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UNE MORT SUBLIME

Les héros les plus grands, ce sont les moins connus. Ce sont ceux qui dans l'ombre accomplissent leur tâche, Qui, sans murmures vains, travaillent sans relâche, Puis rentrent dans la nuit dont ils étaient venus...

Alice de Chambrier.

Nous sommes iMi Angleterre, pendant les vai .le P o 1 8ag

Le printemps hâtif a déjà çonflé les bourg) • les haies d'églantines aux nuauces délicates de corail rose, semé à pleines uniins 1rs pu<jwretles aux

»Ih)h1n des routes, les primevères d*(>r dans les reverdis.

Une luise douce apporte bus populeuses cités un peu de l'air pur murmurant au sommet des eollioes. Les petits paâlours, qui mirdenl leurs chèvres on moutons dans la campagne, improvisent à qui n mieui des ttouîettcs rusliqaea i landant leurs

li:it<in.' de longues irai obépine et saluent

ment les passants en agitant leurs vieux chapi ampana< tléa de feuilla.

Qu'il est exquis, la printemps d'Angletei re '

mil pays peul fitre, on ne l'ai plus

d'impatient» iu ■ i j menl

pic nulle pari il m- fait, avec les Iristr

(|ni l'ouï précédé, an plus radieux contraste.

Si longtemps un inexorable brouillait é sui

l,i contrée, ii tôt les passants de son humi-

dité, uli-s.mt sous les portes, par les rainure-, .1. fenêtres, accrochant aua des toits, anx

chauds dénudés ses lambeaux <\ ni.', étouffant

les ji.'is, les '• iix, les élans de vie, iransfon tant les journées en un interminable crépuscule nû ri fuient les lueurs jaunâtres des lampes et des rêver-

i>:'i sourdatl de loin on loin, — seul •-■ ra larme qui puisse s'enteudre, — un lugubre coup if m !

premier rayon «In soleil, ruais c'est plus et mieux

que la n.-nouveau, c'est la renaissance !

Quelles «l<'-liees de plonger ses regards dans l'a libre, do contempler 1rs vastes horizons que ne ■ plus nul linceul, de faire sonner sous son pas allègre

les caillons <h-s routes, de respirera, pleins p m

effluves des champs et des forêl l'âme dilatée, vibrante, prête .'■ chanter à l'unisxon !

.. Cet hiIIIl- voix, d'amouf accentuée», Oui pMcettl dans te ?enl, qui tombent des nu ■ Oui montent rs( Ici icuiUeilcacicux.nl

' toi, qu'il fait bon vivre !...

...Une joyeuse effervescence a régné depuis le matin «lans la grande ville maritime de Southampton.

Un l'ourmillemenl humain emplit les rues, chacun

«e hâte, pressé d« jouir <lu congé pour lequel de savants projeta oui été élaboras depuis longtemps,

» Chars bancs; carrioles, tapissières, «caba* dp» ii(iii.ui\ emmenant vit> des destinations variées pa« pas bieo contenta d'échapper à la banque ou à

|l'« office, » mamans surveillant des ribambelles d'enfants tous uniformément vêtus de blanc, grands liens maigres et dégingandés, blondes petites mil fraîches comme des fleurs dans laota simples blouses «le toile.

De plus modestes promeneurs arpentent les roules, en portant bravement, quia la main, qui sur l'épaule, les pâmera «lu pique-nique.

D'autres citadins se dirigent vers les docks encombrés de marchandises. Ceux-là, les bienheureux ! — toh ! s'ils s.i vu iiMit ! — oui. devant ru.\, la plus séduisante des perspectives : une excursion eu mer! La Stella, le navire en miniature qui fait régulièrement Cette traversée, va les conduire eu quelques heures. — juste de quoi éprouver les émotions d'un vovage au long cours ! — à l'Ile de l : ou à celle

de Guernesey, ou en arrivera dans la nuit.

h.j.i. dans la nuée d'eiuhaivalions qui emplissent la rade, elle frémit sou- pression, t'agite comme un

joli coufsiei impatient de prendre Km élan.

L'étoile li".'i ■'"' à la pniuft semble i <J1 -l . -r !•■■. derniers feux du soleil; ses onll.miuies mullieuhirrs fl r > t — tenl à la luise, el.iqueiil gQ s'eiiniuhiiil aiitnin

Tout brille sur le pont, tout reluit de prop ombb S

— ou -^

rutvrcs, les serrés, lés mille et un accessoires que les trois quarts des passagers seraient incapables de nommer.

