CHAPITRE II
Éducation d’Olivier Cromwell. — Sa mélancolie dans la jeunesse. — Le calvinisme entre 1010 et 1630. — Mouvement du Nord contre Rome catholique.
Le 23 avril 1616, le jour même où Shakspeare mourut, dix jours après la mort de Cervantes, l’université de Cambridge, située seulement à douze milles de Huntingdon , comptait Cromwell parmi ses jeunes étudiants ou gentlemen - commoners ; il n’y passa qu’une année.
Le 23 juin 1617 , son père mourut , et le jeune homme de dix -huit ans, quittant aussitôt Cambridge, revint prendre soin de sa mère et de six jeunes filles , ses sœurs. Cette vie de débauche dont on parle est matériellement impossible. Dès l’année 1620, àvingtetun ans, il épouse la fille d’un riche marchand, Élisabeth Bourchier, la conduit chez sa mère, et revient vivre à Huntingdon, en propriétaire fermier, de cette vie libre et occupée qui laisse tant de place à la rêverie , si peu de place à la dissipation .
Pendant cette phase obscure et silencieuse , c’est
14 LA JEUNESSE DE CROMWELL
un homme fort simple , même assez humble et timide dans ses relations et ses amitiés, comme le prouve la lettre suivante, adressée à l’un de ses camarades de Cambridge , qu’il prie de vouloir bien tenir son enfant sur les fonts baptismaux :
A mon bon ami éprouvé, M. Henri Downhall , en son appartement au collège de Saint-Jean , Cambridge , cette lettre.
« Huntingdon, 14 octobre 1626.
« Monsieur et cher ami,
« Faites de moi votre obligé jusqu’à être le parrain de mon enfant. J’aurais voulu vous aller trouver personnellement pour vous en faire l’invitation dans les formes ; mais mes occupations ne m’en ont pas laissé le loisir : tenez-moi donc pour excusé à cet égard. Jeudi prochain est le jour où vous aurez cet embarras. Permettez-raoi de compter sur votre compagnie pour mercredi.
<* Il paraît cette fois que je suis plus disposé à vous importuner en demandant de nouvelles grâces qu’à montrer ma reconnaissance de l’amitié que j’ai déjà éprouvée de votre part. Mais je sais que votre patience et votre bonté ne sauraient être épuisées par « Votre ami et serviteur,
Dix années de solitude cachent ensuite les actes de