‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 67 sur 257 · LIVRE I, CHAPITRE I. Ü · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I. Ü

comtés en faveur de la vieille religion; Thomas Cromwell se servit contre les rebelles et les catholiques de son neveu sir Richard Cromwell, l’aïeul même du Protecteur, et qui aida vigoureusement son oncle. Personne n’avait soupçonné l’existence de ce Richard, neveu de Thomas le premier ministre , avant l’apparition de deux lettres publiées en 1847 et classées parmi les MSS. Cottoniens 1 ; on y voit se dessiner clairement les relations de l’oncle et du neveu : l’un animé d’une rage ardente contre la papauté et le monachisme ; l’autre galopant à droite et à gauche , allant de couvent en couvent à la poursuite de ces pauvres moines , faisant la chasse aux prêtres pour exécuter les ordres de son oncle , abattant les capüchons, emprisonnant les abbés, puis revenant à Londres prendre part à un tournoi que Sa Majesté honore de sa présence, et fort bien accueilli du défenseur de la foi et de l’ennemi du pape. Récompensé par le don de plusieurs abbayes , Richard absorbe une grande quantité de terres ecclésiastiques dont il arrondit son domaine; il finit par fonder une propriété importante. Homme d’action et d’exécution, il veut que l’on saisisse un certain sir John Thymbleby , son voisin, qui s’oppose à la sainte réforme de l’Église ; il suggère à son oncle le désarmement de tout le comté ; puis il

1 Cleopatra , t- IV. j>, 9040.

LA JEUNESSE DE CROMWELL

court de Cambridge à Ely , d’Ely à Ramsey, de Ramsey à Peterborough , casse les abbés, brise les croix , expulse les religieuses, assez bon homme pour les prieurs qui se soumettent et renient le pape , cruel envers ceux qui se montrent froward ( réfractaires ).

Tel est l’aïeul d’Olivier Cromwell.

De cette race protestante et véhémente, sur ce domaine formé des débris et des dépouilles catholiques, naquit, en 1599, Olivier Cromwell, qui n’était, on le voit assez , ni le fils d’un brasseur , ni le descendant d’un boucher. Shakspeare vivait; la vieille reine Élisabeth ayant précipité le mouvement protestant était adorée du peuple ; dans le Nord un frémissement et une ardeur de combat se faisaient sentir ; l’Angleterre prévoyait la grandeur que l’insurrection contre Rome devait lui apporter. La famille Cromwell , par son adhésion aux nouvelles idées qui dominaient l’avenir, était devenue puissante dans le pays ; Richard, destructeur des couvents et agent de son oncle Thomas, avait légué à sir Henri Cromwell son fils, connu sous le sobriquet du « Chevalier d’or, » un vieux monastère de femmes, Hinchinbrook , situé sur la rive gauche de l’Ouse , rivière aux flots mélancoliques gémissant sur un lit sans pente et murmurant parmi les joncs. Henri en fit un beau manoir, et l’hospitalité d’Hinchinbrook devint célèbre. Son fils aîné, sir Olivier, après en avoir continué la tradition, le vendit

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