On emharc|ue, ou se presse. Les messieurs jettent de loin un regard curieux vers la chambre de chauffe, dans laquelle on distingue vaguement les silhouettes noircies des mécaniciens. Les garçonnets révent à Robinson en voyant le canot de sauvetage pour rire, fréle coquille de noix attachée au flanc du bâtiment. Quelques dames nerveuses ou prudentes, prennent le chemin des cabines, et, plus d'une, habituée de la promenade, demande d'avance :

— Où est Mary-Anne ?

Mary-Aune Rogers est Ut femme de chambre de la Stella. Fonctions hien humbles, bien pénibles aussi que les siennes, car, dans cette maison flottante où la clientèle se renouvelle sans cesse, il lui faut être partout à la lois, répondre en môme temps aux appels, aux coups de sonnette de telle passagère s'inquiétant pour -ses bagages, de telle autre réclamant une tasse de thé, d'une troisième qui veut rester couchée le temps de la traversée, d'une autre encore qui se trouve malade....

Combien peu, parmi ces maîtresses d'une beure, la considèrent autrement que comme une machine à servir, et, ne se trouvant pas quittes en lui octroyant au départ une pièce de monnaie, songent à la remercier par \m mol attable, un sourire !

Pourtant, clic est si active, si pleine de bonne humeur et de bonne volonté, cette fille du peuple que

Ifi visible ne distillai .i n'a.

mais été jolie et qui n'est même plua de le prei unesse, — elle ■ dépassé trente iras !

Elle B*emp dessabla, poor satisfaire I

les exige i ic Eli inver

son plaisir dans l'accomplissement de son dor lab A une passagrére s'étonnent de son entrain, ail d'un élan :

— Oh ! madame, c'est si bon d'aider les lot Quel exemple pour nous n'est-ce pas, amies Ici iii. ea '.' SI KJi'Ki iliin i Inv-

lîenne, elle a aeoepté, avec une joyense obéissance, l;i i . 1 1 ■ 1 1 • obscure crue lai avait assignée ion Dïeo el nulle liicii. hi peut-être est-ce dans ce patient accomplissement de soo devoir, joue après jour, pendant années, qu'elle a puisé, l'heure venue, le son sublime renom ornent

olle va (ri vient dans les prodiguant ses soku i

I tandis nue, dans le saloi éclairé, «m a

mi rit, on plaisante, on organise d'avance mille plans délicieux pour 1rs promenades, les découvertes qu'on fera deiruiin il. ma 111 . ans se douter <ln drame qui si- prépare, sans songrer que. pour nombre des insoi ccursion niâtes, «demain» ce sera I

>nde en secondé, voile les tremblantes étoiles, ■■'. veux angoissés du pilote le chemin mmivimt suivi tant de fois....

...Soudain, un craquement épouvantable éclate ; le

bâtiment tarante, s'immobilise, pois, brnsqaeraent,

semble se dérober sous les pieds....

Les passagers se sont levés en tumulte.

— Qu'y a-t-il ?

— Nous avons touché un récif !

— Non ! Non ! Ce n'est, pas possible 1

— C'est vr.'ii ! Ecoutez 1 Uu glou-glou sinistre monte du plaucher qui vacille

et tremble :

— Nous enfonçons!

— Le navire sombre !

— Nous sommes perdus !

— Mes enfants! appellent les mères.

— Maman ! implorent les enfants. Et des hommes forts, sentant leur faiblesse devant

l'imminence du péril effroyable, ont ce cri qui, a lui seul, est une prière :

— Mon Dieu !

Un naufrage!... Perspective toujours terrifiante, mais uu naufrage dans la nuit, dans le brouillard, cela ne dépasse-t-il pas en horreur tout ce qui se peut imaginer ?

Deux personnes seulement ont gardé leur sang froid.

l 'une voix ferme qui domine les clameurs. le capi-

litinr ordonne :

— Détachez le canot ! Qu'on embarque! Les Femmes et les enfants d'abord !

El la plus humble, la dernière de toutes. Mary- Anne, va d'une cabine à l'autre, rapide, avec un calme surhumain :

— Madame, rcpctc-l.-elle dix fois, vingt fois, montez sur le pont. N'ayez pas peur, mais faîtes vile, il n'y a pas une seconds à perdre!

Grâce à elle, aucune ne connaîtra cette épouvi sans nom : l'engloutissement dans une prison étroite où lu nuit eutre à flots avec l'onde qui bouillonne, l'horreur de mourir sans avoir rien compris !

