ADÈLE
femme
VlCTOH ttVQO.
Puis vient le tour des hïs, les amis, les compagnons d 'œuvre et les compagnons d'armes de leur lia ont voulu suivre sur la terre étrangère au moineui où s'épanouissaient pour tous deux las belles
raocos de la vingtième- année Unes nobles,
vibrantes, éprises d'idéal, ils on1 passé cette longue période d« transition .-t d'attent. .'. !ni<or rhacun son sillon, sont rentres en France pour voir les hon de la guerre et de la Commune, et, après dix-huit
— aïs -
;uis d'exil, cent trente b4 un jours de sièyo, sont morts à quelques mois l'un <lc l'autre, dans toute la pléniiiid.' de leur force et de leur talent.
Charles, l'amé. marié à Bruxelles, pire de deux
bébés qu'il chérissait, n Bai re par
uni- congestion, A Bordeaux, eu 1871.
Sou frère, le doux, le pensif, l'austère ci souriant
l'ran<;ois-Vic1nr, le traducteur île Shakespeare, s'était fiancé eus fies anglaises avec une jeune fille, Emilj de Patron, que l'implacable phtisie est venue lui enlever quelques jours avant li date fixée pour leur mariage. Lui-même, aptes une maladie qui l'a tenu
alité seize mois, s'est endormi paisible, le rasai] dans la main de son père, le ■•'> décembre itf-j3.
Des quatre enfants couvés avec tant d'anxieuse sollicitude, il tic n-si.iit que la dernière né , Dédé, l'iiirande susuv. Lu « petite 1 olombe ■• du jardio dea Roches...,
Elle seule survit. Bile a aujourd'hui soixante-seize Elle vieillit sans souffrances, inconsciente, presque heureuse. L'héritage du génie est parfois trop lourd & porter-.. .Gomme son oncle Eugène, à I» suite d'une déception amoureuse, la pauvre créature a perdu la raison. Mais c'est une démence inoffensive et tranquille. Bile vit à l'écart dans une maison de
ofiéo aux soin- d'une dame de compag
Kilo quitte ps retraita pour du brèves visites à
Paris, dea « matinées » ans féeries du ChAtelet, oâ se
complaît son imagination enfantine. II y a quelques
Ion k fêles du centenaire, elle assistait
dans une loge A Li représentation triomphale liur'jnirfs. Elle écoutait, regardait, sooriail vaguement, sans comprendrai JSn Face de ces deuils cruels, en face de cette navrante déchéance, l'insoluble question se pose dans nos Ames attristées : — Vaut-il mieux que le jour soit trop long- ou trop court?...
Ainsi la destinée s'acharna. implaraMc, sur le malheureux pare, le meurtrissant sans relâche h sans pitié.... Mais à tant de profondes douleurs ne deva plus sa mêler ni amertume, ni révolte; espérant contre toute espérance, croyant et aimant malgré
Inul, S ictur I finjo continua sa rvuilp lern
...toujours pta idoud.
Debout, mnis incliné du etué du mystère.
Il n'était pas seul, cependant) dans sa demi < .... Suprême compensation de ta Providence
Mine, rayon venu d'en haut pour lui rappelai absents, il vit grandir auprès de lui ses petits-enfants. les orphelins de son lils, Georges et Jeanne, mu lee quels il reporta ses infinis de tendresse et qui M leillèrcnl la fin de sa vie, jusqu'au jour béni de la réunion qu'il attendait, qu'il appelait, qu'il entrevoyait d'avance, lorsqu'il écrivait A ses envolés :
« CJn jour, bientôt peut-être, l'heure qui
pour les enfants sonnera pour le père. On le mettra
entre quatre planches, il sera ce quelqu'un d'inconnu
ii appelle tin mort, et on le conduira A la grande
'tare sombre. Là est le seuil impossible â deviner.
■ qui arrive y est attendu par ceux qui sont arri-
vés. Alors pour cette âme les disparus reparaissent, emplissent l'horizon ignoré, se pressent, rayonnants, dans une profondeur de nuée et d'aurore, appellent doucement le nouveau venu et se penchent sur sa face éblouie avec ce bon sourire qu'on a dans les étoiles.... Ainsi s'en ira le travailleur chargé d'années, suivi jusqu'au bord du tombeau par des yeux mouillés peut-être et par de graves fronts découverts, et en même temps reçu avec joie dans la clarté éternelle ; et, si vous n'êtes pas du deuil ici-bas, vous serez làhaut de la fête, ô mes bien-aimés ! »