LIVRE 1, CHAPITRE III
Ainsi s’élevait d’accord et d’ensemble, ainsi montait le grand flot protestant qui allait renverser le trône et les évêques , mouvement d’indépendance religieuse et civile, soutenu par la bourgeoisie, les habitants de la campagne , le corps même de l’ancienne population saxonne.
Plus septentrionale et plus violemment irritée que l’Angleterre , l’Écosse jurait avec larmes et prières de ne point déserter la cause de Knox et de Calvin. En vain les bourreaux coupaient des oreilles et fendaient des nez ; le sang et les exactions exaltaient la foule , et la pénurie du trésor royal faisait pitié. Le 6 novembre 1637 , pendant que l’oncle maternel de Cromwell , le Stuart d’Ely dont j’ai parlé , mourait dans cette ville et laissait à son neveu Olivier un héritage composé de dîmes papistes, Saint-John , l’avocat républicain et calviniste qui avait épousé une Cromwell , prenait la parole contre le roi en faveur de John Hampden. Trois jours durant, son éloquence légale prouva pertinemment que Hampden ne devait pas payer vingt schellings 1 , et pendant trois autres jours M. Holborn , avocat adverse, prouva pertinemment le contraire. Enfin il fut décidé que
' Hampden refusa vingl schellings dans une paroisse, trenle et un schellings et six pences dans une autre ; il lut mis en cause pour les vingt schellings seulement.
LA JEUNESSE DE CROMWELL
M. Hampden les payerait, et que le roi avait raison. « Consideratum est per eosdem barones, quod præ- « dictus Johannes Hampden de iisdem viginti solidis « oneretur, » dit la sentence , « et inde satisfaciat. » On sait ce qu’il y avait de révolutions et d’avenir, dans cette phrase latine-normande du moyen âge .