‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 79 sur 257 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

assemblée des propriétaires de Huntingdon , et se mit en opposition directe avec un gouvernement qui avait encore des bourreaux.

Cromwell l’emporta. La continuation des travaux fut ordonnée , et le peuple du Lincolnshire et du Nottinghamshire l’appela dès lors le « seigneur des marécages » ( lord of the fens).

Cette histoire a de la valeur dans la série des faits qui conduisirent Cromwell au trône. Devenu le premier personnage de la province , cet âpre et mélancolique gentilhomme ne change rien à sa vie. Son mysticisme fanatique augmente. Plus il avance , plus il creuse l’abîme de Pascal. Sa jeunesse lui apparaît comme une époque de passions déréglées ; il a vécu dans l’ignorance de Dieu ; il verse des larmes, comme le roi David , sur toutes les heures consacrées à des soins terrestres ; il ne pense qu’à l’anéantissement du moi humain devant l’éternité. Ce « fourbe », qui n’était autre chose que le symbole exalté de la prédestination calviniste , écrivait alors à sa cousine , femme de l’avocat Saint-John , surnommé la lanterne sourde des républicains , la lettre suivante, qui prouve assez l’effrayante profondeur de son enthousiasme. On ne trouve quelque chose de semblable que dans les Torrents de madame Guyon.

LA JEUNESSE DE CROMWELL

A ma bien-aimée cousine , mistrcss Saint-John , chez sir William Masham, à sa maison nommée Otes, en Essex, présentez ceci.

« Ely, 13 octobre 1638.

« Chère cousine ,

« Je reconnais votre bon souvenir et vous remercie de votre amitié en cette occasion. Hélas! vous prisez trop haut mes lettres et ma compagnie. Je puis avoir honte de vos expressions en considérant combien peu utile je suis et combien peu mon mérite augmente.

« Cependant , pour honorer mon Dieu en déclarant ce que Lui a fait pour mon âme , je suis confiant et je veux l’être. Véritablement, donc , je trouve ceci : Que Lui donne sources d’eau dans un désert sec et infertile où il n’y a pas d’eau. Je demeure, vous savez où, dans Meshec , ce qui signifie prolongement; dans Kedar, qui signifie ténèbres et noirceur; cependant le Seigneur ne m’abandonne pas. Quoique Lui prolonge, cependant Lui , je l’espère , m’amènera à son tabernacle , à son lieu de repos. Mon âme est avec la congrégation du Premier-Né, mon cœur repose dans l’espérance; et si je puis ici honorer mon Dieu, soit par action, soit par souffrance, je serai grandement content.

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