Elle arrive à l'air libre après toutes les passagères, portant à brassées des ceintures do sauvetage qu'elle* même attache avec des doigts qui ne tremblent pas.

Pour chacun elle trouve un mol rassurant, une lueur d'espoir à faire briller : la côte est tout près,... la mer si unie ! Faire face au danger, ce sera le vaincre....

Sa contenance en impose aux plus affolés. D'autres entendent la voix souveraine qui a commandé à son cceur : « Pais ! Suis tranquille. »

La panique se dissipe. En bâte, mais sans confusion, au milieu des ténèbres, on commence l'embarquement....

Dix minutes ne se sont pas écoulées depuis la catastrophe ; déjà la coque du navire est envahie par l'eau. L'avant plonge.... Une longue vague balaie le pont qu'elle frange d'argent....

\ ce moment, a la clarté vacillante d'un falot prêt

îO —

à s'éteindre, Mary-Aa : un pa-

quet de cordages, à moitié évanouie, une jeune femme oublia

du s;iliil....

i» lâcher se propre teinture, la nouer à la taille de la malheureuse, r

•i. | lu . rapide que la pensée, < Mi se |i:iv-i- de lires en liras sa pi otegée, on lui

— A voira tour ! Sautez! Mais sautez don Kilo retient sou élan :

— .Non, il n'y a plus de place ! L'ne personne ire sérail de trop! Adieu ! Adieu ! Que Dieu voue

lie !

Le Rot s'engouffre entre les deus épaves, Les nau- - voient une dernière fois la noble femme, lonta butii à genoux sur le pont, élever bu ciel ses mains jointes, et implorer : « Seigneur, prends-moi] »

...Ce lui tout. Dans un tourbillonnement d'écume, la Stella, parerllo ■■ un vaisseau -fantôme, avail

paru. iMili.'iin.iii! la sacrifice....

Les survivants du naufrage, recueillis de Ion»

iprès, publièrent en tous lieux le récil de l'héroïsme de Mai;.- lune ElogeiSi

I lu montant d'une souscription, on a élevé sur : planade de Soulhampton nue fontaine publique qui porte, gravée tout au long 1 , l'histoire de sa mort.

Nulle magnifique statue, nul somptueux mau.-

ne p : doq impression sus

e construction aux colonnes do marbn qt dressa toute seule, toute petite sur ie sable de [fi

pli I ii •<• \ ors l'infini de l'océan.

Un •-; !.i ml arbre l'abrite d ses rameaux bruissants sous l'âpre veut du large. i>< distance en distance, des canons d'airaiiii à la gfueule menaçante brai sur les cites de France, semblent monter outoui d'elle une çrarde d'honneur.

Dans ce cadre de aévèc grandeur, lu blanche fontaine apporte «. ce qui manque A la \asle mer : une

coutil- il'ivni 1 1 m ". m peut boire. »

Les oiseaux de ciel a*j ébattent an Paisanl jaillir une phiie de perles; les enfants quittent leurs Jeux pour veBir s v désaltérer.

Le passant l 'atigué s'approche de cette source 'I eaux vives, v puise ;'i longs traits, puis s'attarde un instant, pensif, relisant les donnera paroles de l'humble Femme qui ressortant plus apparentes sur la plaque de bronze, en vivante prédication :

Sri(/n>-uf. ppeneU-moi .'

'■•-il- Le* connaissons ces nota pat lesquels, en réponse, Mary-Anne dut être accueillie au séjour de

LA NÈRE DE LANART1NE

C'est dans le cœur que la nature a placé

le (çénie des femmes, parce que les œuvres

de la femme sont toutes des œuvres

d'amour.

Lamartine.

mi

La mère de Lamartine.

On rapporte qu'aux jours les plus troublés «le la jeunesse de saint Augustin, sa mère, sainte Monique, ne pcrdiL jnmais l'espoir, ou plutôt la certitude, de le ramener à elle et A Celui auquel elle le présentai! constamment par de Ferventes requêtes. Si bien une le miracle di sa conversion, tout en la comblant d'une joie ineffable, ne lui causa point de surprise. Comme •lie l'expliqua «l'une parole admirable : « L'enfant de «ni de prières ne pouvait pas mourir I »

A quinze cents ans de distance, il s'est troun

me, — nouvelle Monique. — qui, du moment où slle a- ablement i essd de ■• ivre si

loin- vivre de la vie d«- son lils. Kllc s'est

i! corps al ftmo, esprit et penaé< , Elle l'a entouré de

son amour, bered île sa tendn ssc. g-uidi i rui-

iii. Elle lui avait enseigné i lire, elle lui a apprise

i Malgré les obstacles, elle a su U-. diriger ou le » mener dans la voie du beau, du bien, de

!lc ne s'est épargné oi peines, ni bouc!

dès | « >l s'est agi «le son bonheur. Par-dessin tout, elle an a fait an « enfant «le prières, » le consacrant a Dieu jour après jour, demandant pour lui non seulement le la fortune, la rio

douce au cœur des mens, mais encore ot surtout la foi ipii. aprèa avoir été leur lien le meilleur ponde, les rénnîraîl dana l'autre....

