‹ Olivier de Clisson, connétable de FranceChapitre 6 sur 60 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

de leurs auteurs, qui cherchent moins à dire la vérité quà plaire au pouvoir établi. Le moine de Saint-Brieuc surtout étonne par ses louanges dithyrambiques à l'adresse du duc régnant. Il soupçonne en Clisson tous les crimes et na même pas un mot de blâme pour les actions les plus odieuses de Jean IV, telles que l attentat de r Hermine et d'autres fourberies aussi condamnables.

Le vrai biographe de Clisson, cest Froissart. Plutôt disposé en faveur du noble guerrier, qu'il regarde comme un « grand et riche homme », Froissart a dû vivre dans la compagnie de Clisson, comme il a fréquenté d'ailleurs tous les autres guerriers illustres de cette époque. Au moment de V attentat commis par Pierre de Craon, le chroniqueur nous apprend que lui-même se trouvait justement à Paris. Comme il était reçu à la fable des plus hauts personnages , comment supposer qu'il n ait pas désiré s'entretenir avec le plus grand homme de guerre alors vivant? Clisson, toujours opulent et magnifique, ne pouvait, lui aussi, que faire bon accueil au brillant chroniqueur, dont les récits étaient déjà fort goûtés par tous les gentilshommes .

Quand il parle de Clisson avant cette année 139^2, Froissart entre dans des détails si précis qu'on croit lire les Mémoires de Clisson lui-même. Que l'on relise les préparatifs de la bataille d'Auray y le récit du siège de Quimperlé, du passage de la Lys, les préliminaires de la bataille de Rosebecque : cest Clisson même qui parle. Lui seul a pu donner des renseignements si spéciaux et si minutieux . — Nous partageons les inc/uiétudes et les transes des cinq chevaliers cernés dans Quimperlé. Quand ils virent leurs propositions rejetées, « de ces nouvelles ne furent ni le sire de Cliçon ni les autres bien réjouis, » mais il leur fallut pourtant « /''aller à leur labeur, ainsi

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