A LA MORT DE MA SOEUR
Seigneur, puisque c'est toi le Maître, à qui me plaindre ? Dans ton enivrement de gloire et de pouvoir, Tu regardes couler mes pleurs sans t'émouvoir, Et laisses la douleur implacable m'étreindrel
Comme autrefois ordonne, après m'avoirfait craindre,
D'ôter la lourde pierre au froid sépulcre noir
Et jette dans mes bras, prêts à la recevoir,
Ma sœur, vivante encor, que la Mort crut atteindre.
Sans te la demander je l'eus, hélas ! en vain, Si créer pour détruire est un plaisir divin. Faut-il moins de vertus pour habiter la terre?
Ou te charmait-il moins le cantique éternel De ton céleste chœur plongé dans ta lumière ? Cet ange, réponds-moi, manquait donc à ton ciel ?