Celte incarnation de l'amour maternel, n'est M»* de tartine. Son histoire es1 -^i iatimemeo!

celle 'le son Bis, qu'en In racontant nous évoquerons l'enfance et lu première jeunesse d'un de nos grands poètes: le chantre de Jocelyn, «les

Lee BàrmûAÙ

Alix des l\oys, fille d'un intendant général et sous-gouvernante des enfants du duc d'Orléans, quit en 17G7. Elle grandit tantôt au Palais-R tantôt au chAleau de Saint-Clouil, familièrement élevée avec les jeunes princes de son âge, parmi lesquels le futur roi Louis-Philippe

Lorsqu'elle eut atteint sa quinzième année, le «lue d'Orléans, ijui avait la nomination d'un a nombre de daines nobles au chapitre deschanoin de Salles, en Beaujolais, y fil admettre la jeune Hlle. C'est là que se termina son éducation, la qu'elle nul celui qui devait être le compagnon de sa vie.

Ce fut une de ces idylles discrètes, joliment atlc

drics, comme en abritèrent souvent, sous leurs ombres douces, les MU lu dix-huitième siècle....

Alix avait été confiée à la surveillance d'une cha- DoinesM plus sérieuse . i |.lns Agée *| n !■ 1 1- -. M i; " il •

Villars; cette amie avait un frère, ce frère était le chevalier de Lamartine....

Ils se rencontrèrent tous trois au parloir, dans les allées touffues du [tan-. Bientôt le visiteur s'aperçut <]u'il ne pouvait laisser passer de semaine sans venir

embrasse? ta sosur ; et les lionnes ehano&ueisea o tatèrent avec désespoir que .M"« des Koys se montrait fort distraite en •'■tuile....

Sans doute, l;i lui des contrastes attirait 066 deux COSOra l'un vers l'autre, car rien de plus dissemblable ne pouvait s'imaginer*

L'adolescente était fine, svelte, élancée. Son frais vi.say-i- sVtk.i.Ii. lit, selon la mode du temps, d'épaisses boucles d'un noir de jais. Elle avait déjà, dans son « sourire intérieur, » dans son regard, cette expression immatériel!*' ijui ferait dire d'aile plus lard : « EU'- pis -lui moins un corps que t'enveloppe d'une aine. »

M. de Lamartine, comptait plus du double de 900

ûge : trente-bail étés! Hais, vigoureux, «le taill

martiale, les traits mal..-, et tiers, ce bel officier de cavalerie au brillant uniforme était encore diffii'' dfl ver ii m- pensionnaire inqénuo.

I (ailleurs, au moral, leurs caractères se complétaient mutuellement. L'enfant timide sentait qu'elle

pourrait s'appuyer avec confiance sur l'homme fort

et énergique. Profondément religieux l'un et l'autre, ils avaient les mêmes idées, les mêmes goûts simples, le même culte du devoir et de l'honneur.... Quelle union aurait été mieux assortie?

Plusieurs mois durant, M B * de Villars favorisa, sans en avoir l'air, les confidences, les délicieux têteà-tête vaguement troublés. L'n beau jour, s'armant de couracre, son frère la pria de pressentir la jeune fille, et, sûr d'être atrréé, demanda officiellement sa main.

Les choses n'allèrent pas toutes seules, loin de là 1 Rivalités de famille, questions d'intérêt, disproportion d'aires, de position, de fortune, les obstacles se multiplièrent pour se briser tour à tour devant l'obstination douce et résolue des deux fiancés. De gré ou de force, il fallut enfin que leurs parents consentissent à leur union ; le mariage fut célébré à Lyon, le 7 janvier 1790, au moment même où éclatait, par toute la France, la formidable tourmente.

En prêtant l'oreille, la nouvelle M me de Lamartine eût pu discerner, parmi les accords des orgues et des violons qui chantaient sa joie d'épousée, des détonations lointaines : celles des boulets ébranlant les palais millénaires, enfonçant les portes des prisons!

