‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 90 sur 257 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

premier à briser la légalité, ce fut Cromwell. On lit dans le journal de la chambre des communes, à la date du 15 juillet :

« M. Cromwell fit une motion pour que nous rendissions un ordre permettant aux bourgeois de Cambridge de lever deux compagnies de volontaires , et de leur nommer des capitaines. »

Le même jour, 15 juillet, le greffier des communes écrit ces mots sur son registre :

« Attendu que M. Cromwell a envoyé des armes dans le comté de Cambridge pour la défense de ce comté, ilest cejourd’hui ordonné — que les cent livres sterling qu’il a dépensées à notre service lui seront rendues... quelque jour. »

M. Cromwell sait-il qu’il y a haute trahison dans tout ceci ; qu’il n’y va pas seulement de la bourse, mais de la tête? M. Cromwell le sait bien et ne s’arrête pas. Ce qui suit est encore plus curieux.

« 15 août. — Dans le comté de Cambridge , M. Cromwell a saisi le magasin du château de Cambridge, et a empêché d’enlever l’argenterie de l’université , dont la valeur était , d’après ce que l’on dit , de vingt mille livres sterling ou environ. »

Voilà ce que rapporte à la chambre sir Philippe Stapleton , membre pour Aldborough , et membre également du nouveau comité pour la défense du royaume. M. Cromwell touchera une indemnité, car

il est allé dans le Cambridgeshire en personne , et , depuis que l’on a commencé à y lever des milices , il en a pris le commandement en chef. Il paraît que ce n’est pas sans quelque résultat, s’il faut en croire certain chroniqueur royaliste , sir John Brampton , dont la société camdenienne a publié les notes 1 :

« A notre retour, dit-il , près de Huntingdon, entre cette ville et Cambridge , quelques mousquetaires s’élancent hors des blés et nous ordonnent d’arrêter, nous disant qu’il fallait que nous fussions fouillés , et qu’à cet effet il nous fallait aller devant M. Cromwell, pour lui rendre compte d’où nous venions et où nous allions. Je desirai savoir où se trouvait M. Cromwell. Un soldat me répondit qu’il était à quatre milles de là. Je répliquai qu’il n’était pas raisonnable de nous emmener loin de notre chemin; que, si M. Cromwell avait été présent, je lui aurais volontiers donné les satisfactions qu’il aurait pu demander; puis, plongeant ma main dans ma poche, je remis douze pences à l’un d’eux, qui nous dit que nous pouvions passer. Je vis clairement par là qu’il n’était pas possible à mon père d’aller avec sa voiture trouver le roi à York. »

' Camden Society, 1845. [Brampton’ s Autobiog., p. 86.)

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