppiUfl utriusque populi « commoda, multa hostium communium exipde roala « testantur), accid\ssq miseram illam Coqvalensium « ocçisiopem , quorum capsam undique désertant « atque afflictam yestrse piisericordiæ atque tutelle ,
« summq cum ardore api mi ac miseraRone , commen- « davimus. Nec de(uisse per se arU4 ra nipr Majesta- « teip Yestrarq ofGcio tam pio, immP vero tapi fou-,
« mano , pro ea qua apud çlucem SabaucRæ vplçre h debuit vel puctoritate vel gratia ; pps certp aliique « rpulti principes ac çivitates, legationibus , littçpis ,
« pirecibpsqpe interpositis nop defuimus.
« Posf crpenttsaimapi utriusque sexus oipnis œtatis