Le 2 1 octobre de la même année, la jeune femme mettait au monde, à Maçon, Alphonse-Louis-Marie, l'enfant prédestiné qui devait à jamais illustrer le nom et la mémoire de sa mère.

Le pauvre bonheur tremblant dont elle jouissait entre son mari et son fils fut de courte durée. Les nouvelles de Paris arrivaient en province chaque jour

D plus alai n ''meute*.

I ,;i te !

roule, abandonnant le eapitaini

Lamartine venait de a démission. Mais il

avail

tpagnons d'aï i qu'il ent cornu

vite du péril menaçant la monarchie, il se rappel passé, L'exemple laissé par une longue li ncé-

tres. Il «lit un adieu, peut ^a jeune

l. m i m premier-né, reprit son épée et vint la

mettre au service «Je Louis XVI.

Ce fut un des derniers déf le la famille

royale. Grièvement blessé dhin coup « I «- feu ■' l'attaque des rniteries, dans In funèbre journée du n pari ini i b"( bapp

.-it repris par une horde d'émeutiers comme il jrnait l'antre rive, «. A mort l'aristocrate! A

. sa dernière heure est arrivée I Non ! pot un hasard providentiel, nu ancien sen m fa-

mille, p taaé an rang &volu! onnaires, le r

naît, r.unn lie tout sanglant

crenrs et lui proenre les moyens dem i □ sû-

\insi uûracnleusomenl sauvé, lechevalîei gagner Maçon où \\a l'attendait dans les larmi las prières. Nous uous imaginons facilement et dut i

lait dans Pombi e. I poux furent bru-

talemenl séparés. On laissa la jeune femme

enfant dans le vieil hôtel de la Famille, en prépi à sa jrarde quelques soldats, cyniques et grossi souhait pour ce rôle de geolia s. Et M. de Lama • il attendant sa comparution dorant le tribunal révolutionnaire, fut enfermé dans le o lions, transformé eu maison d'arrêt. Leregisu des « rv-ilcv.iiit I rsules, >» cooservé aux archives municipalcsdc Miicm, constate qu'il y entra le y pluviôse an 11, c'est-à-dire le 28 janvier 1794. Son fil* avai donc plus de trois ans alors, ma! 7 ré plusieurs in titudes de dates, relevées dans ses mémoires, qui Booveol induit ses biographes en erreur.

Deux cents suspecta partageaient la cnptivi chevalier. Par bonheur pour celui-ci, le gi Cette prison improvisée avait été jadis cuirassier sa compagnie II était resté 1res attaché à son ex taine, qui l'avait toujours trait*' 1 avec bonté. H s ploya de son mieux à adoucir les rigueurs de son sort.

M. de Lamartine obtint facilement la faveur de loger, seul, dans un grenier éclairé par une lui qui laissait, à travers nu enchevêtrement ilr* cheminées ej de toitures, entrevoir uu coin du ciel.

Pour lui. Ci' pîivsaçe ouvrait des pvrsjH'çtives infinies. Juste en face de l'ancien couvent, de l'antre coU de la ruelle étroite et sombrr. s'élevait un bâtimefl 01111 moins sombre, non moins étroit. C'était une dépendance de l'hôtel ancestral, ce vieux lo^-is <.n s femme, son fils, — les bien-aimés! — langi loin le lui, gardés à vue, exposés & toutes les insultai

à tous lus dangers, peut-être

>AMS PIS Lamai\tim. mi. Ai.ia rvé au dditoaa du San

(iris jwrt aux repas, aux conversa* lions de s. s .ns d'inf.n lune, dit à l'un un

mot d'espoir, ■•'■ feutre è ta patience, l'offi-

cier montait dans son misérable réduit. Le front appuyé .1 II vitro, il se rappelait les Imn-iiix | iiii envolée, cherchai! tristement dans l 'au-delà lu silhouette fuselée, les traita fins, le rayonnant sourire de la petite pensionnaire d'autrefois....

Mais,... est-ce m pensée qui prend coi il le

Jouet d'un sonpo''...

i ii soir, en face de lui, une fenêtre de mansarde /est ouverte» Une ombre féminine se profile dans l'encadrement. Le cœur du soldat bal plus fort qu*il n'a palpité sur les champs de bataille. Ksi-ee?... Ii se penche, leurs regards se croisent, leurs âmes sV'Inucant l'une vers l'autre dans an suprême élan :

— Alix!

