‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 87 sur 257 · LIVRE I, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE V

Tel est Cromwell à quarante et un ans , au moment où l’Angleterre va se partager en deux armées, protestantisme septentrional et royauté chevaleresque. Les documents qui nous ont servi à éclairer cette jeunesse obscure consistent surtout dans une multitude de petits faits qui le montrent associé par sa fortune, ses ancêtres, ses alliances, son tempérament, à la plus violente fraction du calvinisme. Déjà le tribun populaire s’est montré à diverses reprises, ainsi que le réformateur inexorable. C’est un homme de conduite ferme et prudente , économe et sensée , qui a toujours réussi dans ses affaires de fermages , d’acquisitions , de vente de grains et d’influence personnelle ; c’est un homme de famille qui a élevé sévèrement ses enfants, protégé sa mère , et traité doucement la bonne ménagère sa femme; mais c’est un adversaire terrible et impétueux dont la physionomie de lion, à l’œil fulgurant, aux traits massifs et entassés, tels que les présente le portrait de Cooper, épouvante déjà les ministres et fait peur à Clarendon l’historien.

Il ne s’agit pour son biographe, ni de juger ses actes comme moraliste , ni sa doctrine comme chrétien ; seulement il est clair qu’il représente son pays et son temps. Les heures de mélancolie ardente et de ténébreux désespoir qu’il a passées dans la ville de Saint-Yves et que n’a pas pu guérir son médecin le

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docteur Simcott prouvent la sincérité de cet homme , que l’on a souvent traité de fourbe.

Outre diverses facultés de profondeur, de ruse et de force , il porte en lui-même la grande condition des triomphes : il est convaincu.

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