‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 76 sur 257 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

aux corps des hommes : bâtir des temples matériels est considéré comme une œuvre de piété ; mais ceux qui procurent la nourriture spirituelle, ceux qui bâtissent des temples spirituels , ceux-là sont les hommes véritablement pieux. Un ouvrage semblable a été votre fondation d’une chaire de prêche dans laquelle vous avez placé le docteur Wells, homme de bonté, de zèle et de capacité; pour faire le bien de toutes les manières , inférieur à nul que je connaisse en Angleterre. Et je suis persuadé que, depuis sa venue , le Seigneur a fait par lui beaucoup de bien parmi nous.

« Il reste seulement désirable à présent que Celuilà qui vous a mû à faire ceci vous pousse à la continuation de l’œuvre, et, par conséquent , qu’il l’achève. Élevez vers Lui vos cœurs. Et sûrement , monsieur Storie, ce serait une chose lamentable de voir un prêche succomber dans les mains de tant d’hommes capables et pieux , comme je suis persuadé que sont les fondateurs de celui-ci ; aujourd’hui nous voyons qu’ils sont supprimés avec hâte et violence par les ennemis de la Vérité de Dieu. Loin de nous soit que tant de péché s’attache à vos mains ! Vous qui vivez dans une cité renommée par la lumière brillante de l’Évangile , vous savez , monsieur Storie , que supprimer le payement, c’est faire tomber le prêche; car qui va guerroyer à ses dépens? Je vous supplie donc , par les entrailles de Jésus -Christ, mettez la chose en

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bon train , et faites donner la paye au digne homme. Les âmes des enfants de Dieu vous béniront pour cela, et ainsi ferai-je ; et je demeure toujours

« Votre affectueux ami dans le Seigneur,

« Assurez de mon amitié cordiale M. Busse et mes autres bons amis ( puritains .) J’aurais écrit à M. Busse; mais il me répugnait de le déranger par une longue lettre, et je craignais de ne pas recevoir une réponse de lui : de vous j’en attends une, aussitôt que vous le pourrez à votre convenance. Vale. »

L’homme qui écrivait cette épître , robuste et mélancolique fermier de trente-six ans , n’avait aucun motif pour feindre l’enthousiasme; il prend la plume en faveur d’un missionnaire établi dans son pays, et suit la route qu’il a prise dans sa jeunesse, quand il a souscrit pour la même cause et dénoncé les papistes au parlement. Au fond de son manoir des marécages , il représente la portion la plus énergique de l’insurrection qui fermente. Le 11 janvier 1635, jour où il écrit cette lettre, est celui même où son cousin John Hampden , écuyer, refuse devant la paroisse assemblée du grand Kimble de payer au roi trente et un schellings six pences. La simultanéité du mouvement est profonde et réelle.

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