Oui. c'est elle qui, une fois l'hôtel de ses parents mi-, sous séquestre, su famille dispersée au souffle de l'on r:i .1 réfugiée dans cette detuenre délai.

I,r sort \<--. .-i Ihi'ii servis Ions deux; de leurs étraii

vation. ils pourront se voir, comiuuuiquer i n M ml. le!

Moment de bonheur ineffable! Us n'osent parler, entendus des gardiens. Mais leur*

irards, Irin - gCStCS, les pleurs <|iii iinnideiit I

m's suffisent ••! exprimer leur joie douloorei i lin, la jeune femme s'enfonce dans la chambre ; une seconde après, elle reparafl el leod sa prisonnier an beau peiit garçon aux bouoles flottantes. Cet en-

faut qu'il a peine à reconnaître, c'est à lui, cV lik!

Ali! M iHiii- étonnons phii du la mélancolie

eomDM un vuilc de deuil, sur l'-iu vie OOlièl

rnartine ' !••• quel tressailli

n qui l'a porté! Quellei larmes se sont mêlées au

lui donnait su n lies im

'( la 1 11 ri

non âme en l'éveillant à la viel Et '|uel souvenir daniii Im laisser ces minutes furlivea qu'il paasail fenêtre do mansarde! étreinl convulsivement par «a . tandis que, de l'antre cote da la rue, son péri

lit en lui tendant les bras!

jour, les époux s'attendaient au jugen.

à-dire à lu condamnation et à la mort du rebelle. Ils savaient que. s'ils étaient surpris, les geôliers redoubleraient de rigueur et que leurs entrevues deviendraient impossibles. Aussi le capitaine, pour ne pas donner l'éveil, montait seulement le soir dans sa cellule. Combien les heure» leur semblaient longues jusqu'au momenl du revoir! Obstinément, ils .

hneun de son côté, les moyens de se rai i h.-.

I le-, signes convenus, ils passèrent aux messages

enroulés autour d'une flèche, et ils purent enfin, par

longues Ici i irs. épancher lei urstrop pli

lu ir.' temps, M 11 " de Lamartine, surmontant seq

tes ou ses répulsions bien légitimes, se rendait,

nn avec son fils» chez les représentants du

le pour Implorer la grâce du dél mu. tantôt rc-

poussée, Fndovée, bnnûUée, tantôt congédiée avec de vagues promesses, elle poursuivait ses démarches sans se découragera I'eut-ètre est-ce fi ses efforts que son mari dut d'être tenu si longtemps en prison, au lieu d'en sortir pour marcher nu supplice.

Au bout de six mois, on vint chercher !

C'était pour lui dire : « Citoyen, la es libre. » Le <) thermidor 127 juillet 170/tï svail < le le

Teneur. Hélas! ce n'étûil pas celui de la pail qui allait commencer pour la malheureuse France, déjà sanglante ut mutilée !

Après tant de traverses, les époux sont définitivement réunis! Mais quels vides, quels deuils autour d'euv après eesionroées néfastes I

Titres, rentes, peusionSi tout leur a été snpprin la fois. Le pire de M. de Lamartine vient de niniiiir, intestat, laissant une fortune considérable. La révolution a aboli le droit d'aînesse. An\ tenues de !u nouvelle loi. le 1 . qnoique cadet de l'iunilh.-, devrait toucher une part importante de l'héritage. Il comprend que cette dispensatiou est aussi juste que . m.us un scrupule lui vient. « Mon père, dit-il, a toujours compté létruer ses bi on frère a S'il svail eu le temps de prendre ses dernières dî

silions, je sais qu'il l'aurait avantagé à mon exclusion. » El il .s'abstient de faire valoir ses droits.

i-tion peint l'homme, dans sa probité inflexible, ooreuse loyauté.

Cil Une qui, plus lard, refuse

. m. il, ! tble qui lui a fait j»erdre

i i -i ;!•■-.. parce qu'il )> ■ bonaôte •• f iii- malheureux.

Plus tard encoi artera du sentier politique

voudraieul te Faire entrer, o leur explique-t-il, d'y trouver sa fortune au détriment de -h conscieoce.

\u retour des Mourbons enHn, alors que

onl A coi ps pei du à la curé >, i tel umaol biens, des litres, des honneurs, l'ancien I du ikiikiU restera silencieux à l'écart, ne voulant pas,

ma seule requête pourtant justifiée, contrtbi la raine du pajs.

Vraiment, Alphonse de Lamartine fut heureux d'avoir des parents comme les siens pour vei

lance] C'est entre eux qu'il grandit, s'épanouis- •h pleine nature, dans l'humble logis de Millv i iim'm-i' s'.'iaiciit retirés aussitôt la liberté du capttaîn Millv !.., Qui h "ii lu et relu ses descriptions émues de cette modeste demeure, moitié ferme, moitié roal'ancien officier cultivait lui-même s> s qu'Alix so multipliait, maîtresse de min épouse cl. nii'iv. h ici i l'a il ri ee des pauvres, consola (irs affligés, étant a la fois toute .i Ions!

« ,..La maison démon pèrc.écril I'- poète, est bâtie dans le pli ( | u vallon, dominée de toutes porta par «les bâtiments rustiques ou par des arbres, et surgit, borne de pierre noirâtre,

d'un étroit jardin. Elle est cari pï'ui

ça et troi^ Ui

escalier de pierre n ni la

l'étage «»n îi | n> dizaine de chambres

tua meublée • ours. Klli-s servaient alors à li Famille, ans bol aux domestiques..., Quant bu jardin eu lui-même, il . ire que le nom. Huit carrée de "or-

arbres fruitier* et séparés (tardes a'.

Fourragères et de sable jaune; à I

. au nord, huit trônes tortueux de ■ 'iar-

milles qui forment un berçai mlireux sur un banc

de bois; on aatN berceau plus petit bu fond du jardin, tressé en vignes grimpantes de Judée sous d eerisîers voila tout. Et c'est là pourtant ce qui s iuI pendant tant d années à DOfl jouissances, nos joie», -i iea, dos doux I6isii set no i ni !... Il n*

are, un œillet, une moa domaine

qui aa soit incruste i m

l'.iis.iii partiel Ce coin de terre nous semble immense^

tant il contient pour nous de choses et de nn'iie

dans on si stroîl espace. Nous voudrii I nui ver

i ei linft pour . • les murs di

brunes de ce petit endos »

Pauvre maison de Mdlv ! El IUl .'i l'atl

rneiii que loi gardait Lamartine, aux aourenirs qu potti loi, on comprei I i sou

libre :

| IVr/-v, ,l|. , |.,n. I

I neU ■• ■"■• • ' Ifl i d'simer

ux

ifH as,

I ' IXODJ dans l'util wnnille ngmml»- qui l'Iial.iïc. L'une après l'autre,

«iuij biles, I il'

lottîr lu fila unique dans le nid si plein d'amour, l rires cris de joie, loraqu'

entraîner dans leurs jeux le grand I jreur et volontiers taciturne, semblent aux parenl

i-ounnissiinls la plus délicieuse des musiques. Jamais ils m- sont -.i hiMircu.x que lorsqu'ils contemplent '

chéries se groupant autour d'eux. D'un regard ravi, ils suivent les p.-lilos ml

saut el repassant, légères entre les arbres du jardin. Ils oublient, devant ces visages rayonnants de et de bonheur de vivre, les difficultés de l'exisl les inquiétudes du lendemain.

Ils snnt si pauvres I Tout leur revenu — 3ooo fi à peine, - lient dans des récoltes incertaines jusqu'au dernier moment. U ri nrag-o, une fffelée tardive ; nent pour eux les proportions ■l'une catastropha.

i ertain jour de septembre, on se prépare à faire de superbes vendanges. L'année sera bonne, on pourra ■i quelques distractions, passer J'hivei tV Maçon, donner une institutrice aux fillettes.... Soudain une. tempête épouvantable éclate, la grêle casse les ceps, les branches, écrase les grappes m étroit

i-n nur I.. urfl r espérance de plusieurs mois! Comment vivra-t-on maintenant? Comment fera-t-on vivi il lus? M. et M""-' de Lamartine restent un in uii. par ce coup terrible. Mais bientôt

pilainc se ressaisit, entoure d M sa fei'

l'ploi

— Qu'imp' la sommes en seml

Ils s'cnlrc-regardcnt, se sourient.... Et, panante!

leur foi commune la force de surmonter leur i

ils se mettent .1 prier, au bruit di

et des sanglots des pays. U sespéranl dans la

cour.

Leur accord sur la »< seule chose nécessaire, » roi

pe ni -cire, leaecrel de l'harmonie qui exista Ion

entre la fine et délicate créature, toute eu impressions

Si on sentiments, et l'homme un peu fruste, un peu primitif, que l'on trouvait généralement dur et austère....

Tous deux avaient voulu que leur forer, édifié sous île? si dramatiques auspices, soit une maison de paix, I a \ir b*j passait

SOIN l'ail MOT, loin A» hruit dft la foui*-,

Kt comme «n floi sacré ■]<••! doaoemcttl tft i

Soir it matin, un culte intime. — lecture des livres suints, iliiinl d'un cantique, invocation, — i

maîtres el domestiques. Cela suffisail à imprin*

l'existence quotidienne un cachet de irraudeur et de

simplicité patriarcales qui devait porter ses fruits bania dans l'avenir.

I.,i jeune femme, élevée avec des princes du si au milieu de la cour la plus raffinée il puis

dans un eoi I aristocratique et mondain, avait eu un peu de peine ;< l'habituer à sa claustration I

4 . -.•*• ■':■•:, 'ur*r i*. -Ire. sans autre voisinas? qu'un ha- '.'.:•■■ -j ■!■■ q «air-.- i-ent*. pavsans.

•j-i- •.*•■ ■.iiï'-îeu-v* entre les salons rendus de bro ■ «:■{. t.-.;.;*».-» ,J..- soierie*, les chapelles débordantes j-.. ,■• <l"t«ui-cij*. >>i] elle avait passé ses vingt

f.r- :ni- ;»-* anné— *. et cet» irrande* salles blanchies à la . 'i.- ;\. ■..«!.-'■«•«. • !•• briques, strictement meublées de \. •■•• :. •■.'. !••" f«-nétres <t croisillons ouvraient toutes - .\ .- ;: ••::•• horizon de viçrues. de collines et de près. y ..- i-.- ■.•!!. ;»•>. de prés ci dp vignes!

M»:* la - f*mm-« forte >» qu'elle était n'aurait su «'--■■•■i j. ! -uuvr siU découragement. S'ennuver, quand ».;i iiiiiij rentrait le s<.ir. fatiirué, parfois soucieux, • j j'-i:-: *-•'.)!•• ]>■ déridait avec son lumineux sourire? S"'.:i:]wv/.t. quand «.die pouvait se parer, comme la twv<: d.-s (»ra«;que«., de ces incomparables jovaux : -<■■; <;!,fant-5 ! finaud, iliaque jour, elle devait répéter -i\' loi"! pjtii eux la nT'-rnu' leçon de lecture, sa Bible OU verte -ur- se* L'CiiOUX !

Lorsque vient 1-.' tour île Suzanne à épeler les ver- *.el» divin.*, elle tremble, la maîtresse improvisée, en vivant se petieh'T ce profil ancrélique, presque irréel, sou propre portrait plus éthéré encore. Ses autres filles sont bien jolies, mais celle-là!... « sainte Suzanne. » comme on l'appelle déjà dans la famille! C'est la candeur, l'innocence en statue. « Elle est trop belle pour notre terre ! » murmure Alix dans son cœur.

Il faut, pour l'arracher à son triste pressentiment, l'entrée de son fils qui s'assied à ses pieds, se blottit dans les plis de sa robe, et qui soudain, oubliant la

'Il -

commette e lu tête, fixe les yeux sur sa

ère et reste à la

oul'tle. dans une inui-H' ition....

Comme ils s'aimaient! El comme il nous la Tait imer, par les pages débordantes de tendresse qu'il n! i eonsacrées I...

Ecoutons-le BOCOtO : « Ma pensée, dît-il, toujours

ii communication avec celle de ma mère I ilop-

.iii pour ainsi dire diins la (tienne. ■'■•■ Lisais i'i Iravei a

es '.«•u.v, je sentais a travers ses impressions, j'ai-

aia i ira vers son amour. Elle me traduisait tout :

alare, sentiments, sensatioas, pensa 'die, je

lû i-u-r, su êpelcr de l i que j'avais sous

■ u\ ; mai. 1 ? elle me mettait le doigt sur toute

oboso. Son Ame élail si lumineuse, si colorée et si

chaude, qu'elle ne laissait de ténèbres el dé froid Sttf

rien. En me faisant peu à peu tout comprendre, elle

me Taisait eu même temps tout aimer..». »

- Fendant ses dix premières années, qui fuient les plus belles de son existence, — car il semble que Dieu mette toujours le meilleur de la vie tout au et, — l'eofanl vécut ainsi prés de sa cu'ur plein de l'ului iii.m qu'il ressentaîl pour elle, voyant [e moadi snt« i dans le prisme de

a i ponoement Ob! qu'elles furenl bénies,

le-- précieuses petites Djraiaea que. Bans se lasse natl dans ce terrain si bien prépi 7oii tes impressions les plus pures et les meilleures !

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